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Cet humoriste des Ulis qui visait Bolloré et Arnault sur Nova : de la fac Paris-Descartes à la polémique

Publié par Elsa Fanjul le 18 Oct 2026 à 11:20

Un humoriste plutôt discret, deux des plus grandes fortunes de France et une radio qui prend ses distances en urgence. Depuis une chronique diffusée le 14 octobre 2026 sur Radio Nova, le nom de Pierre Metzger circule partout. Mais derrière la polémique, qui est vraiment ce comédien ? Son parcours, avant la scène, réserve quelques surprises.

Des Ulis à la fac Paris-Descartes : le drôle de CV d’un humoriste

Avant de faire rire, Pierre Metzger avait un tout autre quotidien. Originaire des Ulis, dans l’Essonne, il a suivi un parcours éloigné des projecteurs.

Titulaire d’un BTS, il réussit des concours de la fonction publique. Il devient ensuite responsable pédagogique à l’université Paris-Descartes, puis travaille également chez Schola Nova, selon sa biographie publiée par le Paname Art Café.

Aux Ulis, il raconte avoir joué au football avec Thierry Henry et Patrice Évra. Il y aurait aussi côtoyé les futurs rappeurs Sinik et Diam’s. Un décor de jeunesse qui forge un caractère, sans promettre la scène.

Alors comment passe-t-on d’un bureau d’université à un plateau de radio ? Le déclic tient à une soirée, et à une amie qui voyait plus loin que lui. On en reparle juste après, avec une autre trajectoire médiatique qui fait aussi parler.

Une scène ouverte à son insu, et la bascule vers le stand-up

Tout commence par une invitation. Une amie l’emmène voir un spectacle du Laugh Steady Crew, collectif fondé par Thierno Thioune, un ancien camarade de lycée.

Dans une interview au Spot du rire, Pierre Metzger raconte que ce dernier l’a encouragé à tenter sa chance. Puis, détail savoureux : une amie l’inscrit, à son insu, à une scène ouverte.

L’expérience lui plaît. Il finit par intégrer le collectif et affine peu à peu son humour. Il anime notamment avec l’humoriste Avril le podcast Ouais Ouais Ouais.

Vient ensuite l’équipe de La Riposte, émission humoristique de Radio Nova présentée par Akim Omiri. C’est là que son nom devient public. Reste à savoir ce qu’il a dit exactement ce mercredi-là. Un autre épisode récent, l’adresse de Bernard Arnault dévoilée à l’antenne, éclaire le contexte.

Aujourd’hui, il présente son spectacle Gauchiasse au Théâtre BO Saint-Martin, dans le 3e arrondissement de Paris, jusqu’au 13 décembre 2026. La présentation promet un humour situé « pile entre la faucille et le marteau ». Le titre donne le ton.

Et le mercredi 14 octobre, le ton a justement dérapé aux yeux de beaucoup.

Micro et tabouret sur une scène de théâtre parisien

Le nœud coulant, les adresses bipées et la saisine de l’Arcom

Voici donc ce qui a mis le feu aux poudres. Mercredi 14 octobre, dans une chronique sur le contexte social et les manifestations annoncées le samedi suivant, Pierre Metzger évoque les domiciles supposés de plusieurs grands patrons. Les adresses sont masquées par des bips.

Il invite notamment les manifestants à « attraper » Vincent Bolloré pour lui mettre « un petit nœud de cravate coulissant autour du cou ». Il les encourage aussi à « tirer dans la tête », en évoquant une partie de balle au prisonnier avec les dirigeants du Medef.

La réaction ne tarde pas. Le député Éric Ciotti, président de l’UDR, allié au Rassemblement national, annonce avoir saisi l’Arcom. Il dénonce des propos « d’une violence particulièrement préoccupante ».

Il réclame la suppression de l’émission, une mise en demeure de Radio Nova et l’examen d’une suspension de la station. Le sketch, présenté comme de l’humour satirique, est donc devenu une affaire politique.

La radio, elle, ne pouvait plus se taire. Et sa réponse est tombée un samedi.

Ce que Radio Nova a fait, et pourquoi l’affaire n’est pas close

Samedi 17 octobre, la station détenue par Matthieu Pigasse a pris ses distances. « Les propos tenus dans la vidéo récemment diffusée sur les réseaux sociaux ne reflètent ni les valeurs ni la ligne éditoriale de Radio Nova », a-t-elle indiqué à l’AFP.

Elle a retiré la séquence de l’ensemble de ses réseaux sociaux. Elle ajoute : « La liberté d’expression est un principe fondamental. Le refus de la violence l’est tout autant. »

Lundi, Radio Nova doit réunir les producteurs de La Riposte pour éviter qu’une telle situation se reproduise. L’issue de la saisine de l’Arcom reste, elle, à suivre.

L’émission n’en est pas à son coup d’essai. Début 2026, un sketch sur Brigitte Macron, reprenant des stéréotypes antisémites, avait déjà fait polémique. Akim Omiri s’était défendu de tout antisémitisme. On peut lire aussi comment Ciotti a saisi l’Arcom sur l’affaire de l’adresse de Bernard Arnault.

Du côté des cibles, le sujet des moyens de l’audiovisuel public alimente aussi les débats, comme le gaspillage dénoncé par Bolloré. Pierre Metzger, lui, continue de jouer son spectacle à Paris.

Un humoriste inconnu du grand public, une chronique, et tout bascule. Le rire a ses limites, et c’est la justice des ondes qui devra dire où elles se trouvent. Si ces polémiques vous passionnent, vous voudrez savoir ce qui a mis Hanouna en colère dans Quotidien. Et pour un tout autre registre, ce que Michel Drucker dit de Bernadette Chirac mérite le détour.

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