« Je faisais semblant » : le stratagème déchirant de Mimie Mathy pour cacher qu’elle ne marchait plus
Pendant des mois, Mimie Mathy a menti à ceux qu’elle aime. Pas par méchanceté, mais par peur. Peur du regard des autres, peur d’admettre que son corps ne suivait plus.

Ce dimanche 31 août, la comédienne de 69 ans a mis fin au silence. C’est en fauteuil roulant qu’elle est réapparue à l’écran, dans le portrait que lui a consacré Sept à Huit sur TF1. Une image forte, après de longs mois de disparition médiatique.
Un diagnostic qui bouleverse tout
Face à Audrey Crespo-Mara, très émue, Mimie Mathy a enfin posé des mots sur son mal. « C’est lié à ma configuration un peu originale, j’ai ce qui s’appelle le syndrome de la queue de cheval », a-t-elle expliqué.
Ce syndrome méconnu touche les nerfs situés en bas de la moelle épinière. Résultat : une perte progressive de mobilité, difficile à stopper.
« J’ai été opérée quatre fois pour élargir le canal rachidien et dégager un peu tous les nerfs qui permettent la mobilité », a-t-elle détaillé. Mais les opérations ont fini par ne plus suffire.
« Petit à petit, il n’y a plus d’opération possible, donc je me suis équipée », a-t-elle résumé avec une pudeur désarmante. Une phrase simple pour dire l’irréversible.
Le mensonge qu’elle s’imposait chaque jour
Ce que Mimie Mathy a raconté ensuite au Parisien est encore plus bouleversant. Avant d’accepter le fauteuil, elle refusait catégoriquement de se montrer diminuée devant ses proches.
« Je faisais semblant, je me mettais trois pansements aux petits doigts de pied pour expliquer que je ne pouvais pas marcher », a-t-elle confié. Un stratagème minutieux, répété, pour éviter d’avouer la vérité.
Ce petit mensonge du quotidien en dit long sur la violence du déni. Pendant longtemps, la comédienne a préféré inventer une excuse plutôt que d’affronter son propre corps.
Elle qui incarne depuis 30 ans l’ange gardien de Joséphine à l’écran a dû, en coulisses, apprendre à composer avec un tout autre combat.
Le déclic qui a tout changé

Il y a des phrases qu’on n’oublie pas. Mimie Mathy en a une, terrible de sincérité, pour expliquer pourquoi elle a fini par lâcher le mensonge.
« Je n’ai pas le choix. Soit j’avale un tube de Lexomil et je m’endors pour toujours, soit j’assume », a-t-elle assuré au Parisien. Une bascule radicale, entre le renoncement et l’acceptation.
Elle a choisi d’assumer. Et pas à moitié : la comédienne va désormais monter sur scène en fauteuil roulant pour son nouveau spectacle.
Elle prépare aussi une série où elle incarnera une avocate handicapée. Une manière de transformer son épreuve personnelle en matière de fiction, sans se cacher.
Le soutien discret de son mari
Derrière cette bascule, il y a un homme : Benoist Gérard, son mari, dont elle est devenue dépendante au quotidien. Un rôle que le couple assume, mais qui n’a pas été simple à trouver.
Sur Sept à Huit, il avait lui-même évoqué des « phases compliquées » dans leur couple. « Ce n’est pas si simple. Mais vous savez, il faut savoir s’adapter », avait-il expliqué, déterminé à rester à ses côtés.
Pour tenir face à ce bouleversement, Mimie Mathy a aussi accepté une aide qu’elle refusait auparavant. « Moi qui étais réfractaire aux psys, j’avoue avoir quelqu’un à qui je parle. Mon mari, plus réservé, aussi », a-t-elle confié.
« C’est important de ne pas garder tout pour soi », a-t-elle ajouté. Une leçon qui vaut sans doute bien au-delà de son propre cas.

Aujourd’hui, Mimie Mathy avance la tête haute, fauteuil ou pas. Et si elle continue d’émouvoir autant, c’est peut-être parce qu’elle a enfin cessé de faire semblant.