Présidentielle 2027 : Jordan Bardella veut diviser par deux ce que la France verse à l’Union européenne
La France verse chaque année entre 12 et 15 milliards d’euros nets au budget de l’Union européenne. Un chiffre que le président du Rassemblement national juge tout simplement excessif. En déplacement en Pologne, Jordan Bardella vient de poser sur la table une proposition choc qui pourrait bouleverser les rapports entre Paris et Bruxelles.

12 à 15 milliards d’euros : pourquoi Bardella juge la facture européenne « excessive »
C’est dans un entretien accordé à Politico, publié le lundi 15 juin, que le patron du RN a lâché sa bombe budgétaire. « Au lieu de voter une contribution au budget de l’Union européenne à 12 ou 15 milliards, eh bien, elle sera réduite de moitié », a-t-il déclaré.
Concrètement, Jordan Bardella promet d’aller négocier directement avec la Commission européenne pour obtenir cette coupe. Sa cible prioritaire : les dépenses de fonctionnement de l’institution bruxelloise, qu’il estime démesurées.
Le timing n’est pas anodin. Le budget pluriannuel de l’UE pour 2028-2034 est en pleine discussion, et Bruxelles espère boucler un accord d’ici fin 2026. Soit quelques mois à peine avant la présidentielle française. Un calendrier que Bardella dénonce comme un calcul délibéré.
« L’idée est évidemment de verrouiller le budget avant potentiellement un changement de majorité en France », a-t-il accusé. Avant d’ajouter que l’Union européenne poursuit selon lui une philosophie antidémocratique. Le mot est lâché : « scandale démocratique ».
Otan, défense, Trump : le grand repositionnement du RN sur la scène mondiale
Mais la contribution budgétaire n’est qu’un volet du programme. Jordan Bardella a profité de cette séquence polonaise pour redessiner les contours de sa vision géopolitique. Et elle va bien au-delà de la question des euros.
Sur la défense, le patron du RN qualifie l’UE de « totalement obsolète ». Un constat qu’il lie directement à la posture américaine. Le positionnement de Donald Trump, il le juge « erratique », « extrêmement mouvant et extrêmement changeant ». Un allié sur lequel il serait risqué de compter aveuglément.
Plus frappant encore : Bardella dénonce un « renouement » du président américain avec la doctrine Monroe, cette vision du XIXe siècle qui faisait des Amériques le pré carré des États-Unis. Selon lui, Trump cherche à faire de son pays « un empire ». Face à ce constat, les alliances militaires doivent évoluer.
Et l’Otan, justement ? Le RN ne veut plus en sortir, contrairement à ses positions passées. Mais il veut quitter le commandement intégré pour « retrouver des marges de manœuvre ». Une nuance de taille. Bardella pose toutefois une condition : aucune sortie « tant qu’il y aura la guerre aux portes de l’Europe ».

Marine Le Pen empêchée : le scénario qui change tout pour 2027
Derrière ces déclarations offensives, il y a un éléphant dans la pièce. Si le RN est largement favori pour atteindre le second tour de la présidentielle dans les sondages, la question du candidat reste ouverte.
Marine Le Pen pourrait être empêchée par la justice de se présenter. Dans ce cas, Jordan Bardella deviendrait le candidat naturel. Ses prises de position internationales de ces dernières semaines ressemblent fortement à une campagne présidentielle qui ne dit pas encore son nom.
Le RN a abandonné depuis plusieurs années son ancien projet de Frexit. Mais la ligne n’a pas fondamentalement changé sur le fond. Bardella la résume en une formule : « Tout changer sans rien détruire. » Une UE qui reste debout, mais dont Paris renégocie chaque pilier. L’enjeu financier n’est qu’un levier parmi d’autres.
Ce qui est certain, c’est que diviser par deux la contribution française au budget européen ne se fera pas d’un claquement de doigts. Bruxelles a ses propres règles, ses propres calendriers, ses propres rapports de force. Et les 26 autres États membres auront leur mot à dire.
Entre promesse de campagne et réalité diplomatique, le fossé pourrait être immense. Mais une chose est sûre : la présidentielle 2027 s’annonce comme un référendum sur la place de la France en Europe. Et toi, tu penses qu’on paie trop… ou pas assez ?