Mathilde Favier a caché son cancer pendant des années, puis a fait ce don juste avant de mourir
Elle incarnait l’élégance et l’énergie de Dior depuis quatorze ans. Mathilde Favier gérait les relations publiques de la maison de luxe, un poste qui l’exposait en permanence : célébrités, défilés, réseaux sociaux suivis par 250 000 personnes.
Mais derrière cette vie qui semblait parfaite, elle portait un secret. Un secret qu’elle n’avait révélé que très tard, et pour une raison précise qui en dit long sur sa personnalité.

Une figure incontournable de la mode parisienne
Le parcours de Mathilde Favier chez Dior avait débuté en 2011, après un passage remarqué chez Prada. Quatorze ans plus tard, elle s’était imposée comme l’une des voix les plus reconnaissables de l’univers de la maison de couture.
Son rôle ? Tisser des liens avec les célébrités et faire rayonner la marque lors des grands rendez-vous internationaux de la mode. Une mission qu’elle menait avec une énergie que tout le monde lui reconnaissait, y compris ses employeurs les plus prestigieux.
En 2024, elle avait publié un livre, Mathilde à Paris, coécrit avec la journaliste Frédérique Dedet. Elle y racontait le milieu créatif dans lequel elle avait grandi et son mariage avec le producteur de cinéma Nicolas Altmayer, avec qui elle partageait sa vie depuis plusieurs années.
Ce livre, à l’apparence légère, cachait pourtant une confession bien plus grave. Une confession qu’elle n’avait jamais eu l’intention de crier sur tous les toits.
Le drame qui a stoppé net une vie brillante
Le 17 août dernier, tout a basculé. Mathilde Favier et Nicolas Altmayer ont perdu la vie dans un accident de la route à Airvault, dans les Deux-Sèvres.
Leur voiture est entrée en collision avec un poids lourd sur la D938. Une enquête pour homicide involontaire a été ouverte pour établir les circonstances exactes du drame, dont le parquet a détaillé la thèse quelques jours plus tard.
La nouvelle a provoqué une onde de choc dans le monde de la mode et du cinéma. Delphine Arnault, Bernard Arnault et le directeur artistique Jonathan Anderson ont tous salué le professionnalisme et la chaleur humaine de Mathilde Favier.
Nicolas Altmayer, lui, était une figure marquante du cinéma français. Avec son frère Éric, il avait produit des succès populaires comme Brice de Nice et la saga OSS 117, des films qui ont marqué toute une génération de spectateurs.

Le secret qu’elle avait choisi de taire
Ce que peu de gens savaient, c’est que Mathilde Favier se battait contre un cancer depuis plusieurs années. Une épreuve qu’elle avait délibérément gardée loin des projecteurs, contrairement à d’autres personnalités qui ont choisi de témoigner publiquement de leur maladie.
En 2024, lors d’un podcast pour Radio France, la journaliste lui avait posé la question sans détour : « Vous avez un cancer. Vous l’avez pas dit ? ». La réponse avait fusé, sans détour : « Absolument, je ne l’ai pas dit ».
Une franchise rare, presque désarmante. Interrogée sur les raisons de ce silence, elle avait livré une réflexion d’une lucidité étonnante sur le regard des autres.
« Est-ce que j’aurais forcément été plainte ? »
Sa réponse mérite d’être lue en entier tant elle éclaire sa personnalité. « Parce que est-ce que j’aurai forcément été plainte ? Pas forcément non plus. Et donc non. Je l’ai pas dit », avait-elle expliqué.
Elle refusait la posture de victime, le regard apitoyé, les questions gênées. Un choix assumé, presque un acte de résistance face à une maladie qu’elle ne voulait pas laisser définir son image publique.

Mais ce silence n’était pas un renoncement. Une fois guérie, ou du moins une fois qu’elle s’est sentie prête, elle en a parlé. Et surtout, elle a posé un geste fort.
Un geste discret devenu son dernier hommage
Mathilde Favier a choisi de reverser les droits de son livre Mathilde à Paris à l’Institut Rafael. Cette structure a été fondée par le professeur Alain Toledano, le médecin qui l’avait soignée pendant sa maladie.
« J’ai donné et je suis fière d’offrir les droits de mon livre à l’Institut Rafael qui a été créé par le professeur Alain Toledano. Il qui m’a soigné et donc je suis fière de le faire pour lui », avait-elle confié, avec une gratitude sincère.
Un geste de reconnaissance envers celui qui l’avait accompagnée dans l’un des combats les plus intimes de sa vie. Aujourd’hui, ce don prend une résonance particulière, presque prémonitoire, au regard du destin tragique qui l’attendait quelques mois plus tard.
Mathilde Favier laisse derrière elle l’image d’une femme discrète sur sa souffrance, mais généreuse jusqu’au bout. Une dernière leçon de dignité, offerte sans le savoir à tous ceux qui la découvrent aujourd’hui.