100 000 fonctionnaires en moins, retraites revues : le plan choc d’Attal pour 2027
Ce week-end, tout le gratin politique français se retrouve aux rencontres économiques d’Aix-en-Provence. Sébastien Lecornu y était jeudi, Édouard Philippe et Bruno Retailleau doivent y passer aussi. Mais c’est Gabriel Attal qui a choisi de dégainer le premier, avec un plan qui promet de faire du bruit bien au-delà du Sud de la France.

Pourquoi Gabriel Attal sort l’artillerie lourde maintenant
À l’approche de 2027, chaque candidat potentiel tente de se démarquer sur le terrain économique. Gabriel Attal, ancien Premier ministre et désormais candidat déclaré à la présidentielle, a choisi une interview au Parisien pour dérouler son programme avant même de croiser ses rivaux à Aix-en-Provence.
Son objectif affiché est clair, presque martial : ramener le déficit budgétaire à 0% d’ici 2037. Une décennie pour y parvenir, alors que les critères européens tolèrent jusqu’à 3% de déficit. Certains économistes rappellent d’ailleurs qu’un déficit maîtrisé peut, dans certaines conditions, soutenir l’activité plutôt que la plomber.
Mais Gabriel Attal ne veut visiblement pas jouer la prudence budgétaire à moitié. Il assume une rupture nette avec la gestion actuelle des finances publiques françaises, quitte à s’aventurer sur un terrain glissant électoralement. Cette sortie médiatique ressemble surtout à une opération de positionnement face à son principal rival déclaré, un climat politique déjà tendu autour d’Emmanuel Macron.
100 000 fonctionnaires en moins : la mesure qui fait déjà polémique
Concrètement, que propose Gabriel Attal ? La mesure la plus spectaculaire concerne la fonction publique : 100 000 postes de fonctionnaires supprimés. Un chiffre volontairement choc, pensé pour marquer les esprits autant que les comptes de l’État.
À cela s’ajoute une réforme des retraites, un chantier explosif que peu de responsables politiques osent rouvrir frontalement. Gabriel Attal veut aussi toucher à l’assurance chômage et aux arrêts maladie, deux dispositifs régulièrement pointés du doigt dans les débats sur les dépenses sociales françaises.
Cerise sur le gâteau budgétaire : une année blanche. En clair, un gel complet des prestations sociales pendant la première année de son quinquennat s’il était élu. Une mesure d’une rare sévérité, qui vise à donner un signal immédiat de rigueur dès l’entrée en fonction. De quoi rappeler à certains les débats récents sur les annonces de François Bayrou sur le pouvoir d’achat.

« On utilise la carte de crédit de nos enfants » : la formule choc d’Attal
Face aux critiques attendues d’austérité, Gabriel Attal a une formule toute prête : « On utilise la carte de crédit de nos enfants et petits-enfants pour financer un modèle à bout de souffle ». Une image simple, presque familiale, pour justifier un plan pourtant très dur socialement.
Il jure pourtant que ce n’est « en rien » de l’austérité. Un mot qu’il évitait déjà il y a quelques semaines, quand il reprochait à son rival Édouard Philippe de ne promettre « que le sang et les larmes », sans le nommer directement. Gabriel Attal semble donc vouloir occuper le même terrain économique que son concurrent, mais avec un discours plus positif sur la forme.
Dernier détail qui en dit long sur sa méthode : Gabriel Attal s’engage à limoger tout ministre qui ne tiendrait pas ses budgets. Une promesse de fermeté managériale, pensée pour rassurer sur sa capacité à faire appliquer un plan aussi radical, à l’heure où chaque euro public est scruté à la loupe par les Français.
Dix ans, 100 000 postes, une année blanche et une promesse de zéro déficit : voilà le pari que Gabriel Attal pose sur la table avant même le début officiel de la campagne. Reste à savoir si les Français sont prêts à avaler cette potion, et surtout si ses rivaux à Aix-en-Provence viendront lui répondre sur le même terrain.