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Sarah Knafo veut un fichier des délinquants sexuels accessible aux parents

Publié par Elodie le 11 Juin 2026 à 18:03

L’affaire Lyhanna a remis la protection des enfants au centre du débat politique. Mercredi soir sur BFMTV, plusieurs figures de l’échiquier politique ont avancé leurs propositions contre la pédocriminalité. Celle de Sarah Knafo a fait l’effet d’une bombe : un fichier public des pédocriminels condamnés, accessible à tous les parents de France.

Sarah Knafo info

Affaire Lyhanna : quand la classe politique monte au créneau

Le meurtre de Lyhanna, 11 ans, retrouvée morte dans le Gers, a provoqué une onde de choc bien au-delà des cercles judiciaires. Le principal suspect, Jérôme Barella, avait déjà fait l’objet de signalements et de plaintes — sans jamais être condamné. Un engrenage qui interroge toute la chaîne de protection de l’enfance.

Le président de la République lui-même a évoqué des « dysfonctionnements manifestes », tout en appelant à éviter « la précipitation et la démagogie ». Le Premier ministre, de son côté, a annoncé la préparation d’un décret pour renforcer la motivation des classements sans suite dans les affaires de crimes sexuels sur mineurs. Des mots qui, pour beaucoup de parents, arrivent trop tard.

C’est dans ce contexte électrique que BFMTV a réuni Bruno Retailleau, Marine Tondelier, Olivier Faure, Mathilde Panot et Sarah Knafo pour une émission spéciale consacrée à la justice. Chacun y est allé de sa proposition. Mais c’est l’eurodéputée Reconquête qui a cristallisé le débat avec une idée radicale, directement inspirée par l’affaire Lyhanna.

Une idée qui, aux États-Unis, existe depuis plus de trente ans.

Un fichier public avec noms, photos et crimes commis : le modèle américain

Le principe est simple, et c’est précisément ce qui dérange. Sarah Knafo propose la création d’un fichier consultable par n’importe quel citoyen, sur lequel figureraient les noms, les photos et les actes commis par les pédocriminels condamnés. L’objectif : permettre aux parents de vérifier si une personne de leur entourage — voisin, animateur, professeur — a déjà été reconnue coupable.

L’eurodéputée s’appuie sur le précédent américain. En 1994, le viol et le meurtre de Megan Kanka, sept ans, avaient conduit à l’instauration d’un registre public des délinquants sexuels dans tous les États américains. La mère de la fillette avait eu cette phrase devenue célèbre : « Si j’avais su quel était le passé du meurtrier, ma fille serait toujours vivante. »

Sarah Knafo la cite mot pour mot. L’homme qui avait tué Megan était un pédocriminel récidiviste venu s’installer dans le quartier en toute discrétion. « Ce fichier a sauvé des vies », martèle l’eurodéputée. Elle insiste sur la forte propension à la récidive chez les auteurs de violences sexuelles sur mineurs, un argument régulièrement documenté par les spécialistes de la pédocriminalité.

Et pour ceux qui objectent le droit à la vie privée des condamnés, les récentes affaires dans le périscolaire parisien donnent à sa réponse une résonance particulière.

Smartphone affichant une interface de base de données avec des icônes de profils floutés

« Entre la vie privée des pédophiles et l’intérêt des enfants » : le vrai nœud du débat

La question du consentement et de la protection des mineurs revient sans cesse dans l’actualité française. Mais Sarah Knafo pousse le curseur plus loin que quiconque dans la classe politique actuelle. « Entre la vie privée des pédophiles et l’intérêt des enfants, j’ai choisi mon camp », lance-t-elle sans détour.

L’eurodéputée ne s’arrête pas au fichier public. Elle évoque aussi le FIJAISV, le fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes, aujourd’hui consultable uniquement par les forces de l’ordre. Sa proposition : y inscrire également toutes les procédures en cours, pas seulement les condamnations définitives.

Un point crucial quand on sait que Jérôme Barella n’avait jamais été condamné malgré des signalements répétés. Son propre père avait fait l’objet en 2013 d’une plainte pour viol déposée par l’une de ses petites-filles. Après huit années de procédure, le septuagénaire avait bénéficié d’un non-lieu devenu définitif en 2021. Huit ans. Pour un non-lieu.

Sarah Knafo estime que vérifier l’inscription au fichier des agresseurs sexuels devrait être systématique pour quiconque travaille au contact d’enfants, notamment dans le périscolaire. Une mesure qui semble relever du bon sens — et qui pourtant n’existe toujours pas.

Un fichier public, des noms, des photos, des actes. L’idée fait hurler les juristes et soupirer les parents épuisés d’attendre que la justice protège leurs enfants avant qu’il ne soit trop tard. Une chose est sûre : après l’affaire Lyhanna, le débat sur la pédocriminalité en France ne pourra plus se contenter de décrets et de promesses. Et vous, seriez-vous prêt à consulter un tel fichier dans votre quartier ?

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