« C’est désolant de voir ça » : des hockeyeuses de Grenoble visent la pub dénudée de Sydney Sweeney
Une minute de vidéo, des ballons, des raquettes et des protections de hockey pour cacher l’essentiel. Sydney Sweeney vient de lancer une campagne que personne n’avait vue venir, et les réseaux s’enflamment.

Mais le débat ne se joue pas là où on l’attendait : ce sont des sportives françaises, avec des mots très directs, qui donnent le ton. Leurs phrases les plus dures arrivent plus bas.
Une minute, des ballons, zéro vêtement : la pub que personne n’attendait
Sydney Sweeney n’en est pas à son premier coup d’éclat. Ces dernières années, l’actrice s’est imposée comme l’une des plus visibles de sa génération, portée par des rôles dans The Handmaid’s Tale, Sharp Objects ou Everything Sucks!.
Elle a montré qu’elle pouvait passer d’un registre à l’autre avec aisance. Et elle a conquis le public. Pourtant, ce n’est pas pour ses performances à l’écran qu’on parle d’elle cette fois.
Elle est devenue le visage de Novig, une application américaine de prédictions et de paris sportifs. Elle en serait aussi actionnaire, d’après les informations relayées autour de la campagne. Une égérie qui a donc un intérêt direct dans la réussite de la marque.
Pour mesurer le poids de l’actrice dans l’industrie, il suffit d’ailleurs de regarder l’état de sa fortune, qui en dit long sur sa capacité à imposer ses choix.
Reste la question qui fâche : que montre exactement cette vidéo ? Et surtout, pourquoi a-t-elle déclenché une telle levée de boucliers chez les athlètes ?
Ballons, battes et protections de hockey : ce que montre vraiment le clip
La vidéo dure environ une minute. Selon la description qui en est faite, Sydney Sweeney y apparaîtrait totalement nue. Pour dissimuler son corps, elle se servirait de ballons, de raquettes, de battes, de protections de hockey et d’autres accessoires sportifs.
Le message de la campagne tient en trois mots : « Juste le sport ». Une formule volontairement légère, qui joue sur le décalage entre l’image et le slogan. Le clip a aussi été partagé sur le compte Instagram de l’actrice, ce qui lui a donné une audience immédiate.
Ce genre de mise en scène n’est pas une première pour elle. Elle a déjà fait sensation avec une robe transparente sur un tapis rouge, preuve qu’elle sait comment attirer tous les regards.
Mais cette fois, le terrain de jeu est celui du sport. Et c’est là que les choses se compliquent, puisque la vidéo a très vite provoqué de vives critiques sur la toile.
Le reproche principal est double. Sydney Sweeney est accusée de sexualiser le sport féminin et de dévaloriser le corps de la femme. Autrement dit, d’utiliser l’imagerie des sportives comme simple décor.
Ces accusations ont fait réagir en première ligne celles qui pratiquent réellement ces disciplines. Parmi elles, une équipe de hockey française a pris la parole, et ses mots ne laissent aucune place au doute.

Les mots durs des joueuses de hockey de Grenoble
Dans le sillage de ses autres apparitions très remarquées, comme cette scène où elle porte sa propre marque, l’actrice est habituée à diviser. Mais cette fois, la réponse vient du terrain.
Les joueuses de l’équipe féminine de hockey sur glace de Grenoble ont publié une vidéo sur les réseaux sociaux pour dire ce qu’elles pensent. Thaïs Piffard, assistante coach, explique, selon France 3 : « On est des femmes et on a un corps qui est femme, mais c’est notre corps à nous. On n’est pas obligées de le montrer à la terre entière pour être capables d’exister dans le monde du sport. »
Pour elle, le problème n’est pas le corps en lui-même, mais l’idée qu’il faudrait l’exposer pour compter dans le sport. Une vision que partageraient aussi des joueuses de l’équipe de France de beach volley.
Eloise Jure, coach de l’équipe féminine de hockey de Grenoble, enfonce le clou : « Ça fait des années qu’on se bat pour avoir des droits et qu’on puisse pratiquer au même niveau et au même rythme que les hommes, et de voir ça, c’est désolant de voir ça en fait. On perd en crédibilité. »
Elle ajoute : « On se bat, on n’arrête pas… Et pourtant, dès qu’une femme aussi influente fait quelque chose, ça nous fait tomber à des kilomètres de là où on a pu monter et c’est fatigant. » Le mot est lâché : fatigant. Il résume l’état d’esprit de nombreuses sportives.
Pourquoi la polémique ne retombera pas tout de suite
Ce que disent ces sportives dépasse la simple critique d’une publicité. Elles décrivent un combat de longue date pour être prises au sérieux, et la crainte qu’un clip viral l’abîme en quelques secondes.
Le contraste est frappant : d’un côté une campagne présentée sous le slogan « Juste le sport », de l’autre des athlètes qui rappellent que, pour elles, le sport n’est jamais « juste » une affaire d’image. Cet écart nourrit le débat.
Autre élément qui complique l’équation : la double casquette de Sydney Sweeney. Elle est à la fois le visage de Novig et, selon les informations disponibles, l’une de ses actionnaires. Difficile, dans ces conditions, de la présenter comme une simple ambassadrice.
L’actrice n’est d’ailleurs pas la seule figure du moment à faire de l’exposition de son corps un levier économique. Un exemple parmi d’autres : Shannon Elizabeth, qui aurait empoché plus d’un million de dollars en une semaine sur une plateforme d’abonnement.
Quant à la manière dont l’actrice gère les polémiques de ses projets, la scène d’Euphoria qui a sidéré les fans montre qu’elle n’en est pas à son coup d’essai. À surveiller : une éventuelle réponse de l’actrice, que la source ne mentionne pas à ce stade.
La campagne Novig est devenue un débat de société : peut-on séparer le droit de chacune à disposer de son corps et l’impact d’une image sur toute une profession ?
Sydney Sweeney voulait parler de sport, ce sont les sportives qui ont répondu. Et leur réponse tient en une phrase : exister ne passe pas par l’exposition.
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