Hélydia recrutée par Webedia malgré son faux #MeToo : le choix qui divise le milieu de l’influence
Elle avait tenté un #MeToo qui s’était retourné contre elle. Aujourd’hui, Hélydia — de son vrai nom Célia Tansel — décroche un contrat avec l’un des plus gros groupes d’influence en France. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça ne passe pas inaperçu.
Un nom qui reste collé à une affaire

Pour ceux qui auraient raté l’épisode, petit retour en arrière. Hélydia s’est fait connaître du grand public en accusant publiquement son ex-compagnon, le streamer Fugu. Des accusations graves, relayées massivement sur les réseaux, qui lui avaient valu une vague de soutien immédiate. Plusieurs influenceurs de premier plan s’étaient rangés de son côté, dont le journaliste et streamer Samuel Étienne.

Sauf que la situation a basculé. Fugu a publié des éléments — messages, captures, témoignages — qui ont sérieusement remis en cause la version d’Hélydia. Son rôle de victime, tel qu’elle l’avait présenté, ne tenait plus la route aux yeux d’une grande partie de la communauté. Le #MeToo s’est transformé en boomerang médiatique. Et depuis, chaque apparition publique de la streameuse est systématiquement ramenée à cette affaire.
Mais visiblement, ça n’a pas refroidi tout le monde. Loin de là.
Webedia mise sur elle malgré la polémique
Le groupe Webedia vient donc d’officialiser le recrutement d’Hélydia parmi ses talents. Concrètement, l’entreprise — qui gère déjà un portefeuille de créateurs et d’influenceurs parmi les plus suivis en France — va l’accompagner pour développer son audience. Un deal classique dans le milieu, sauf que le contexte, lui, ne l’est pas du tout.

Car Webedia ne découvre pas l’affaire. Le groupe connaît parfaitement l’historique. Mieux encore : Samuel Étienne, l’un de ceux qui avaient publiquement soutenu Hélydia lors des accusations, figure lui aussi parmi les talents mis en avant par l’entreprise. Difficile de ne pas y voir une cohérence interne, voire un calcul assumé. Dans un milieu où les plaintes entre influenceurs font régulièrement la une, Webedia semble avoir tranché : la polémique n’est pas un frein, c’est presque un argument de visibilité.
Reste une question que beaucoup se posent : qu’est-il advenu de celui qui a été mis à l’écart dans cette histoire ?
Fugu, le paria qui a gardé son public
Du côté de Fugu, la situation est pour le moins paradoxale. Après la publication de ses éléments de défense, bon nombre d’acteurs du milieu l’ont tout simplement mis à l’écart. Pas d’invitation sur les plateaux, pas de collaborations, un isolement quasi total du circuit professionnel. Comme si avoir prouvé sa version des faits ne suffisait pas à effacer l’accusation initiale.
Pourtant, sa communauté n’a pas bougé. Elle a même grandi. Ses abonnés l’ont soutenu activement pendant toute l’affaire, et Fugu a su conserver — puis augmenter — son audience malgré l’ostracisme du milieu. Un peu comme certains streamers partis de rien qui construisent leur succès en marge des circuits traditionnels, Fugu a prouvé qu’on pouvait exister sans l’adoubement des gros réseaux d’influence.
Le contraste est saisissant. D’un côté, celle dont les accusations ont été démenties décroche un contrat avec un mastodonte du secteur. De l’autre, celui qui a apporté les preuves reste persona non grata dans les cercles professionnels. Le message envoyé au milieu est pour le moins ambigu.
Le business de l’influence a-t-il une mémoire ?
Ce recrutement pose une question plus large, et franchement dérangeante : dans l’économie de l’attention, la vérité pèse-t-elle vraiment face aux chiffres d’audience ? Hélydia reste controversée, certes. Mais elle génère du clic, du débat, de l’engagement. Et dans le modèle économique de Webedia, c’est précisément ce qui compte.
On l’a vu avec d’autres personnalités publiques : la polémique, même quand elle tourne au scandale, n’empêche pas le rebond professionnel. Le milieu de l’influence fonctionne sur des cycles courts. Ce qui fait scandale en janvier est oublié en mars. Et ceux qui savent surfer sur cette mémoire sélective finissent souvent par retomber sur leurs pieds. C’est un mécanisme qu’on observe aussi chez d’autres créateurs de contenu dont la notoriété repose en partie sur la controverse.
Sauf qu’ici, on ne parle pas d’un bad buzz sur une vidéo ratée ou d’un placement de produit douteux. On parle de fausses accusations qui ont failli détruire la réputation de quelqu’un. Le fait qu’un groupe comme Webedia — qui se positionne comme un acteur structurant du marché — choisisse de passer outre envoie un signal très clair au reste de l’industrie.
Ce que ça dit de l’après-#MeToo sur les réseaux
L’affaire Hélydia-Fugu avait déjà soulevé un débat brûlant à l’époque : que se passe-t-il quand un #MeToo est instrumentalisé ? Comment le milieu gère-t-il les accusations infondées une fois que la vérité éclate ? La réponse, avec ce recrutement, est désormais limpide : pas grand-chose ne change pour l’accusateur.
Les soutiens initiaux — dont Samuel Étienne — n’ont jamais vraiment fait de mea culpa public. Et aujourd’hui, accusatrice et soutien se retrouvent sous la même bannière professionnelle. De son côté, le monde du business en ligne continue de tourner, indifférent aux questions éthiques tant que les metrics suivent.
Fugu, lui, continue de streamer. Sa communauté est solide, fidèle, construite sur une épreuve partagée. Mais il n’a pas de contrat Webedia. Et dans l’industrie de l’influence française, ce détail fait toute la différence entre un créateur indépendant et un talent « structuré » avec les moyens de croître.
Le recrutement d’Hélydia par Webedia ne changera probablement rien pour elle à court terme : l’affaire continuera de la suivre dans chaque commentaire, chaque thread, chaque live. Mais il dit quelque chose de très concret sur les règles du jeu dans l’influence en 2025 : on peut mentir publiquement, être démasqué publiquement… et décrocher un contrat avec l’un des plus gros groupes du secteur quelques mois plus tard.
Et ça, c’est peut-être le vrai scandale de l’histoire.