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Permis B : simple formalité ou réforme qui va tout changer pour les conducteurs ?

Publié par Killian Ravon le 18 Fév 2026 à 10:28

Le permis B est en train de vivre un drôle de moment : en France, les candidats se précipitent dans les auto-écoles depuis l’annonce de la fin du financement via le CPF pour la plupart des actifs. En parallèle, l’Union européenne pousse une réforme beaucoup plus structurelle, avec un permis plus numérique, plus harmonisé, et… plus “large” côté véhicules autorisés.

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Permis B européen : permis de conduire sur smartphone et carte physique, avec drapeau de l’UE et voiture électrique en arrière-plan
L’Union européenne accélère la numérisation du permis B et adapte les règles à l’essor des véhicules électriques, plus lourds.

Derrière les annonces, il y a deux calendriers qui s’entrechoquent. Et au milieu, des millions d’automobilistes qui essaient de comprendre ce qui va réellement changer pour eux.

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Auto-écoles sous pression : la fin du CPF change déjà la donne

Depuis l’adoption du budget 2026, le sujet a pris une tournure très concrète. Selon Le Parisien (25 janvier 2026), le financement du permis de conduire via le Compte personnel de formation (CPF) serait désormais réservé aux demandeurs d’emploi, ce qui exclut une grande partie des salariés.

Cette annonce a eu un effet immédiat : les auto-écoles parlent d’un afflux de demandes, avec des candidats qui cherchent à “verrouiller” leur dossier tant que c’est encore possible. TF1 a également documenté cette ruée, en soulignant que la mesure devait entrer en vigueur rapidement et que les établissements étaient saturés d’appels.

L’impact social est au cœur des critiques. Le Parisien rappelle que le permis B coûtait souvent entre 1 500 et 2 000 euros, et que près d’un quart des candidats au permis B auraient financé leur formation via le CPF, pour un volume très significatif.

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Harmonisation et reconnaissance entre pays : l’objectif affiché de la réforme du permis de conduire. Crédit : Elwood j blues.

Une conséquence paradoxale : l’urgence française, pendant que l’Europe planifie

Ce qui frappe, c’est le contraste. D’un côté, une mesure nationale qui agit “tout de suite” sur les inscriptions et le portefeuille. De l’autre, une réforme européenne pensée sur plusieurs années, qui vise moins à trancher qu’à harmoniser.

Autrement dit, beaucoup de Français vivent un choc immédiat… alors que les évolutions européennes, elles, s’installent à un rythme administratif. Et c’est là que le permis B devient un sujet bien plus large que la simple question de l’examen.

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Un permis B européen sur smartphone : le virage numérique est enclenché

Sur le volet “visible”, la réforme européenne pousse vers un permis dématérialisé. Le Conseil de l’UE expliquait dès mars 2025 qu’une version mobile harmonisée devait être disponible d’ici fin 2030, via le futur portefeuille européen d’identité numérique (European Digital Identity Wallet).

La Commission européenne a ensuite confirmé l’orientation : le nouveau cadre introduit un permis de conduire numérique, accessible sur téléphone ou appareil numérique, destiné à simplifier les démarches (renouvellement, remplacement, échange lors d’un déménagement dans un autre pays de l’UE).

Le point important, souvent mal compris : le numérique ne fait pas disparaître le physique. Le texte prévoit que le permis papier / carte restera disponible sur demande, notamment pour les personnes sans smartphone ou pour certains usages hors UE.

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Sanctions et retraits : la fin des “trous dans la raquette” entre pays

Là où la réforme devient nettement plus sensible, c’est sur la circulation des sanctions. L’objectif affiché est d’éviter qu’un conducteur lourdement sanctionné dans un pays puisse continuer à rouler ailleurs comme si de rien n’était.

La Commission européenne explique que le dispositif vise la reconnaissance mutuelle des interdictions de conduire pour des infractions graves, afin que les conséquences suivent le conducteur à l’échelle de l’Union.

