« Je vois de la racaille » : la phrase de Marion Maréchal qui fait sortir Nabilla et Squeezie de leur silence
Un plateau télé, une phrase, et les réseaux s’enflamment. Depuis que Marion Maréchal a livré son analyse des lycéens mobilisés sur LCI, les réactions s’enchaînent, de Squeezie à Nabilla. Mais c’est la vidéo que Nabilla a choisi de relayer qui en dit le plus long. Ses arguments, de Mai 68 aux angoisses d’avenir, méritent qu’on s’y arrête.

Une phrase sur LCI, et le blocus change de dimension
Tout part d’un mouvement qui grossit. Depuis le 21 septembre, selon Public, les blocus de lycées ne cessent de prendre de l’ampleur en France. Chaque semaine, de nouveaux établissements sont touchés, et la classe politique s’en mêle.
Dans ce paysage, le décompte des lycées fermés un lundi donne la mesure de l’ampleur prise par la mobilisation. Quand un mouvement devient aussi visible, chacun veut dire ce qu’il en pense. Les prises de position ne tardent donc pas.
Invitée sur le plateau de LCI, Marion Maréchal a livré une lecture très critique. Selon les propos rapportés, elle a déclaré : « Je ne vois pas des lycéens en détresse. Je vois de la racaille, des émeutiers dopés aux discours de LFI. Je vois accessoirement des drapeaux marocains, algériens, palestiniens ».
La formule est dure, et elle a fait le tour des réseaux en quelques heures. Elle a surtout déclenché une cascade de réponses, dont certaines venues de personnalités suivies par des millions de jeunes. Et l’une d’elles a choisi un angle inattendu.
Squeezie d’abord, Nabilla ensuite : la riposte venue des réseaux
Parmi les premiers à réagir, Squeezie s’est lui aussi positionné en soutien aux jeunes mobilisés, d’après Public. Son nom pèse lourd auprès des moins de 25 ans, ce qui donne à ce type de réaction un écho bien supérieur à celui d’un communiqué classique.
L’affaire n’a pas non plus calmé les esprits sur le terrain. Les images de la façade d’un lycée de Nantes en proie aux flammes montrent combien le climat est tendu autour de ces blocus. C’est précisément cette tension que chaque camp interprète à sa façon.
Dans ce contexte, Nabilla a pris la parole à son tour. Sur ses réseaux sociaux, elle n’a pas écrit un long texte de sa main. Elle a préféré faire circuler le travail d’une autre créatrice de contenu.
Elle a partagé la dernière vidéo du compte @ilaygab, dans laquelle cette créatrice prend la défense des jeunes mobilisés. Selon Public, le message vise les critiques du mouvement, les amalgames sur les origines et le tableau dressé des inquiétudes de la jeunesse.
Autrement dit, Nabilla n’a pas inventé un discours : elle a choisi celui qui lui ressemblait. Reste à savoir ce que dit exactement cette vidéo, et pourquoi elle a visé juste.
Mai 68, drapeaux, avenir : ce que dit la vidéo qu’elle a relayée

Avant d’entrer dans le détail, un rappel : Squeezie avait déjà pris position contre le RN, ce qui éclaire le contexte dans lequel ces influenceurs s’expriment aujourd’hui. Les créateurs de contenu pèsent désormais dans le débat politique, qu’on le veuille ou non.
@ilaygab s’attaque d’abord à la référence aux drapeaux. « C’est effrayant de voir le peuple se lever. C’est tellement effrayant qu’on va glisser ‘drapeaux marocains, algériens, palestiniens’ en introduction pour diriger le problème ailleurs que sur le problème principal », dénonce-t-elle.
Elle poursuit avec un parallèle historique : « Comme si tout ça, c’était nouveau, comme si c’était la faute de la Gen Z. Mai 68, est-ce qu’on parlait de la Gen Z ? Non. Est-ce qu’on parlait de la racaille ? Non plus. Est-ce qu’on parlait de drapeaux ? Toujours pas. »
Elle rappelle que cette période a elle aussi connu des tensions : « Pourtant, il y avait là aussi de la casse, des violences policières, etc. C’était le peuple qui se réveillait. »
Puis vient le cœur du message, celui qui parle d’avenir. « Évidemment qu’ils ont peur, nos jeunes, évidemment qu’ils s’inquiètent pour leur avenir », affirme-t-elle. Selon elle, certains rêvent d’un métier mais sont redirigés vers une filière qui les exaspère.
D’autres, déjà dans le monde professionnel, enchaîneraient les jobs, « quand ils ne se font pas recaler pour leurs origines ». Et certains verraient même leurs parents « bosser comme des chiens » tout en galérant à manger. Une vision que Nabilla, d’après Public, semble partager.
Ce que cette prise de parole dit d’un mouvement qui ne retombe pas
Ce qui frappe, c’est le déplacement du débat. D’un côté, une élue qui lit le mouvement comme un désordre politisé. De l’autre, des créatrices qui le lisent comme un cri d’inquiétude sociale, avec la question de l’avenir professionnel au centre.
Ce clivage dépasse les lycées. Il touche aussi la manière dont les personnalités les plus suivies s’engagent, comme l’illustre l’information selon laquelle les équipes de Jean-Luc Mélenchon auraient approché Squeezie et Léna Situations en vue de 2027. Les réseaux sont devenus un terrain politique à part entière.
Il faut pourtant garder la nuance. Les blocus s’accompagnent aussi d’incidents, et l’agression d’un professeur devant un lycée à Lille rappelle que la situation n’a rien d’uniforme selon les établissements. Chaque camp met en avant les images qui l’arrangent.
À ce stade, la source ne précise pas si Marion Maréchal a répondu à Squeezie ou à Nabilla. Elle ne dit pas non plus jusqu’où ira le mouvement. Ce qui est sûr, c’est que la phrase prononcée sur LCI a produit l’effet inverse d’un point final.
Le blocus des lycées est désormais un débat de société, avec ses figures publiques, ses citations qui circulent et ses vidéos relayées en story. Les semaines qui viennent diront si ces voix influentes pèsent sur la suite, ou si elles ne font qu’amplifier un bruit déjà immense.
Une phrase en plateau, une vidéo relayée, et c’est tout un pays qui se redispute sur ce que veut dire « être jeune » en ce moment.
Et si les influenceurs ont pris la parole, ce n’est peut-être pas un hasard : le nouveau projet caritatif d’Amine, Squeezie et Inoxtag montre que leur engagement n’est pas toujours accueilli à l’unanimité.
Pour changer d’ambiance, ce que la thérapeute de couple de Tibo InShape lui a fait réaliser sur ses priorités a de quoi surprendre.