« Le camembert m’a tué » : Magloire raconte ses 200 kilos et les 70 kilos perdus depuis

Magloire n’a jamais eu la langue dans sa poche. Cette fois, c’est de son propre corps qu’il parle, sans filtre ni pudeur excessive. Face à Jordan de Luxe, l’ancien acolyte de Michaël Youn revient sur des années de grignotages, un pic à 200 kilos, et un combat qui continue aujourd’hui encore.
Une matinale qui a tout déclenché
Tout part de l’an 2000, quand Magloire rejoint la bande à Michaël Youn sur M6. Le rythme d’une matinale, ça n’a rien d’anodin : réveils en pleine nuit, repas décalés, corps déboussolé.
« Après le morning, je me levais à 3 heures du matin, 3 heures 30, on grignotait », se souvient-il. Une habitude prise à cette époque et qui ne l’a plus jamais quitté, même des années après avoir quitté l’antenne.
Un aliment est devenu son ennemi intime : le sandwich au camembert. « Le camembert m’a fait beaucoup de mal, je dirais même que le camembert m’a tué quelque part », lâche-t-il, entre humour noir et lucidité brute.
Le jour où le chiffre a fait peur
Aux grignotages nocturnes s’ajoutaient des déjeuners et des dîners copieux. Résultat : « j’ai doublé le volume en quelques années », résume l’animateur, sans détour.
En 2005, il retrouve son ancien complice de matinale au cinéma, dans le film Iznogoud. Mais c’est en 2016, année marquée par le décès de sa mère Raphaëlle, que Magloire atteint son pic : près de 200 kilos sur la balance.
Interrogé sur ce chiffre vertigineux, il ne cache rien de la panique ressentie à l’époque. « Quand vous vous approchez des 200 kilos, vous vous dites : ‘Je suis mort’ », résume-t-il, sans détour ni fausse pudeur.

Ce que 70 kilos en moins n’ont pas réglé
Depuis ce pic, Magloire a perdu environ 70 kilos. Un effort colossal, mais qu’il refuse de présenter comme une victoire définitive ou un aboutissement miraculeux.
Interrogé sur sa capacité à stabiliser son poids, il répond sans détour : « Non, je n’ai pas réussi. Et je veux dire, ça arrive à tout le monde, et la preuve, moi ça m’arrive. » Une franchise rare dans ce type d’entretien.
Loin de dramatiser sa situation, l’ancien visage de M6 refuse de la présenter comme une exception. Il rappelle que ces variations de poids touchent, selon lui, un très grand nombre de personnes confrontées au même combat quotidien.
La charge contre le corps médical
Magloire ne s’arrête pas à son propre témoignage. Il profite de l’entretien pour viser directement une partie du corps médical, qu’il juge sévère et parfois cruel envers les personnes obèses.
« Le milieu médical est très malveillant par rapport aux obèses, je dénonce, je dénonce vraiment le lynchage du milieu médical et des médecins, de beaucoup de médecins, que ce soit en province ou à Paris », affirme-t-il sans détour.
Selon lui, le problème vient avant tout d’un manque criant de formation. Un constat que partagent d’autres personnalités confrontées à l’obésité, comme Eric Antoine, qui a lui aussi évoqué ses difficultés face au regard médical.

L’angle mort des études de médecine
Magloire regrette que l’obésité reste largement ignorée pendant les études de médecine en France. « On n’étudie pas l’obésité encore quand on devient médecin, c’est-à-dire qu’on a vaguement trois heures de cours en quatrième année, je crois », déplore-t-il.
Un manque de connaissances qui, selon lui, alimente un véritable déficit de compassion envers les patients concernés. Ce constat rejoint celui d’autres personnalités publiques, à l’image de Laurent Ournac, dont la transformation physique a aussi suscité de nombreuses réactions.
À travers ce témoignage sans fard, celui que les téléspectateurs ont découvert aux côtés de Michaël Youn livre un regard personnel sur des réalités qu’il continue d’affronter au quotidien. Un sujet qui, loin des plateaux, reste tabou pour des millions de Français.