«Bardella sera président» : Julien Odoul lâche une phrase qui embarrasse tout le RN
Un simple tweet, et voilà toute une stratégie de communication qui vacille. Julien Odoul, porte-parole du RN, a lâché une phrase qui n’était visiblement pas dans le script du parti. Ce qu’il révèle en creux sur les vraies ambitions du mouvement pourrait bien agacer une personne en particulier.

Une petite phrase qui n’aurait jamais dû sortir
Tout part d’un échange sur X, mercredi 29 juillet. Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, avance qu’ «il est possible qu’un candidat héritier de l’immigration soit président». Une phrase presque anodine, du genre qui circule et se perd dans le flux.
Sauf que Julien Odoul, lui, ne la laisse pas passer. Le député de l’Yonne y voit une occasion en or de retourner l’argument, façon petite pique bien sentie sur les réseaux sociaux. Il répond, sans détour : «Effectivement, Bardella, héritier de l’immigration italienne, sera président de la République.»
Sur le papier, la réplique fait mouche. Elle coche toutes les cases du bon mot politique, de celui qui fait le tour de X en quelques heures. Mais elle a un défaut de taille : elle vient d’un porte-parole officiel du parti, pas d’un compte anonyme perdu dans les commentaires de la présidentielle.
Le problème, c’est le timing
Car voici le détail qui change tout : cette sortie intervient quelques jours seulement après l’entrée en campagne officielle de Marine Le Pen. La présidente du RN vient tout juste de se positionner comme candidate pour 2027, au détriment de Jordan Bardella qui, lui, préparait sa propre campagne depuis des mois.
Autrement dit : le parti a une candidate. Une seule. Et c’est elle. Pas Bardella. Alors quand son porte-parole officiel affirme sur les réseaux que «Bardella sera président», la phrase ne passe pas inaperçue. Elle sonne presque comme un lapsus révélateur, ou pire, comme un aveu.
Odoul pourra toujours plaider la bonne foi. Il pourra dire qu’il parlait d’une échéance lointaine, d’une future présidentielle où Bardella pourrait effectivement se présenter, une fois le mandat de Marine Le Pen terminé. Une pirouette qui tient la route sur le papier, mais qui n’efface pas le malaise du moment présent.

Un porte-parole qui parle un peu trop fort
Le contexte politique français ne manque pas de tensions ces derniers mois, mais celle-ci a quelque chose de particulièrement croustillant : elle vient de l’intérieur même du parti concerné. Julien Odoul n’est pas un simple élu de base. Il est porte-parole, une fonction qui suppose, en théorie, de porter la voix collective du RN et non ses pronostics personnels sur l’avenir politique de tel ou tel cadre.
Et il ne s’agit pas d’un inconnu à la carrière lisse : l’élu de l’Yonne a déjà été condamné pour détournement de fonds publics, un détail qui n’aide pas franchement à faire oublier l’incident. Chaque prise de parole publique de sa part est donc scrutée avec un peu plus d’attention que la moyenne.
Reste une question simple, presque enfantine : comment Marine Le Pen a-t-elle accueilli la nouvelle ? On imagine que la candidate officielle du RN pour 2027 n’a pas dû sauter de joie en découvrant qu’un de ses propres porte-voix venait de vanter, publiquement, le destin élyséen d’une autre personne qu’elle.
Une élection se prépare dans moins d’un an, et visiblement, tout le monde au RN n’a pas encore reçu le mémo sur qui est censé la gagner.
Une phrase, un timing, et voilà toute une stratégie de communication qui se fissure en direct sur les réseaux. La vraie question, maintenant : Marine Le Pen va-t-elle laisser passer, ou Julien Odoul devra-t-il bientôt s’expliquer devant son propre camp ?