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Mort de Philippe Bouvard : l’épitaphe pleine d’humour noir qu’il avait déjà écrite

Publié par Hannah le 25 Août 2026 à 7:26

Philippe Bouvard n’a jamais eu peur des mots. Même ceux qui parlent de la mort. Le père des Grosses Têtes s’est éteint ce lundi 24 août à l’âge de 96 ans, à son domicile de Cannes.

Philippe Bouvard est mort à 96 ans : « Vous resterez l'un de mes maîtres » avait dit Ruquier

Et comme toujours chez lui, il avait pris les devants. Bien avant sa disparition, l’homme avait déjà rédigé la phrase qui ornerait sa tombe.

Un coursier devenu voix de toute une génération

Avant les ondes, il y a eu le papier. Philippe Bouvard démarre sa carrière comme coursier au Figaro, un poste qui n’annonce rien de son destin médiatique.

Il grimpe les échelons à la force de ses chroniques et de son ton mordant, unique dans le paysage de l’époque. France-Soir et Paris Match l’accueillent ensuite à des postes à responsabilité.

En 1965, il pose sa voix sur Radio Luxembourg, la future RTL. La télévision suivra, mais c’est la radio qui va tout changer.

1977, l’année où tout bascule

Cette année-là, Philippe Bouvard lance Les Grosses Têtes. Une émission qui mélange culture, improvisation et vannes, et qui va marquer 37 ans d’antenne sans interruption.

Autour de lui, il rassemble une galerie de personnalités qui deviendra culte. Le programme s’impose vite comme un rendez-vous incontournable pour plusieurs générations d’auditeurs.

Studio de radio avec table ronde et micros, ambiance années 1980

En 1982, il lance en parallèle son Petit Théâtre de Bouvard sur Antenne 2. Chevallier et Laspalès, Muriel Robin, Smaïn, Mimie Mathy : tous y feront leurs premières armes.

Une chose frappe pourtant chez cet homme aux dizaines de livres et aux milliers de chroniques signées : il ne s’est jamais vraiment arrêté de travailler.

Quand quitter l’antenne ne veut pas dire se retirer

Son départ des Grosses Têtes en 2014 aurait pu marquer la fin d’un chapitre. Ce ne fut jamais le cas.

Il continue d’écrire, continue de faire de la radio, malgré une santé de plus en plus fragile. Il adapte simplement son rythme, jamais son ambition.

Sa formule résume tout : « Je ne sais rien faire d’autre que de travailler. Ni jardiner, ni bricoler, ni même nager ». Une philosophie de vie qu’il aura tenue jusqu’au bout.

Mais derrière cet homme obsédé par le travail se cachait une autre obsession, plus intime, presque secrète depuis sa jeunesse.

La phrase qu’il gardait en réserve depuis des années

Philippe Bouvard n’aimait pas les enterrements. Il le disait volontiers, avec cette ironie qui a fait sa marque pendant plus de sept décennies de carrière médiatique.

Il plaisantait même sur l’idée de ne surtout pas assister au sien. Une pirouette typique de cet « amuseur public », comme il se définissait lui-même.

Main âgée écrivant à la plume sur un cahier

Cette obsession de la mort, loin de l’assombrir, semblait au contraire nourrir son appétit de vivre. Et de travailler, encore et toujours, jusqu’aux dernières années.

C’est dans cet esprit qu’il avait rédigé, bien avant sa disparition, l’épitaphe qui accompagnerait sa mémoire pour toujours.

« Vivant, j’étais assez petit »

La formule est signée Philippe Bouvard, et elle résume tout son art du contre-pied : « Vivant, j’étais assez petit. Sous la pierre, je fais figure de monument. Il y a donc un progrès. »

Une dernière blague, un ultime clin d’œil à cette manie qu’il avait de transformer chaque sujet grave en formule qui claque. Jusqu’à la mort elle-même.

Philippe Bouvard laisse derrière lui une œuvre immense : des dizaines de livres, des milliers de chroniques, et des générations d’auditeurs qui n’oublieront pas sa voix.

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