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Gilets jaunes et cinq syndicats visent le même jeudi 5 novembre : un blocage reconductible est dans l’air

Publié par Elodie le 18 Oct 2026 à 18:11
gilets jaunes @AFP

Le 17 octobre, la rue a remué. Trois semaines plus tard, certains collectifs issus des Gilets jaunes regardent déjà vers la suite. Leur cible : le jeudi 5 novembre, avec une grève générale et un blocage reconductible du pays. Mais ce mouvement ne parle pas au nom de tous les Gilets jaunes, et un détail du calendrier change la donne.

17 octobre : une mobilisation forte, mais qui parle au nom de qui ?

Commençons par un point de vocabulaire, parce qu’il évite bien des malentendus. Le mouvement « 17 octobre Gilet jaune » n’est pas une organisation nationale. Il ne représenterait pas l’ensemble des Gilets jaunes.

Il s’agirait plutôt d’une coordination de militants et de collectifs, rassemblés autour de la journée du 17 octobre. Le mouvement reste largement décentralisé, sans direction nationale unique. Pas de chef, pas de porte-parole officiel : c’est dans l’ADN des Gilets jaunes depuis le début.

Après la forte mobilisation de cette journée, ces collectifs veulent entretenir la dynamique. Le 17 octobre, l’idée d’une convergence avait déjà été avancée. Des représentants du mouvement avaient appelé à rapprocher leurs revendications de celles des jeunes et d’autres mouvements sociaux.

La question du lendemain d’une mobilisation est toujours la même : comment la faire durer ? Un jour de colère ne suffit pas à peser. Et c’est là que le calendrier entre en jeu. Une question se pose : votre patron peut-il sanctionner un retard dû à une grève si les transports sont touchés ? Elle revient à chaque appel de ce type.

Reste à comprendre pourquoi ces militants ont choisi cette date-là précisément. La réponse tient en une coïncidence qui n’en est peut-être pas une.

5 novembre : la date où les Gilets jaunes retrouvent la CGT, la CFDT, FO, l’Unsa et la FSU

Voilà le détail qui change tout. Le jeudi 5 novembre est déjà une journée nationale de grève et de manifestations. Elle est appelée par la CFDT, la CGT, FO, l’Unsa et la FSU.

Ces cinq organisations invitent les salariés du privé et du public, mais aussi les retraités et les jeunes, à se mobiliser « pour les salaires, les services publics, l’emploi et l’industrie ». Un appel très large, donc, qui laisse la porte ouverte à d’autres revendications.

L’Union syndicale Solidaires a elle aussi appelé à préparer cette journée. Son objectif : en faire une importante journée de grève interprofessionnelle et de manifestations. Cela fait beaucoup de monde autour d’une seule date.

Pour les collectifs issus des Gilets jaunes, l’occasion est trop belle. Ils comptent s’appuyer sur ce cadre interprofessionnel pour tenter d’aller plus loin que la simple manifestation. Du côté des cheminots, on se souvient que quatre syndicats avaient déjà fait front commun lors d’une précédente journée de grève.

Mais l’union des cinq syndicats ne dit pas que les Gilets jaunes seront dans le cortège, ni comment. Et la grande ambition affichée, elle, tient en deux mots que les collectifs répètent.

Gilet jaune posé sur une table à côté d'un calendrier

Reconductible, lycéens, test majeur : ce que le 5 novembre doit prouver

Ces deux mots, c’est « blocage reconductible ». Pour les usagers qui ont déjà dû chercher des lignes alternatives lors d’une grève, l’idée n’a rien d’abstrait. Un blocage reconductible, c’est une action qu’on renouvelle jour après jour, tant que le mouvement tient.

L’enjeu des collectifs est donc clair : transformer une mobilisation ponctuelle en mouvement durable. Une journée de grève se compte. Un blocage qui dure se subit, ou se soutient, c’est selon.

Autre élément : certains lycéens envisagent de rejoindre la journée. En Mayenne, le mouvement lycéen local a déjà annoncé son intention de se mobiliser à nouveau le 5 novembre. Une jeunesse qui rejoint le cortège, c’est justement la convergence évoquée le 17 octobre.

Rien n’indique pour l’instant que le pays sera bloqué. Le jeudi 5 novembre pourrait toutefois constituer un nouveau test majeur pour la contestation sociale, trois semaines après les manifestations du 17 octobre. Les effets d’un blocage prolongé se mesurent vite, comme l’a montré la pénurie de carburant qui avait laissé plus de 1 000 stations à sec.

Suivre ce jeudi, c’est donc observer trois choses : le nombre de manifestants, la présence des Gilets jaunes aux côtés des syndicats, et la capacité de la mobilisation à durer au-delà de vingt-quatre heures.

Une date, cinq syndicats, des collectifs décentralisés : le 5 novembre dira si la convergence reste un slogan ou devient un rapport de force. Et si vous aimez les histoires où le calendrier réserve des surprises, ces maisons abandonnées que l’on peut racheter à prix cassé méritent un détour. Pour changer d’air, ce coin de Bretagne qui ressemble aux fjords norvégiens vous attend.

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