« J’espère vous retrouver lorsque la justice aura prouvé mon innocence » : Patrick Bruel quitte les Enfoirés après 34 ans
Depuis plus de trente ans, il était l’un des visages incontournables du spectacle caritatif le plus regardé de France. Mais en quelques jours, tout a basculé pour Patrick Bruel. Visé par quatre plaintes pour viols et une enquête en Belgique, le chanteur de 67 ans vient d’annoncer lui-même son retrait de la troupe des Enfoirés dans un message adressé à ses collègues. Derrière cette décision, c’est toute une industrie qui prend ses distances.

34 ans d’Enfoirés effacés en un message
C’est RTL qui a révélé l’information, confirmée dans la foulée par Anne Marcassus, directrice artistique des Enfoirés. Patrick Bruel a envoyé un texte sobre à la troupe : « Compte tenu des circonstances, j’ai décidé de ne mettre aucune ni aucun d’entre vous dans un quelconque embarras. » Il précise qu’il ne sera pas présent en janvier prochain, « comme c’était le cas depuis 34 ans ».
L’initiative vient du chanteur lui-même. Il avait rejoint les Enfoirés en 1993, à l’invitation de Jean-Jacques Goldman, et n’avait jamais manqué une seule édition depuis. Près de 200 chansons interprétées sur scène, des duos devenus emblématiques, un rôle de « taulier » assumé après le retrait progressif de Goldman. À plusieurs reprises, Bruel avait décrit cette troupe comme une seconde famille. Aujourd’hui, c’est lui qui claque la porte — pour ne pas éclabousser les autres.
RFM, Nagui, Sony : la mise à l’écart en cascade
Le retrait des Enfoirés n’est que la partie visible. En coulisses, l’isolement de Patrick Bruel s’accélère à une vitesse rare dans le paysage médiatique français. La radio RFM, qui diffusait ses titres depuis des décennies, a annoncé le retrait immédiat de toutes ses chansons de sa programmation. Un geste inédit pour une station grand public.
De son côté, Nagui a confirmé que les titres de Bruel ne seraient plus utilisés dans N’oubliez pas les paroles !, précisant que les émissions déjà diffusées avaient été enregistrées avant les plaintes. Du côté de Sony Music, toutes les opérations de promotion liées à l’artiste auraient été suspendues. Plus de communication, plus de mise en avant. Les maires de Paris et Marseille ont publiquement demandé l’annulation de ses concerts dans leurs villes. Trois dates au Québec ont déjà sauté. Mercredi soir, une représentation de la pièce Deuxième partie au théâtre a même été perturbée par des militantes de Nous Toutes.
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Présomption d’innocence contre principe de précaution : le dilemme français
Les accusations visant des personnalités du spectacle posent chaque fois la même question : faut-il attendre un jugement pour agir ? Jusqu’ici, les diffuseurs français hésitaient souvent à trancher. Cette fois, le mouvement semble coordonné. Radios, télévisions, label, collectivités — tout le monde applique un principe de précaution simultané.
Patrick Bruel est actuellement visé par quatre plaintes pour viols en France et une enquête pour agression sexuelle en Belgique. Il conteste l’ensemble des faits. Aucune condamnation n’a été prononcée. Sur les réseaux sociaux, les avis sont tranchés : certains saluent la réaction des médias, d’autres rappellent que rien n’est jugé. Sa tournée, censée démarrer le 16 juin au Cirque d’Hiver à Paris, reste pour l’instant maintenue — mais chaque jour qui passe rend son maintien plus incertain.
En quelques jours, Patrick Bruel est passé de pilier du divertissement français à figure dont la simple diffusion à l’antenne fait débat. Quoi qu’il arrive devant la justice, le monde du spectacle a déjà rendu son verdict provisoire. La vraie question désormais : d’autres radios et plateformes de streaming suivront-elles le mouvement de RFM ?