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« Ces féministes sont odieuses » : cette pétition de 8 800 signatures pour défendre Patrick Bruel divise la France

Publié par Cassandre le 07 Juin 2026 à 7:52
« Ces féministes sont odieuses » : cette pétition de 8 800 signatures pour défendre Patrick Bruel divise la France
Patrick Bruel accusé d'agression sexuelle : une masseuse porte plainte à Nanterre en 2026

Patrick Bruel visé par treize plaintes pour viols et violences sexuelles. 23 concerts annulés d’un coup. Et au milieu de la tempête, une retraitée niçoise de 70 ans qui lance une pétition pour que la musique continue. Le texte a déjà récolté près de 8 800 signatures — et déclenché une vague d’indignation. Voici ce qui se joue vraiment derrière cette mobilisation inattendue.

Patrick Bruel lâché par les salles : 23 dates rayées de la carte

La pression n’a cessé de monter ces dernières semaines. Face à l’accumulation de plaintes — près de trente femmes accusent le chanteur de viols et de violences sexuelles —, les organisateurs ont choisi de couper court. Résultat : toute la tournée d’été de Patrick Bruel a été annulée. Vingt-trois dates, effacées du calendrier.

Ce n’est pas seulement la scène musicale qui vacille. Ses représentations théâtrales sont elles aussi dans le viseur. Certaines ont déjà été perturbées par des manifestations féministes, notamment devant le théâtre Édouard-VII à Paris, où il continue malgré tout de jouer.

Pour ses détracteurs, la situation est limpide : on ne peut pas applaudir un artiste pendant que la justice instruit des accusations aussi graves. Pour ses fans, c’est une toute autre lecture. L’absence de condamnation devrait, selon eux, lui garantir le droit de monter sur scène. Un débat qui rappelle d’autres affaires où le temps judiciaire et le temps médiatique ne marchent pas au même rythme.

Et c’est précisément dans ce fossé que s’est engouffrée une retraitée niçoise, décidée à faire entendre un autre son de cloche. Sa méthode ? Une pétition en ligne, portée par la conviction que la présomption d’innocence vaut aussi pour les artistes.

Marie-Neige, 70 ans, fan depuis 40 ans : « Ce ne sont pas des victimes, mais des plaignantes »

Elle s’appelle Marie-Neige. Ancienne professeure de théâtre à Nice. Fan de Patrick Bruel depuis quatre décennies. Et elle ne mâche pas ses mots. « Annuler ses concerts avant qu’une décision de justice ne soit rendue serait non seulement injuste, mais aussi préjudiciable à ses nombreux fans », écrit-elle dans le texte de sa pétition.

Son argument central tient en une phrase : tant qu’aucun tribunal n’a tranché, le chanteur reste innocent. Elle refuse le terme de « victimes » pour désigner les plaignantes. Et quand on l’interroge sur le choc que peut provoquer sa démarche, elle contre-attaque sans hésiter.

« J’ai reçu des insultes mais ma pétition n’est pas choquante. En revanche, les manifestations contre les spectacles, elles, le sont. Ces féministes sont odieuses. » Des propos rapportés par Actu Nice qui ont immédiatement fait réagir sur les réseaux sociaux. Entre prises de position publiques et réactions épidermiques, la pétition est devenue un cas d’école du clivage français.

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Un mois après sa mise en ligne, le compteur affiche donc près de 8 800 signatures. C’est à la fois beaucoup — preuve que la base de fans reste mobilisée — et dérisoire face à l’ampleur des accusations. L’entourage du chanteur, lui, garde un silence prudent sur cette initiative.

Salle de concert vide avec un micro abandonné sur scène, symbole des 23 dates annulées de la tournée de Patrick Bruel

Présomption d’innocence contre vague #MeToo : le dilemme qui paralyse le monde du spectacle

Ce que révèle cette pétition dépasse largement le cas Bruel. Comme d’autres affaires récentes, elle cristallise un conflit de fond : jusqu’où la présomption d’innocence protège-t-elle un artiste dans l’espace public, quand la justice n’a pas encore statué ?

D’un côté, treize plaintes officielles et des témoignages concordants. Une ancienne éclairagiste du Bataclan qui décrit des gestes déplacés en coulisses. Des proches qui confient que « tout le monde savait ». De l’autre, un homme qui n’a été ni jugé ni condamné, et des milliers de fans qui refusent de le voir condamné par avance.

Le monde du spectacle, lui, marche sur des œufs. Les salles annulent par précaution — ou par crainte de manifestations. Les artistes qui s’expriment en sa faveur, comme Anny Duperey, se retrouvent eux-mêmes sous le feu des critiques. Et ceux qui le dénoncent s’exposent à la fureur des fans. Le débat médiatique tourne en boucle sans qu’aucune issue ne se dessine.

Patrick Bruel, lui, continue de jouer à l’Édouard-VII. Mais pour combien de temps encore ? La justice suit son cours. Et chaque nouvelle prise de parole — pétition ou manifestation — rappelle que dans cette affaire, personne n’a le monopole de l’indignation.

Une retraitée, 8 800 signatures, et un pays qui n’arrive pas à s’entendre sur une question vieille comme le monde : peut-on séparer l’artiste de l’homme ? La réponse viendra peut-être des tribunaux. En attendant, c’est dans la rue — et en ligne — que le verdict populaire se joue. Et vous, vous signeriez ?

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