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Ses parents partis en Bretagne, un ado de 17 ans prend le SUV familial pour « s’entraîner » : les gendarmes l’attendent au tournant

Publié par Cassandre le 29 Avr 2026 à 18:30

Un dimanche d’avril tranquille en Eure-et-Loir, un contrôle de routine sur une petite route de campagne, et un détail qui met la puce à l’oreille des gendarmes : le conducteur du SUV Peugeot semble un peu trop jeune pour être au volant. Les parents, eux, profitaient du week-end en Bretagne, sans se douter que leur voiture familiale allait finir en fourrière.

Un contrôle banal, un conducteur qui l’est beaucoup moins

Ce dimanche 12 avril, la brigade motorisée de Janville-en-Beauce mène une série de vérifications classiques sur la commune de Béville-le-Comte, non loin de Janville-en-Beauce. Les gendarmes font signe à une Peugeot 2008 de se ranger sur le bas-côté. Rien d’inhabituel jusque-là : ces axes de campagne voient défiler chaque jour automobilistes, tracteurs et apprentis conducteurs en formation.

Contrôle de gendarmerie sur une route de campagne en Eure-et-Loir

Mais quand le conducteur baisse sa vitre, les militaires comprennent vite que quelque chose cloche. Derrière le volant, un habitant du village âgé de 17 ans, seul à bord, avec une attitude un peu tendue, comme le rapporte L’Écho Républicain. Le problème est immédiat : l’adolescent n’a jamais obtenu le permis de conduire. Il est en infraction dès l’instant où la voiture a quitté l’allée familiale.

L’affaire rappelle un autre fait divers récent, celui d’un chauffard de 17 ans sans permis impliqué dans un drame bien plus grave. Ici, heureusement, personne n’a été blessé. Mais la question reste la même : comment un mineur se retrouve-t-il sur la route sans aucun encadrement ?

Un « entraînement sauvage » pendant que les parents sont loin

Face aux gendarmes, l’adolescent a une explication toute simple. Ses parents sont partis en Bretagne pour le week-end. Seul à la maison, il a décidé de profiter de leur absence pour attraper les clés de la Peugeot familiale et s’offrir une session de conduite sur les routes du coin. Un entraînement improvisé, sans accompagnateur, sans assurance valide pour lui, au volant d’un SUV moderne bien trop puissant pour un apprenti.

Clés de voiture posées sur une table dans une maison familiale

Le scénario n’a rien d’exceptionnel : chaque année, des mineurs sont interceptés au volant de véhicules empruntés à leurs proches. Un cas similaire avait défrayé la chronique quand un jeune en conduite accompagnée avait été flashé à 147 km/h dans les Vosges — sa mère assise à côté. Ici, même cette supervision minimale faisait défaut.

Les gendarmes n’ont pas tergiversé. La Peugeot 2008 a été immédiatement placée en fourrière et une procédure pour conduite sans permis a été engagée contre le mineur. Un dimanche qui s’annonçait libre et sans contraintes vient de virer au cauchemar administratif et judiciaire. Mais les conséquences ne s’arrêtent pas au seul adolescent.

Ce que risquent vraiment les parents

Même à des centaines de kilomètres, en train de profiter de la côte bretonne, les parents se retrouvent dans la boucle. En tant que propriétaires du véhicule, ils restent civilement responsables des conséquences de ce trajet non autorisé. Ce principe juridique est clair : confier — même involontairement — un véhicule à un conducteur sans permis engage la responsabilité du titulaire de la carte grise.

En cas d’accident causé par un conducteur dépourvu de permis, les choses se corsent sérieusement. L’assurance auto peut limiter, voire refuser totalement la prise en charge des dommages. Pire encore, l’assureur peut se retourner contre la famille pour récupérer les sommes versées aux victimes éventuelles. On parle alors de montants qui peuvent atteindre des dizaines, voire des centaines de milliers d’euros. Le cas d’une Ferrari flashée à 206 km/h avec un enfant à bord avait illustré les sanctions lourdes qui pèsent sur les parents dans ce genre de situation.

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Pour l’adolescent lui-même, conduire sans avoir jamais obtenu le permis constitue un délit — pas une simple contravention. Même en l’absence d’accident, il encourt des poursuites judiciaires dont les sanctions seront adaptées à sa minorité, mais qui laissent tout de même une trace. Son futur passage du permis B pourrait s’en trouver compliqué.

Près de 2 000 permis suspendus en Eure-et-Loir : un département sous tension

Ce fait divers s’inscrit dans un contexte local déjà préoccupant. Le Plan départemental d’actions de sécurité routière d’Eure-et-Loir recense près de 2 000 suspensions de permis en 2023, soit une hausse d’environ 8 % par rapport à 2022. Un chiffre qui traduit à la fois une vigilance accrue des forces de l’ordre et un non-respect persistant des règles de conduite dans le département.

Peugeot 2008 mise en fourrière par les gendarmes dans un village

Les routes de campagne, souvent perçues comme tranquilles et peu surveillées, sont pourtant le théâtre de nombreuses infractions. Les contrôles routiers ciblés se multiplient sur ces axes secondaires où les excès de vitesse et les conduites sans titre sont fréquents. L’adolescent de Béville-le-Comte en a fait l’expérience à ses dépens.

Ce qui rend l’affaire encore plus absurde, c’est que depuis le 1er janvier 2024, il est légalement possible d’obtenir le permis de conduire dès 17 ans en France, dans un cadre encadré. L’adolescent avait exactement l’âge requis pour se présenter à l’examen. Quelques mois de patience, une formation en bonne et due forme, et il aurait pu prendre le volant en toute légalité.

73 % de réussite à 17 ans : la preuve qu’attendre vaut le coup

Les chiffres de la Sécurité routière enfoncent le clou. En 2024, les candidats de 17 ans qui se présentent à l’examen du permis affichent un taux de réussite d’environ 73 %, nettement supérieur à la moyenne des autres tranches d’âge. La raison est logique : ces jeunes conducteurs bénéficient généralement d’une formation anticipée via la conduite accompagnée, qui les prépare bien mieux qu’une session sauvage sur les routes du coin.

L’écart entre un apprentissage structuré et ce que l’ado de Béville-le-Comte s’est offert ce dimanche-là est abyssal. D’un côté, des heures de conduite avec un moniteur ou un accompagnateur expérimenté, des cours de code, une progression encadrée. De l’autre, un SUV familial pris en douce, pas d’assurance, pas de supervision, et un risque permanent — pour soi comme pour les autres usagers de la route.

Les cas de mineurs au volant sans permis ne sont pas rares en France. On se souvient de cet enfant de 12 ans au volant d’une Audi qui avait refusé d’obtempérer, ou encore de cet ado de 14 ans flashé à 94 km/h en Citroën Ami. À chaque fois, le même schéma : un véhicule accessible, des parents absents ou inattentifs, et une issue qui aurait pu être dramatique.

Pour l’adolescent d’Eure-et-Loir, la leçon est sévère mais aurait pu être infiniment pire. La Peugeot est en fourrière, la procédure est lancée, et les parents vont découvrir au retour de Bretagne que leur week-end leur coûte bien plus cher que prévu. Reste à espérer que ce sera suffisant pour convaincre le jeune homme d’attendre son tour à l’auto-école — comme tout le monde.

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