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Un enfant de 8 ans tué sur le chemin de l’école par un chauffard de 17 ans sans permis, ce que l’on sait

Publié par Elsa Fanjul le 18 Fév 2026 à 9:57

Un petit garçon de 8 ans a été fauché mortellement mardi 17 février 2026, vers 8h20, alors qu’il traversait la chaussée pour se rendre à l’école dans le quartier Pissevin de Nîmes. Au volant du véhicule lancé à vive allure : un adolescent de 17 ans, sans permis, déjà connu de la justice pour des faits liés aux stupéfiants. Six personnes ont été placées en garde à vue. Retour sur un drame qui bouleverse toute une ville.

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Il allait à l’école : le récit glaçant du drame

Ce mardi 17 février 2026, il est un peu plus de 8 heures du matin. Comme chaque jour, un petit garçon de 8 ans traverse l’avenue des Arts, dans le quartier Pissevin, au niveau d’un arrêt de tramway. Sa destination est toute proche : l’école élémentaire Paul-Langevin, située à quelques dizaines de mètres. Il ne l’atteindra jamais.

Selon le communiqué de la procureure de la République de Nîmes, Cécile Gensac, l’enfant a été violemment percuté par une voiture lancée à très vive allure. D’après les premières constatations relayées par France 3 Occitanie, le corps du petit garçon a été projeté sur 13 mètres sous la violence de l’impact. Une distance qui donne une idée terrifiante de la vitesse à laquelle roulait le véhicule au moment du choc.

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Malgré l’intervention rapide des secours et son transfert en urgence au CHU de Nîmes-Carémeau, l’enfant, grièvement blessé, n’a pas survécu à ses blessures. La nouvelle de sa mort a été confirmée dans la matinée par le directeur de l’école Paul-Langevin, qui a dû annoncer l’impensable aux parents d’élèves.

Le conducteur : 17 ans, sans permis, déjà connu de la justice

Après l’impact, le véhicule ne s’est pas arrêté. Le conducteur a immédiatement pris la fuite, laissant l’enfant au sol. Un délit de fuite qui a aussitôt mobilisé les forces de l’ordre du commissariat de Nîmes. Le véhicule impliqué, une Audi A1, a été rapidement localisé dans le quartier.

Le conducteur présumé a été interpellé à la mi-journée au domicile de ses parents. Son profil, révélé lors de la conférence de presse tenue par la procureure Cécile Gensac, est édifiant. Il s’agit d’un adolescent de 17 ans, dépourvu de permis de conduire, défavorablement connu des services de police. Un chauffard mineur de plus sur les routes françaises, derrière un volant qu’il n’aurait jamais dû toucher.

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Un adolescent sous contrôle judiciaire au moment des faits

Le parcours judiciaire du suspect est aussi préoccupant que révoltant. D’après les précisions apportées par la procureure de Nîmes, le jeune homme avait déjà été condamné le 10 juin 2025 à une mesure éducative. Au moment où il a fauché l’enfant, il se trouvait sous le coup d’un contrôle judiciaire, maintenu par le juge des enfants le 26 janvier 2026, soit trois semaines à peine avant le drame.

Ce contrôle judiciaire intervenait dans l’attente d’une convocation devant le tribunal pour enfants pour des faits relatifs aux stupéfiants. Selon une source policière citée par Le Figaro, le suspect était encore en garde à vue la semaine précédant l’accident. Un mineur multirécidiviste laissé en liberté, malgré un parcours déjà jalonné de signalements. Un constat qui alimente la colère de nombreux habitants du quartier.

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Une voiture louée à Marseille, six personnes en garde à vue

L’enquête a rapidement permis de reconstituer le contexte du drame. Le véhicule, une Audi A1, avait été loué auprès d’une société basée dans les Bouches-du-Rhône. Selon la procureure, la voiture avait été « plusieurs fois sous-louée » avant de se retrouver entre les mains du mineur. Trois personnes se trouvaient à bord au moment de l’impact.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Après avoir localisé le véhicule abandonné, les policiers ont décidé de le surveiller. C’est alors qu’une seconde voiture s’est approchée. Ses occupants ont affirmé aux forces de l’ordre être venus récupérer l’Audi, qu’ils avaient louée au conducteur présumé. Une déclaration qui a conduit à leur interpellation immédiate.

Au total, six personnes, dont le conducteur présumé, ont été placées en garde à vue dans le cadre d’une enquête de flagrance ouverte pour homicide routier aggravé. Les dépistages effectués sur le conducteur et les autres personnes interpellées se sont révélés négatifs pour l’alcool et les stupéfiants. Le suspect encourt une peine maximale de dix ans de prison, à laquelle pourraient s’ajouter des peines complémentaires.

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Pissevin : un quartier gangréné par les trafics

Le drame s’est produit dans l’un des quartiers les plus sensibles de Nîmes. Pissevin est un secteur paupérisé de la ville, régulièrement cité dans les faits divers pour des affaires liées au trafic de stupéfiants, aux violences urbaines et aux fusillades entre bandes rivales. Des faits de violence impliquant des mineurs y sont documentés depuis des années.

Le fait qu’un adolescent de 17 ans, sans permis, puisse circuler à vive allure au volant d’une voiture de location dans ce quartier à 8 heures du matin, un jour d’école, pose des questions que beaucoup de Nîmois se posent déjà. Comment un mineur sous contrôle judiciaire pour des affaires de stupéfiants a-t-il pu se retrouver au volant d’un véhicule loué via un circuit de sous-locations ? Et surtout : pourquoi n’était-il pas davantage surveillé ?

