« Maréchal, nous voilà » : filmé en train de chanter l’hymne à Pétain, ce conseiller RN démissionne

Une vidéo, quelques secondes, et une carrière politique locale qui s’effondre. À Saint-Avold, en Moselle, un jeune élu du Rassemblement national s’est filmé en train de fredonner un chant à la gloire du maréchal Pétain. Il pensait sans doute que ça resterait entre proches.
Sauf que les réseaux sociaux n’oublient rien. La vidéo a circulé, l’indignation a suivi, et Ethan Wagner a fini par jeter l’éponge. Reste à savoir ce qui l’attend maintenant que son parti et son mandat sont derrière lui.
Une chanson de voiture qui tourne au scandale politique
Tout part d’images filmées dans un véhicule. On y voit Ethan Wagner, conseiller municipal RN de Saint-Avold, assis aux côtés d’une adjointe à la mairie. Les deux élus entonnent « Maréchal, nous voilà », le chant de propagande composé sous le régime de Vichy en hommage au maréchal Pétain.
La séquence a été mise en ligne par Christian Porta, militant du mouvement Révolution Permanente, qui a tenu à rappeler l’urgence, selon lui, de combattre l’extrême droite et ceux qui, dit-il, lui ouvrent la voie. Le message a été relayé via un tweet daté du 6 juillet 2026, accompagné d’un lien vidéo devenu viral en quelques heures.
Le régime collaborationniste de Vichy et son chef restent, en France, un sujet extrêmement sensible. Voir des élus locaux chanter cet hymne, même en apparence de manière anodine, a immédiatement suscité une vague de réactions hostiles, bien au-delà de la seule Moselle. Une polémique qui, dans un climat politique déjà tendu, ne pouvait que faire des vagues jusque dans les sphères nationales.
La démission express et « l’erreur de jeunesse »
Face à la pression, Ethan Wagner n’a pas traîné. Dans un communiqué publié ce lundi sur sa page Facebook, il a annoncé sa « démission immédiate » de son poste de conseiller municipal, ainsi que son départ du Rassemblement national.
Dans son texte, il assure « rejeter évidemment toute idéologie d’extrême droite » et qualifie son geste d’« erreur de jeunesse ». Une formule qui interroge, tant le chant en question est explicitement associé à un épisode noir de l’histoire française.
Il précise également que l’adjointe à la mairie présente à ses côtés dans la vidéo a, elle aussi, « fermement condamné » son propre comportement. Mais l’élu ne s’arrête pas là : il évoque un « règlement de comptes politique », suggérant que la diffusion de la vidéo répondrait davantage à une stratégie qu’à une simple indignation citoyenne.
Un argument qui ne convainc pas tout le monde, d’autant que cette affaire n’est pas isolée dans la commune. Elle s’inscrit dans un contexte local déjà fragilisé, où d’autres élus RN se retrouvent au cœur de controverses médiatiques répétées.

Le maire aussi dans la tourmente, à quelques jours d’écart
Car Saint-Avold traverse une séquence particulièrement compliquée. Quelques jours seulement avant cette affaire, le maire RN de la ville, Hervé Simon, avait lui-même été photographié à bord d’une Jeep arborant un drapeau confédéré, à l’occasion des célébrations du 4 juillet marquant l’indépendance des États-Unis.
Ce symbole, associé historiquement aux États esclavagistes du Sud américain, est aujourd’hui régulièrement récupéré par les mouvances suprémacistes blanches. Une photo qui, dans le contexte municipal actuel, n’a évidemment rien arrangé.
Interrogé par le média local Moselle TV, l’édile a dénoncé une « instrumentalisation politique » et affirmé « condamner toute forme de racisme et de discrimination ». Il a mis en cause « l’extrême gauche, à l’origine de ces polémiques inutiles », selon ses propres termes.
Hervé Simon assure aujourd’hui que s’il avait remarqué la présence du drapeau, il ne serait « jamais monté à bord » du véhicule. Deux affaires distinctes, deux élus différents, mais un même parti local en pleine tempête, à quelques semaines d’intervalle seulement.
Deux polémiques, une même semaine, et un parti local sommé de s’expliquer sur ses symboles. À Saint-Avold, la question n’est plus de savoir si ces images ont choqué, mais si elles laisseront une trace durable dans l’opinion locale.