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C’est probablement l’un des points qui changera le plus le quotidien des grands rouleurs, notamment ceux qui travaillent entre plusieurs pays. La réforme parle “administration”, mais le résultat est très concret : l’Europe veut que le permis soit géré comme un titre réellement commun.

Le surpoids des batteries relance le débat sur le tonnage autorisé avec le permis B. Crédit : Ivan Radic.

Le vrai sujet qui intrigue : le poids autorisé, de 3,5 t à 4,25 t

C’est ici que beaucoup d’automobilistes se disent : “OK, ça, c’est nouveau.” La Commission européenne écrit noir sur blanc que la directive permet, avec un permis B, de conduire des véhicules jusqu’à 4,25 tonnes dans certains cas, notamment pour les véhicules “alternativement motorisés” (dont les électriques) plus lourds, en raison des batteries.

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L’idée est simple : à équipement comparable, l’électrique pèse plus. Et si le droit ne bouge pas, on se retrouve à interdire des véhicules pourtant vendus comme familiaux ou utilitaires à des conducteurs… qui ont le permis “voiture” standard.

Camping-cars et véhicules aménagés font partie des catégories concernées par l’évolution des seuils. Crédit : photo Moma SM.

Camping-cars et utilitaires : plus de liberté, mais pas sans conditions

La même réforme ouvre aussi la porte à des droits supplémentaires pour les motorhomes / camping-cars, mais avec une nuance essentielle : rien n’est automatique. La Commission précise qu’un accès élargi peut être conditionné à une formation ciblée ou à un test, selon les choix des États membres.

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Des acteurs du secteur camping-car ont également relayé l’entrée en vigueur du nouveau cadre fin 2025 et l’objectif de permettre, à terme, certains camping-cars neufs à 4 250 kg avec le permis B, tout en étant “strictement encadré”.

On est donc loin du “vous pourrez tous conduire un 4,25 t demain”. L’Europe ouvre un cadre. Ensuite, chaque pays fixe le degré d’exigence : formation, test, voire approche médicale selon le profil et l’usage.

L’essor de l’électrique pousse l’Europe à adapter des règles pensées à l’ère du thermique. Crédit : Aschroet.
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Calendrier : adopté, entré en vigueur… mais pas appliqué partout tout de suite

C’est le piège classique des réformes UE : entre l’accord politique, l’entrée en vigueur et la réalité terrain, il y a plusieurs marches.

La Commission européenne annonce que les règles modernisées sont entrées en vigueur le 25 novembre 2025 au niveau européen.

Mais “entrer en vigueur” ne veut pas dire “utilisable partout dès demain” : il faut ensuite que les États mettent en place les systèmes, adaptent leurs procédures, et déploient les outils numériques.

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Un autre repère très clair : la version mobile harmonisée est prévue d’ici fin 2030 dans le portefeuille d’identité numérique européen.

Autrement dit, certains pays iront vite, d’autres plus lentement, et il y aura une période où l’ancien et le nouveau cohabitent.

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Alors, petit changement ou vraie révolution ?

Tout dépend de ce qu’on regarde. Le côté “smartphone” peut sembler être une modernisation logique, surtout à l’heure où l’identité numérique progresse partout en Europe. Pourtant, la réforme ne se limite pas à un format : elle touche aussi aux sanctions, aux équivalences entre pays et à la logique même du permis comme titre européen.

En face, la France vit une autre secousse, bien plus immédiate : le CPF qui se ferme pour la plupart des actifs change déjà les inscriptions, et risque de rendre l’accès au permis plus difficile pour une partie des candidats. Le résultat, c’est une double réalité : une urgence sociale à court terme, et un chantier européen de long terme.

Si vous devez retenir une chose, c’est celle-ci : le permis B ne va pas “se transformer du jour au lendemain”, mais son cadre va s’élargir et se renforcer. Plus numérique, plus partagé entre États… et potentiellement plus permissif sur certains véhicules, à condition d’accepter des garde-fous.

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