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La colère du maire : « Rien ne peut excuser un tel acte »

La réaction de Jean-Paul Fournier, maire de Nîmes depuis 25 ans, ne s’est pas fait attendre. Dès la matinée, l’élu a publié un message sur les réseaux sociaux dans lequel il exprime sa « profonde révolte » face à ce drame. Le maire, qui s’apprête à quitter ses fonctions, a qualifié l’accident d’« inacceptable » et exigé que le conducteur présumé réponde de ses actes avec la plus grande sévérité devant la justice.

Le préfet du Gard a pour sa part adressé ses condoléances à la famille du jeune garçon et confirmé la mise en place d’un dispositif de soutien au sein de l’école. La violence qui touche le monde scolaire n’épargne désormais plus rien : ni les cours de récréation, ni même le chemin qui y mène.

Cellule psychologique et école sous le choc

L’annonce du décès a plongé l’école Paul-Langevin dans un état de sidération. L’enfant était scolarisé dans cet établissement situé à quelques pas du lieu de l’accident. Son directeur a dû informer les parents d’élèves dans les heures qui ont suivi le drame, avant que la préfecture du Gard ne confirme officiellement la mise en place d’une cellule de soutien psychologique.

Cette cellule est destinée aux élèves de l’école, mais aussi à leurs parents et au personnel éducatif. Car au-delà de la victime, ce sont des dizaines d’enfants qui empruntent chaque matin ce même trajet, traversent cette même avenue, passent devant ce même arrêt de tramway. Le cauchemar de chaque parent — celui de perdre un enfant sur le chemin de l’école — est devenu réalité pour une famille nîmoise.

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Homicide routier aggravé : que risque le conducteur ?

L’enquête de flagrance a été ouverte pour homicide routier aggravé, un chef d’accusation qui reflète la gravité des circonstances. Le cumul des circonstances aggravantes est accablant : conduite sans permis, délit de fuite après un accident mortel, et le fait que la victime soit un enfant de 8 ans percuté sur un passage à proximité d’un établissement scolaire.

La procureure Cécile Gensac a précisé lors de sa conférence de presse que le mis en cause encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement, auxquels pourraient s’ajouter des peines complémentaires. Le statut de mineur du conducteur pourrait toutefois influencer la nature des sanctions prononcées, puisque la justice des mineurs obéit à des règles spécifiques qui privilégient, en principe, la dimension éducative. Un cadre juridique qui, dans ce cas précis, risque de susciter l’incompréhension des proches de la victime.

Un drame qui relance le débat sur les mineurs au volant

Ce n’est malheureusement pas la première fois qu’un mineur sans permis provoque un accident mortel en France. Ces dernières années, les faits divers impliquant des adolescents au volant de voitures de location, souvent obtenues via des circuits parallèles de sous-location, se multiplient dans les quartiers sensibles de plusieurs grandes villes.

Le phénomène est connu des autorités : des véhicules sont loués légalement par des majeurs, puis sous-loués de main en main, parfois à des mineurs, sans aucun contrôle du permis de conduire. Un business informel que les forces de l’ordre peinent à endiguer, et qui met chaque jour des vies en danger sur les routes françaises.

À Nîmes, la mort de cet enfant de 8 ans, projeté sur 13 mètres par un adolescent qui n’avait rien à faire derrière un volant, vient rappeler avec une brutalité insoutenable les failles d’un système qui peine à protéger ses plus jeunes. L’enquête est en cours. Les investigations se poursuivent pour déterminer le rôle exact de chacune des six personnes placées en garde à vue, et les responsabilités dans la chaîne de sous-location du véhicule.

Trois policiers en patrouille vus de dos dans une rue commerçante à Strasbourg, tenue noire et marquage “POLICE” visible.

Ce que l’on sait à cette heure

Les faits sont établis : un enfant de 8 ans est mort, fauché par une Audi A1 lancée à vive allure, sur le chemin de son école dans le quartier Pissevin de Nîmes. Le conducteur présumé est un adolescent de 17 ans, sans permis, déjà condamné et sous contrôle judiciaire pour des faits de stupéfiants. Six personnes sont en garde à vue. L’enquête pour homicide routier aggravé est confiée au commissariat de Nîmes. Le suspect encourt dix ans de prison.

Pour les habitants de Pissevin, pour les parents d’élèves de l’école Paul-Langevin, pour la famille du petit garçon, ces éléments judiciaires ne suffiront jamais à combler le vide laissé par un enfant qui ne voulait que rejoindre sa classe, ce mardi matin de février.

4 commentaires

  • k
    kiki
    18/02/2026 à 15:20
    Comment peut-on faire passer le permis à cet age .c'est trop jeune pour conduire ou alors uniquement accompagné
  • C
    Cricri
    18/02/2026 à 13:28
    10 ans seulement ? La fin de vie a 8ans n'a pas de Prix ! Et si c'était le vôtre ! Que penserais Vous ! Et je complètement contre le permis a cette age, c'est du n'importe quoi ! Et sa famille qui sera montré du doigt!!!!!
  • L
    La vieille garde
    18/02/2026 à 13:26
    Très belle justice en perspective.Encore un mec qu'il faudra attendre dans 10 ans à sa sortie de prison pour regler définitivement la facture.

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