Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Politique

Face-à-face inédit entre Stéphane Bern et le maire de Saint-Denis pour la flèche de la basilique

Publié par Elodie le 24 Juil 2026 à 12:44
Face-à-face inédit entre Stéphane Bern et le maire de Saint-Denis pour la flèche de la basilique

Un chantier de patrimoine qui vire au duel politique, ça n’arrive pas tous les jours. À Saint-Denis, la reconstruction de la flèche de la basilique attire les foudres de deux personnalités bien décidées à en prendre la tête. D’un côté, une figure télévisuelle du patrimoine. De l’autre, un maire fraîchement élu qui pensait le poste déjà acquis. Le verdict tombe ce vendredi, et il pourrait bien changer la donne pour tout le projet.

Une présidence qui devait être une formalité

Tout semblait pourtant réglé d’avance. Bally Bagayoko, le nouvel édile LFI de Saint-Denis, pensait hériter naturellement de la présidence de l’association chargée de piloter la reconstruction de la flèche, comme ce fut le cas pour ses prédécesseurs à la mairie. C’est une tradition non écrite : le maire de la ville préside, point final. Sauf que cette fois, un nom inattendu s’invite dans la course.

Stéphane Bern, engagé depuis plus de dix ans en faveur de ce chantier emblématique, annonce sa candidature. Pour le maire, c’est une véritable surprise, presque un affront.

Il affirme que l’animateur a été encouragé à se présenter par des représentants de l’État, et y voit une manœuvre destinée à l’écarter de la gouvernance d’un projet qui touche directement sa ville. L’ambiance, déjà tendue autour des grands chantiers de rénovation du patrimoine français, monte encore d’un cran.

Le conseil d’administration doit trancher ce vendredi, et chaque camp fourbit déjà ses arguments, un peu comme dans les débats enflammés qu’on retrouve parfois autour des tensions politiques du moment.

Bern dément toute manœuvre et revendique l’indépendance

Face aux accusations, Stéphane Bern ne se laisse pas déstabiliser. Il rejette fermement la lecture politique de sa candidature et assure répondre à l’appel de partenaires du projet, qui souhaitent le voir mobiliser de nouveaux mécènes. Son objectif affiché : donner davantage de visibilité à un chantier qui en a cruellement besoin.

Il insiste sur le caractère « indépendant des clivages partisans » de sa démarche, un argument qu’il martèle depuis l’annonce de sa candidature. L’enjeu financier n’est pas anodin : il reste encore plusieurs millions d’euros à réunir pour achever la reconstruction de la flèche.

Les soutiens de l’animateur estiment que sa notoriété constitue un atout décisif pour convaincre de nouveaux financeurs et attirer davantage de visiteurs sur le site, un raisonnement qui rappelle les débats sur l’attractivité touristique qu’on retrouve dans d’autres régions, comme autour des grands sites naturels français ou des lieux historiques qui peinent parfois à se financer.

Reste que pour Bally Bagayoko, l’argument ne suffit pas à justifier ce qu’il perçoit comme une mise à l’écart des élus locaux, une inquiétude qui n’est pas sans rappeler certaines tensions institutionnelles observées ailleurs en France.

Flèche de cathédrale gothique en cours de reconstruction sous échafaudages métalliques

Un ancien maire tranche, un autre soutient Bern

Le vote de ce vendredi ne se joue pas seulement entre les deux prétendants. D’anciens élus locaux prennent position, et leurs avis divergent radicalement. Patrick Braouezec, ancien maire de Saint-Denis, partage l’analyse de Bally Bagayoko et évoque sans détour une décision « évidemment politique », validant ainsi la thèse d’une manœuvre orchestrée depuis les plus hautes sphères de l’État.

Mais le camp adverse compte aussi un poids lourd inattendu. Mathieu Hanotin, le président sortant dont la succession est justement en jeu, défend ouvertement la candidature de Stéphane Bern.

Selon lui, une personnalité consensuelle est mieux placée pour fédérer les soutiens autour d’un projet aussi emblématique que la reconstruction de cette flèche, symbole de l’histoire religieuse française.

Ce soutien change la donne : il ne s’agit plus d’un simple duel entre un maire et un animateur, mais d’un véritable clivage entre deux visions de la gouvernance patrimoniale, l’une ancrée dans la tradition municipale, l’autre misant sur la notoriété et les réseaux nationaux.

Sur les réseaux sociaux, la polémique s’est invitée avec des commentaires souvent très clivants, certains internautes allant jusqu’à évoquer les origines et convictions religieuses des deux hommes pour justifier leur préférence. Un climat passionnel qui, une fois de plus, illustre à quel point le patrimoine français peut devenir un terrain d’affrontement politique et symbolique.

Ce vendredi, un simple vote de conseil d’administration va trancher bien plus qu’une présidence : il va dessiner l’avenir d’un chantier suivi de près par des millions de Français. Qui, de la notoriété ou de la légitimité élective, doit porter la voix d’un monument aussi symbolique ? La question, elle, restera longtemps ouverte.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *