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Ferrari à 206 km/h sur l’A8 avec son fils de 9 ans : ce que risque désormais ce père

Publié par Elsa Fanjul le 19 Avr 2026 à 18:21

Week-end de Pâques, autoroute A8, une Ferrari Portofino rouge interceptée à 206 km/h. À bord : un conducteur italien et son fils de 9 ans. Derrière cette scène digne d’un film, une réalité juridique que beaucoup de Français ignorent encore : depuis le durcissement de la loi, ce type d’excès de vitesse ne relève plus d’une simple contravention. C’est désormais un délit pénal, avec des conséquences qui peuvent bouleverser une vie.

206 km/h sur une portion à 130 : le film de l’interception

Les faits se sont déroulés à hauteur de Ventabren, commune située à quelques kilomètres d’Aix-en-Provence, dans les Bouches-du-Rhône. En plein week-end de Pâques, alors que la zone A entamait ses vacances scolaires et que les routes étaient saturées de familles, les gendarmes avaient renforcé les contrôles sur cet axe particulièrement fréquenté.

Quand le cinémomètre a affiché 206 km/h, les militaires n’ont pas eu à hésiter longtemps sur la nature de l’infraction. Le dépassement atteint 76 km/h au-dessus de la limite autorisée, selon Le Progrès. L’équipe rapide d’intervention de Salon-de-Provence a pris le relais pour intercepter le véhicule quelques kilomètres plus loin.

Le conducteur, un ressortissant italien, roulait dans une Ferrari Portofino — un coupé-cabriolet de plus de 600 chevaux dont le prix dépasse les 200 000 euros. Mais ce n’est pas la puissance du bolide qui a marqué les gendarmes. C’est le passager assis à côté du conducteur : son propre fils, âgé de 9 ans. Un détail qui transforme un excès de vitesse spectaculaire en une affaire autrement plus grave.

Un bolide à 600 chevaux, un enfant, et la loi qui a changé

Il y a encore quelques années, un tel excès de vitesse aurait valu au conducteur un retrait de permis, une amende salée et une mise en fourrière du véhicule. Des sanctions sérieuses, certes, mais qui restaient dans le registre de la contravention. Ce n’est plus le cas. Le grand excès de vitesse — défini comme un dépassement de plus de 50 km/h — est désormais requalifié en délit, ce qui change radicalement l’échelle des peines.

Ferrari Portofino rouge arrêtée sur l'autoroute A8 par les gendarmes

Concrètement, le conducteur italien encourt une peine pouvant aller jusqu’à trois mois de prison, une amende de 3 750 euros, la suspension du permis pour trois ans voire son annulation, l’interdiction de conduire sur le territoire français, et la confiscation du véhicule. La présence d’un enfant mineur à bord pourrait constituer une circonstance aggravante lors de l’examen du dossier. Ce n’est plus un père imprudent qui reçoit un PV : c’est un justiciable face à un tribunal correctionnel.

Cette requalification en délit a été motivée par une explosion statistique préoccupante. Les très grands excès de vitesse ont bondi de près de 70 % en quelques années en France, passant de 40 000 cas annuels à plus de 60 000. Un phénomène qui a poussé les pouvoirs publics à durcir considérablement le ton.

Ferrari et radars : un mariage de plus en plus fréquent

L’affaire de l’A8 n’est pas un cas isolé. Les voitures de très haute puissance apparaissent régulièrement dans les rapports de contrôle routier. Il y a quelques mois, un autre conducteur avait été flashé à 247 km/h en Ferrari sur l’A7, dans le Var, ajoutant à l’excès de vitesse des soupçons de fraude sociale. Un conducteur en Tesla avait aussi été contrôlé à 222 km/h alors qu’il se rendait… au tribunal.

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À chaque interception pour grand excès de vitesse, les gendarmes consultent désormais systématiquement le Fichier des véhicules assurés. L’objectif : vérifier que la voiture est bien couverte et traquer la conduite sans assurance, un phénomène qui touche environ 800 000 véhicules en France. Cette vérification automatique s’ajoute à un arsenal répressif de plus en plus étoffé, qui inclut aussi le retrait automatique de points sur le permis.

Mais dans le cas précis de ce père italien, c’est la question de la mise en danger d’un mineur qui concentre l’attention. Rouler à 206 km/h multiplie par quatre la distance de freinage par rapport à 130 km/h. En cas de choc à cette vitesse, les chances de survie sont quasi nulles, même dans une voiture bardée d’airbags. Avec un enfant de 9 ans à bord, le comportement du conducteur prend une dimension que le droit pénal ne peut plus traiter comme un simple dépassement de vitesse.

Quand la route des vacances vire au tribunal correctionnel

Le week-end de Pâques est traditionnellement l’un des plus meurtriers sur les routes françaises. Cette année, Bison Futé avait classé plusieurs axes en rouge, et l’A8 figurait parmi les autoroutes sous haute surveillance. C’est précisément dans ce contexte de vigilance maximale que le conducteur italien a choisi de pousser sa Portofino à plus de 200 km/h.

Radar de vitesse sur autoroute française avec voiture rapide en arrière-plan

Pour les forces de l’ordre, l’interception d’un véhicule lancé à cette vitesse est elle-même une opération à risque. L’équipe rapide d’intervention — des motards spécialement formés et équipés — doit rattraper le véhicule sans provoquer d’accident supplémentaire, dans un trafic dense de départs en vacances. Chaque seconde de poursuite représente des centaines de mètres avalés au milieu de familles roulant à 130.

Permis immédiatement retiré, Ferrari mise en fourrière : les sanctions administratives sont tombées sur le bord de l’autoroute. Mais l’histoire ne s’arrête pas là pour ce père de famille. En tant que conducteur étranger, il fait face à une interdiction de conduire en France qui pourrait s’étendre sur plusieurs années. Et s’il est convoqué devant un tribunal correctionnel français, il devra revenir répondre de ses actes — cette fois sans les 600 chevaux sous le capot.

Le plus ironique dans cette affaire ? La Ferrari Portofino est conçue pour le tourisme de luxe. Son nom même vient du petit port italien de Portofino, synonyme de dolce vita et de balades côtières au soleil. Pas exactement ce qu’on imagine à 206 km/h sur une autoroute provençale bondée, avec un enfant de 9 ans cramponné au siège passager. Ce père voulait sans doute profiter des vacances de Pâques. Il risque de s’en souvenir longtemps — mais pas pour les bonnes raisons.

Trafic dense sur autoroute provençale lors du week-end de Pâques

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