Mathilde Panot veut « tout prendre » au-delà de 12 millions d’héritage : voici le détail de son plan

Une phrase, et c’est toute une ligne politique qui se dessine. Mardi, sur RMC-BFMTV, la présidente du groupe LFI à l’Assemblée a lâché une formule qui claque : à partir de 12 millions d’euros d’héritage, l’État prendrait tout. Derrière cette annonce choc, un constat plus large sur ce qu’elle appelle la « sécession des riches ». Et un programme fiscal complet, entre impôt sur la fortune ressuscité et nouvelle taxe sur les milliardaires.
Une déclaration qui embrase les réseaux
Tout commence par une sortie médiatique calculée. Mathilde Panot affirme sans détour que « les riches ont décidé de faire sécession » en France, refusant selon elle de « participer à la solidarité nationale ». La phrase est reprise en boucle, notamment via un extrait diffusé par BFMTV qui a rapidement circulé sur les réseaux sociaux.
Ce n’est pas un cas isolé. La séquence s’inscrit dans la continuité des propos de l’eurodéputée Manon Aubry, qui avait appelé lors des universités d’été insoumises à « interdire les milliardaires », jugés « nuisibles ». Un vocabulaire assumé, presque martial, qui traduit une radicalisation du discours économique du mouvement mélenchoniste. Cette stratégie de communication n’est pas sans rappeler les débats récents sur le pouvoir d’achat des Français et les tensions autour de la fiscalité.
Le président de la commission des Finances, Éric Coquerel, a enfoncé le clou sur LCI. Selon lui, « ce qui est nuisible, c’est qu’il y ait une telle différence de richesse ». Il évoque une promesse républicaine « fragilisée » et un coût social « très cher » pour le pays. Le terrain est posé : place aux chiffres.
Le plan fiscal détaillé, poste par poste
C’est là que la mécanique devient concrète. Mathilde Panot égrène, sur le plateau, les piliers du programme économique de La France insoumise. Premier point : rétablir l’impôt sur la fortune, supprimé sous le mandat d’Emmanuel Macron. Deuxième point : instaurer la taxe Zucman, un prélèvement minimum de 2% sur les patrimoines dépassant les 100 millions d’euros.
Le troisième pilier concerne directement les successions. Selon la députée du Val-de-Marne, « à partir de 12 millions d’euros, nous prendrons tout » sur les héritages les plus importants. Une déclaration qu’elle a elle-même publiée, accompagnée d’un chiffre glaçant : 11 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France, quand 13 000 millionnaires ne paient aucun impôt sur le revenu.
Enfin, LFI propose la création de 14 tranches d’imposition, pour alléger la charge fiscale de ceux qui gagnent moins de 4 000 euros par personne. L’objectif affiché : redistribuer sans toucher aux classes moyennes. Reste une question qui fâche, celle de l’exil fiscal, à laquelle la députée a une réponse tranchante.

La chasse aux exilés fiscaux assumée sans détour
Anticipant l’objection classique, celle des grandes fortunes qui quitteraient le pays pour échapper à l’impôt, Mathilde Panot a tranché dans un second message publié sur X, consultable via ce fil de discussion. Sa réponse est sans ambiguïté : LFI ira « les rechercher pour faire un impôt différentiel ».
Concrètement, un contribuable parti s’installer à l’étranger continuerait de payer la différence entre ce qu’il verse dans son nouveau pays et ce qu’il devrait à la France. Une mesure calquée sur le modèle américain, qui vise justement à neutraliser l’argument de la fuite des capitaux évoqué régulièrement lors des débats sur le budget et les annonces gouvernementales sur le pouvoir d’achat.
Le chiffre qui structure tout le raisonnement de LFI, c’est celui de la concentration des richesses. Selon Éric Coquerel, les 500 plus grandes fortunes françaises ont vu leur patrimoine doubler en dix ans.
Mathilde Panot va plus loin encore, en évoquant le drame social qui accompagne, selon elle, cette envolée : 960 personnes mortes de la rue en 2025, dont un enfant de 11 jours.
Un contraste brutal, pensé pour marquer les esprits et légitimer la radicalité du projet fiscal insoumis, y compris via la publication d’un visuel accompagnant sa déclaration initiale.
Un dernier détail cristallise le débat : selon la députée, « la plupart des riches n’ont pas mérité d’être milliardaires », les qualifiant de « super héritiers » nés avec, dit-elle, « une cuillère d’argent dans la bouche ». Un argument moral, plus qu’économique, qui a d’ailleurs été relayé dans un second visuel détaillant l’impôt différentiel envisagé.
Douze millions, deux pourcents, quatorze tranches : derrière les chiffres, c’est une bataille de récit qui se joue. Reste à savoir si ce programme, aussi tranchant soit-il dans les médias, trouvera un jour le chemin de l’Assemblée. Une chose est certaine : le débat sur la fiscalité des grandes fortunes est loin d’être clos.