À 34 ans, l’ex-enfant star d’Un Indien dans la ville exerce un métier que 3 718 Français seulement pratiquent
Il y a plus de trente ans, un jeune garçon aux longs cheveux bruns crevait l’écran face à Thierry Lhermitte dans Un Indien dans la ville. Le film avait cartonné, et son jeune interprète était devenu, du jour au lendemain, l’un des visages les plus connus du cinéma français. Mais derrière ce succès précoce se cache une reconversion aussi discrète qu’inattendue, dans une profession que très peu de Français exercent aujourd’hui.

Un succès fulgurant à 13 ans, puis le grand silence médiatique
Ludwig Briand avait 13 ans lorsqu’il incarnait Mimi-Siku, cet enfant élevé en pleine jungle amazonienne qui débarque brutalement dans le Paris des années 1990. Face à lui, un casting solide composé de Thierry Lhermitte, Patrick Timsit et Arielle Dombasle porte le film vers un immense succès populaire.
Le genre de rôle qui aurait pu ouvrir toutes les portes du cinéma. Beaucoup de jeunes acteurs, propulsés aussi jeunes sur le devant de la scène, enchaînent ensuite les tournages ou basculent, des années plus tard, vers la télé-réalité pour rester visibles.
Lui a fait exactement l’inverse. Il a choisi le lycée plutôt que les plateaux, passé son bac, puis multiplié les petits boulots : animateur en centre de loisirs, agent immobilier, vendeur en zone duty free dans un aéroport. Une trajectoire loin des paillettes, presque à contre-courant de ce que le public pouvait attendre d’un ancien enfant star, à l’image de parcours atypiques comme celui de certains candidats de télé-crochet retombés dans l’anonymat.
Le métier discret qu’il exerce aujourd’hui, révélé par Thierry Lhermitte lui-même
À 34 ans, dans une interview accordée au Plus du Nouvel Obs, Ludwig Briand se livrait sans détour : il était alors au chômage et s’apprêtait à devenir greffier. Il confiait aussi une réalité moins glamour que le souvenir laissé par le film : « 20 ans plus tard, je touche toujours de l’argent avec Un Indien dans la ville. Des droits à l’image, mais pas assez pour pouvoir vivre sans travailler. »
C’est finalement Thierry Lhermitte, resté proche de lui, qui a levé le voile sur sa vie actuelle. Invité de Télématin en juin dernier, l’acteur évoquait celui qui jouait son fils à l’écran : « On se donne des nouvelles de temps en temps. » Puis il précisait, sobrement : « Il est huissier. »
Une révélation presque anecdotique en apparence, mais qui dévoile en réalité un virage professionnel radical. Loin des tournages, Ludwig Briand a rejoint une profession réglementée, méconnue du grand public, et surtout beaucoup plus rare qu’on ne l’imagine. Une trajectoire qui rappelle que certains destins, comme celui narré dans ce parcours de reconversion inattendue, échappent totalement aux clichés.

Un métier que moins de 4 000 personnes exercent en France
Ce détail administratif change tout : les huissiers, rebaptisés commissaires de justice depuis la fusion des professions, ne sont que 3 718 en exercice en France au 1er janvier 2026. Ils travaillent au sein d’environ 2 200 offices, soit en moyenne un commissaire de justice pour 20 000 habitants. Une rareté statistique qui replace la carrière de Ludwig Briand sous un jour totalement différent.
Leur mission : faire exécuter les décisions de justice, signifier des actes comme les assignations ou convocations, et établir des constats à valeur juridique. Un quotidien rigoureux, encadré, très éloigné des plateaux de cinéma et de l’agitation médiatique qui entoure encore aujourd’hui d’anciens visages du grand écran, à l’image de figures comme celles restées associées à des rôles cultes des décennies après leur tournage.
Et le plus frappant, c’est que Ludwig Briand aurait pu revenir sur le devant de la scène à tout moment. Il a révélé à plusieurs reprises avoir été sollicité pour intégrer des émissions de télé-réalité. Des propositions qu’il a systématiquement déclinées, préférant construire sa nouvelle vie loin des caméras, dans l’anonymat d’un métier de l’ombre.
De Mimi-Siku à commissaire de justice, le grand écart est total, mais il raconte surtout un choix assumé : celui de la discrétion plutôt que de la lumière. Que serait devenue sa carrière s’il avait accepté ces émissions de télé-réalité ?