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Blocage des lycées : Darmanin veut faire « payer les réparations » aux parents des casseurs

Publié par Elodie le 02 Oct 2026 à 11:03

Abribus abîmés, portes de lycées dégradées, un hall incendié à Nantes. Après deux jours de blocages, la facture des dégâts commence à se faire sentir. Et le ministre de la Justice a choisi de la présenter à des destinataires inattendus : les familles. Voici la mesure qu’il demande aux procureurs, la loi sur laquelle il dit s’appuyer, et le précédent de juin qui l’avait annoncée.

Gérald Darmanin

Un ministre, un micro et une phrase qui vise directement les foyers

Vendredi 2 octobre, invité sur RTL, Gérald Darmanin a lâché une annonce qui cible les parents. Le ministre de la Justice affirme avoir demandé aux procureurs de requérir « la responsabilité civile » des parents de mineurs impliqués dans les dégradations commises en marge des blocages.

Le principe est simple sur le papier : ce que les enfants cassent, les parents le rembourseraient. Pas forcément de cellule pour les ados, mais une note à régler.

Le garde des Sceaux a posé le ton avec une question frontale : « Que font des gamins de 14-16 ans à attaquer des abribus ou leur chef d’établissement ? » Selon La Dépêche, il en tire une conclusion nette : les parents doivent assumer leur rôle de parents.

Sur X, il a résumé sa ligne. La contestation sociale est légitime, dit-il, mais elle ne peut pas s’exprimer dans la violence. Il dit avoir demandé aux procureurs généraux une réponse pénale ferme et l’engagement de la responsabilité civile des parents de mineurs « chaque fois que cela est possible ».

Cette précision pèse lourd : elle laisse entendre que rien ne sera automatique. Mais pour un foyer dont le budget est déjà mis à l’épreuve en début d’année scolaire, entre les dépenses qui s’accumulent sans prévenir et le reste, une facture de réparations changerait tout. Reste à savoir ce qui a poussé le ministre à parler maintenant.

1 949 interpellations en une journée : le chiffre derrière l’annonce

L’annonce tombe au lendemain d’une journée particulièrement tendue, ce jeudi 1er octobre. D’après le ministère de l’Intérieur, 1 949 personnes ont été interpellées à travers la France.

En parallèle, 1 027 établissements ont été concernés par des actions. À Nantes, le hall d’un lycée a été touché par un incendie, que la direction de l’établissement qualifie de « volontaire ».

Le mouvement, lui, porte des revendications précises : davantage de moyens pour l’Éducation nationale, le remplacement des professeurs absents, de meilleures conditions d’apprentissage. Il se poursuit ce vendredi 2 octobre.

Le contraste saute aux yeux. D’un côté, des lycéens qui réclament des moyens ; de l’autre, des images de dégâts qui occupent le débat. Le ministre, lui, choisit de parler des dégâts, et de ceux qui devraient les régler, dans un pays où l’on voit déjà des parents devoir répondre devant l’administration des activités de leur enfant mineur.

Autre chiffre qu’il met en avant : une seule détention provisoire concernant une personne majeure aurait été prononcée à ce stade. Il juge la responsabilité civile des parents « bien plus utile » que « l’enfermement », sauf dans les cas les plus graves.

Et sur quoi s’appuie-t-il ? Gérald Darmanin assure qu’« une loi nous permet de le faire ». Reste à comprendre ce que ça signifie concrètement pour une famille, et pourquoi l’idée n’est pas neuve.

Abribus aux vitres brisées devant un lycée au crépuscule

Ce que la loi permet, et le précédent de juin qui annonçait la couleur

Quand il s’agit de mineurs, la question de la responsabilité revient souvent, comme dans cette affaire du Val-de-Marne où l’on s’est demandé ce que dit la loi. Ici, le sujet est civil, pas pénal, et la nuance est capitale.

De façon générale, les parents peuvent être tenus de réparer les dommages causés par leur enfant mineur. Le ministre n’a pas détaillé dans cet extrait le texte précis sur lequel il s’appuierait, et c’est aux procureurs de requérir.

Surtout, le gouvernement ne découvre pas l’idée. Au début de juin, en marge du sacre du PSG, où des violences avaient éclaté, la porte-parole Maud Bregon avait déjà estimé qu’il fallait faire payer les mis en cause « au cas par cas ».

Elle allait plus loin : « y compris quand ça amène l’État à prélever les sommes dues sur les allocations sociales ». C’est le détail qui change la nature du débat. Il ne s’agit plus seulement de présenter une facture, mais d’imaginer comment elle serait recouvrée.

Pas sûr que ce soit simple. Sous l’article de La Dépêche, plusieurs internautes doutent : selon l’un d’eux, la majorité des vrais casseurs seraient majeurs et non solvables, d’autres attendent « la réalité » avant de juger. Un avis de lecteurs, pas un constat, mais qui résume la méfiance.

Le point clé à retenir : la mesure vise les parents de mineurs, par la voie civile, et elle dépendra de ce que les procureurs choisiront de requérir.

Ce qu’il faut surveiller dans les jours qui viennent

La première inconnue, c’est l’application. Gérald Darmanin a demandé, mais c’est aux parquets de requérir, dossier par dossier. Aucun chiffre n’a été donné sur le nombre de familles concernées, ni sur le montant des dégâts à rembourser.

La deuxième, c’est la rue. Le mouvement se poursuit, et La Dépêche suit en direct des affrontements à Colomiers entre une trentaine d’individus encagoulés et les forces de l’ordre. Chaque nouvelle journée peut ajouter des dégradations, donc des factures potentielles.

La troisième, c’est la question de fond. Le ministre répète que la réponse doit être ferme, mais ce n’est pas la première fois qu’un parent se retrouve responsable des actes d’un adolescent, comme ce jeune qui a pris le SUV familial pendant que ses parents étaient en Bretagne.

Sur le plan financier, les familles pourraient avoir à absorber une dépense imprévue de plus, au moment où les frais annexes de la rentrée pèsent déjà sur beaucoup de budgets. Aucune estimation n’a été avancée à ce stade.

Enfin, il faudra regarder si le gouvernement précise la méthode, notamment sur un éventuel prélèvement sur les allocations évoqué en juin. Pour l’instant, rien dans les déclarations rapportées ne l’affirme pour les lycées.

Le message, lui, est clair : pour Gérald Darmanin, la casse ne se règle pas seulement avec des cellules, mais avec des chèques de parents. La suite dira si les procureurs suivent.

Ce qui est sûr, c’est qu’un lycéen peut très vite faire basculer une famille entière dans une tout autre histoire. Si vous voulez voir jusqu’où cela peut aller, ce garçon de 12 ans intercepté sur l’autoroute et la ruse qu’il a tentée raconte une tout autre manière de déjouer les adultes. Et pour un frisson d’une autre nature, le témoignage glaçant de cette actrice kidnappée en voyage vous laissera sans voix.

Alors, faire payer les parents, bonne idée ou fausse bonne idée ? Dites-le-nous en commentaire.

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