« Elle m’a retiré une partie de moi » : ce jeune rappeur accuse une influenceuse de viol
Un message publié sur Instagram, et une onde de choc immédiate. Le jeune rappeur Toam, originaire de Rennes, a décidé de raconter publiquement ce qu’il dit avoir vécu il y a un an et demi. Il affirme avoir été violé par une femme qu’il décrit comme « exposée sur les réseaux sociaux », et révèle qu’une procédure judiciaire est aujourd’hui en cours contre elle.

Une relation de trois mois qui vire au cauchemar
Tout commence, selon les mots de Toam, par une relation amoureuse de trois mois avec une femme dont il refuse volontairement de dévoiler l’identité. « Pour préserver son anonymat, je ne donnerai aucun nom, ni élément permettant de l’identifier », précise-t-il dès les premières lignes de son message.
C’est durant cette période qu’il dit avoir subi des violences sexuelles, physiques et psychologiques. Un traumatisme qui, selon ses propres termes, a bouleversé son rapport à l’intime, à son corps, mais aussi à l’espace public tout entier.
Depuis un an et demi, le jeune homme évite systématiquement les lieux où cette femme pourrait se trouver, manifestations et événements militants compris.
Un évitement permanent qui n’a rien d’anodin, un peu à l’image de ces situations où l’on invente des excuses à ses proches, comme le racontent parfois des victimes de violences difficiles à nommer.
Sur les réseaux, il alerte aussi, à sa manière, comme d’autres créateurs face à des accusations publiques qui bouleversent une vie.
« Une machine juridique immensément plus grande que moi »
Face à cette situation, Toam explique avoir été accompagné par une association spécialisée, qui l’a mis en relation avec une psychologue et des juristes. Une main courante a d’abord été déposée au printemps 2025.
À l’été 2025, une enquête de police a été ouverte contre la femme visée. Un officier de police judiciaire l’a contacté pour récupérer l’ensemble de ses preuves, un processus qu’il décrit comme éprouvant, un peu à l’image des enquêtes judiciaires complexes qui mobilisent des mois de démarches.
« J’ai eu le sentiment de me faire aspirer par une machine juridique immensément plus grande que moi », confie-t-il. À l’automne 2025, une audition de quatre heures a suivi, au terme de laquelle il dit avoir officiellement porté plainte pour viol sur majeur. Depuis, il attend l’issue de la procédure, un attente qu’il compare, sur ses réseaux, à l’épreuve d’une situation sans issue apparente.

« Je refuse que ces violences définissent ma vie »
Malgré cette attente, Toam choisit aujourd’hui de rompre le silence, non pas pour accélérer une procédure sur laquelle il n’a aucune prise, mais pour, dit-il, « arrêter d’attendre et continuer d’agir ». Une démarche qui rejoint celle de gestes de solidarité collective souvent salués publiquement.
Le jeune artiste, actif musicalement depuis 2023 et auteur de plus de vingt morceaux, avait déjà surpris son public en annonçant reverser cette année l’intégralité de ses revenus de streaming à des associations, un choix qui rappelle d’autres gestes de générosité inattendus, à l’image de la famille de Bruce Willis, qui a choisi de donner à la science plutôt que de garder pour soi.
Il conclut son message sur une note de résilience assumée : « Le silence et l’isolement m’ont toujours enfermé dans la honte et je ne veux plus avoir honte. » Une phrase qui résume, à elle seule, le sens de sa prise de parole.
La procédure judiciaire suit son cours, et rien n’a encore été tranché. Mais en choisissant de témoigner, Toam refuse que son histoire se résume à un silence de plus. Reste une question, celle que son message laisse en suspens : combien d’autres attendent encore, sans oser la poser à voix haute ?