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Le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko ment en interview: Il affirmea voir voté pour François Mitterand en 1981 et 1988 alors qu’il n’avait que 7 et 14 ans…

Publié par Elodie le 08 Juil 2026 à 20:32
« J'ai voté Mitterrand en 1981 » : le maire de Saint-Denis piégé par un détail que tout le monde peut vérifier

Une interview sur LCI, un journaliste chevronné, et une phrase qui aurait dû passer inaperçue. Sauf que sur les réseaux sociaux, personne n’oublie de faire une simple soustraction. Ce qui devait être un moment banal de plateau télé est devenu, en quelques heures, l’un des couacs politiques les plus commentés de la semaine. Voici comment un détail biographique a suffi à faire vaciller la crédibilité d’un élu.

Une phrase anodine face à Darius Rochebin

Tout part d’un échange en apparence classique. Face à Darius Rochebin sur le plateau de LCI, le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, évoque son parcours et ses convictions politiques. Pour appuyer son propos, il affirme avoir voté pour François Mitterrand, aussi bien lors de la présidentielle de 1981 que lors de sa réélection en 1988.

Une déclaration censée renforcer son ancrage à gauche, dans la droite lignée d’une histoire personnelle et militante. Sauf que ce genre de petite phrase politique ne passe jamais totalement inaperçue à l’ère des réseaux sociaux, où chaque mot est disséqué en direct.

Car ce que le maire semble avoir oublié, c’est une donnée qui ne relève d’aucune opinion : sa propre date de naissance. Et c’est justement là que le bât blesse, dans un contexte où la confiance envers les élus reste déjà fragilisée, un peu comme lors des tensions autour de la présidentielle 2027.

Le calcul qui ne pardonne pas : 7 ans, puis 14 ans

Bally Bagayoko est né en juillet 1973. Un chiffre simple, vérifiable, et qui rend son affirmation mathématiquement impossible. En 1981, année de la première élection de François Mitterrand, l’actuel maire de Saint-Denis n’avait que 7 ans. Pas de carte électorale à cet âge, évidemment, et encore moins la possibilité de glisser un bulletin dans l’urne.

Sept ans plus tard, en 1988, lors de la réélection du président socialiste, il n’avait que 14 ans. Là encore, loin des 18 ans requis pour voter en France. L’écart entre le récit et la réalité biographique est donc total, et il ne laisse aucune place à l’interprétation ou à la nuance.

C’est un internaute, connu sous le pseudonyme Simon Weinberg, qui a le premier pointé l’incohérence dans une courte vidéo de sept secondes, sans même nommer directement l’élu. Le rapprochement s’est fait tout seul, tant la coïncidence des dates saute aux yeux. Une mécanique virale qui rappelle d’autres emballements récents sur les réseaux sociaux, où un simple détail suffit à déclencher une vague de réactions.

Bulletin de vote et calendrier vintage évoquant les élections présidentielles françaises des années 1980

Un précédent qui rappelle une autre gaffe politique

Sur les réseaux, les comparaisons pleuvent, et pas des plus flatteuses. Plusieurs internautes rappellent qu’Hervé Morin, ancien ministre de la Défense, avait lui aussi affirmé à la radio avoir vécu le débarquement de Normandie. Un souci de taille : l’homme politique est né en 1961, soit dix-sept ans après les faits qu’il prétendait avoir vécus.

Ce type d’anecdote impossible, qu’on appelle parfois un « faux souvenir » politique, alimente une défiance plus large envers la parole publique. Certains y voient une stratégie assumée pour créer du lien avec un électorat, d’autres une simple maladresse de communication mal préparée, comme cela peut arriver lors d’échanges tendus entre personnalités politiques.

Reste que pour l’opposition et une partie du public, l’affaire dépasse la simple anecdote amusante. Elle interroge sur la fiabilité générale du discours politique, sur la rigueur des vérifications journalistiques en direct, et sur la manière dont un élu local peut, en une phrase, fragiliser durablement son image auprès des habitants de Saint-Denis.

Un chiffre suffit parfois à faire tomber un récit entier, même le plus soigneusement construit pour convaincre. L’affaire Bagayoko rappelle une règle simple : en politique comme ailleurs, les faits finissent toujours par rattraper les belles histoires. La prochaine fois qu’un élu évoquera son passé, gageons que quelqu’un, quelque part, sortira une calculatrice.

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