« Je n’ai pas quémandé des postes depuis 45 ans » : Glucksmann répond cash à Ségolène Royal
Deux poids lourds de la gauche s’affrontent à trois semaines de la primaire. Ségolène Royal a traité Raphaël Glucksmann de « stagiaire en politique » sur BFMTV. La réplique de l’eurodéputé, glaciale et précise, ne s’est pas fait attendre.

Une attaque frontale à trois semaines du vote
Tout part d’un plateau télé. Ce dimanche, Ségolène Royal ne s’est pas contentée de critiquer son adversaire à la primaire sociale-démocrate. Elle a été cash : « Il n’a jamais géré quoi que ce soit dans sa vie, il n’a pas de métier d’origine. Il est stagiaire en politique. »
Le contexte n’est pas anodin. La France traverse une période tendue, entre flambée des prix du carburant et menaces sécuritaires. Pour Raphaël Glucksmann, s’attaquer à lui dans ce climat relève d’un mauvais calcul politique, comme il l’a expliqué sur Franceinfo ce lundi. La primaire, elle, se tiendra les 9 et 10 octobre prochains, avec cinq candidats en lice pour représenter la gauche sociale-démocrate en 2027, face à une extrême droite jugée « aux portes du pouvoir ».
La riposte cinglante de Glucksmann
Face à cette pique, le coprésident de Place publique n’a pas cherché la mesure. Il a retourné l’argument contre son autrice, en épinglant directement sa longévité politique. « Elle a raison de souligner que je ne suis pas, moi, en politique depuis 45 ans, que je n’ai pas quémandé des postes depuis 45 ans », a-t-il lancé.
La formule vise juste. Elle renvoie à la nomination de Ségolène Royal comme ambassadrice pour les pôles arctique et antarctique entre 2017 et 2020, mais aussi à sa lettre envoyée pour se déclarer disponible au poste de Premier ministre après le départ de Michel Barnier. Raphaël Glucksmann, présenté comme le grand favori de cette primaire selon plusieurs observateurs, a ajouté : « Ma conception de la politique, ce n’est pas celle-là. »
Il a poursuivi en assumant son parcours atypique, loin des logiques de carrières institutionnelles classiques : « Je n’ai pas envie d’être stagiaire auprès de ces gens qui font de la politique de cette manière. » Un message limpide adressé à celle qui l’accusait justement de manquer d’expérience.

Une charte éthique déjà rappelée à l’ordre
Au-delà de la joute verbale, c’est l’organisation même de la primaire qui s’en trouve fragilisée. Raphaël Glucksmann s’est dit convaincu que Ségolène Royal ne remportera « absolument pas » cette course, jugeant que les électeurs qui veulent réellement gouverner « rejettent ce type de politique ». Il a conclu sans détour : « Ces types d’attaques avilissent l’ensemble de la classe politique. »
La commission d’organisation de la primaire n’a pas tardé à réagir. Dans un communiqué publié ce lundi matin, elle a rappelé « fermement » à Ségolène Royal l’engagement qu’elle avait signé : une charte lui imposant un comportement éthique et lui interdisant explicitement les attaques personnelles envers ses rivaux.
Le message institutionnel est clair : le débat interne à la primaire ne doit pas ressembler à celui mené contre la droite ou l’extrême droite, notamment parce que le rassemblement final derrière le vainqueur en dépend directement. De son côté, Raphaël Glucksmann n’a pas précisé s’il soutiendrait Ségolène Royal en cas de défaite face à elle.
La primaire s’ouvre donc sous tension, entre coups bas assumés et rappels à l’ordre officiels. Reste à savoir si les électeurs de gauche trancheront sur le fond du programme, ou sur ce climat de règlements de comptes.