« C’était répugnant » : 4 ans après un voyage en Inde, elle découvre 38 larves dans son cerveau
Un road trip de deux mois à travers l’Inde. Des paysages plein la tête, des souvenirs à raconter pendant des années. Sauf que Lowri Denman a ramené bien plus que des photos. Quelque chose s’était installé dans son corps, en silence. Et il a fallu attendre quatre longues années avant que le cauchemar ne commence vraiment.
Un voyage de rêve qui vire au calvaire

En 2007, Lowri Denman a 23 ans quand elle s’envole pour l’Inde. Deux mois de découvertes, de rencontres et de cuisine locale. La jeune Galloise n’est pas insouciante pour autant.
Elle connaît les risques liés à la nourriture mal cuite, surtout le porc, et aux aliments souillés. Elle fait attention à ce qu’elle mange et à ce qu’elle boit. Le séjour se déroule sans le moindre pépin.
Elle rentre chez elle, reprend sa vie normale et oublie complètement ce voyage. Rien ne cloche, aucun symptôme, aucune alerte. Le piège, lui, était déjà tendu.

Quatre ans plus tard, un ver d’un mètre
C’est en 2011 que tout bascule. Lowri expulse par hasard un ver géant de près d’un mètre, logé dans son tube digestif. Un ténia. L’image, à elle seule, donne des frissons.
Ce parasite, elle l’avait ingéré en Inde sans le savoir, quatre ans plus tôt. Le ténia se transmet notamment par la viande de porc insuffisamment cuite, un cas loin d’être isolé dans la littérature médicale.
Jusque-là, elle ne s’était doutée de rien. Mais à partir de cet épisode, son corps commence à envoyer des signaux inquiétants. Et ce qu’elle allait apprendre ensuite dépasse tout ce qu’elle imaginait.
Maux de tête, fatigue… puis l’effondrement
Les premiers symptômes arrivent vite. Migraines à répétition, épuisement permanent, un corps qui ne suit plus. Lowri sent que quelque chose ne tourne pas rond.
Puis survient une crise tonico-clonique : perte de connaissance brutale et rigidité totale du corps. Le genre d’épisode qui pousse à consulter d’urgence. Ce que les médecins vont découvrir la marquera à vie.
Le spécialiste pose enfin un diagnostic glaçant : neurocysticercose. Une infection parasitaire du cerveau, causée par les larves du ténia. Le parasite n’était pas resté sagement dans l’intestin.
38 larves logées dans le cerveau
Le verdict tombe : pas moins de 38 larves sont retrouvées dans le cerveau de Lowri. Elles avaient migré depuis son intestin, remontant jusqu’à sa tête, causant d’importants dommages sur leur passage.
« C’était tout simplement répugnant de penser que ces choses se trouvaient dans ma tête », a confié la Galloise au Daily Mail. On la comprend sans mal.
Ce type de cas fascine autant qu’il terrifie la communauté médicale. Une larve isolée dans le cerveau est déjà considérée comme un cas rarissime. Alors 38, ça relève de l’exceptionnel.
Quand la maladie s’attaque aussi à la tête… au sens propre et figuré

Les conséquences ne se limitent pas au corps. Les larves déclenchent des crises d’épilepsie à répétition. Peu à peu, Lowri ne peut plus mener une vie normale du tout.
Fini le permis de conduire, impossible de prendre un bain toute seule par sécurité. Chaque geste du quotidien devient une source d’angoisse. La peur s’installe, tenace, permanente.
La maladie physique se double alors d’une véritable psychose. Lowri déprime, devient paranoïaque, quitte son travail. Elle retourne vivre chez ses parents et reçoit des traitements psychiatriques.
Vingt ans après, la lumière au bout du tunnel
En 2015, la situation finit par se stabiliser. Un vrai soulagement, de courte durée : peu après, Lowri rechute. Le combat n’était pas terminé.
Mais aujourd’hui, près de vingt ans après ce fameux séjour en Inde, la quadragénaire va bien. Elle n’a pas subi de crise d’épilepsie depuis dix ans. Doucement, elle se reconstruit.
Son histoire rappelle celle d’autres patients dont le cerveau réserve des surprises médicales aussi improbables que dramatiques. Sauf qu’ici, tout est parti d’une simple assiette.
Un podcast pour tout raconter
Loin de vouloir enfouir ce cauchemar, Lowri a décidé d’en faire quelque chose. Elle prépare un podcast pour raconter cette incroyable aventure médicale de A à Z.
Son nom ? « 38 parasites ». Tout un programme. Une campagne de crowdfunding a même été lancée pour financer le projet.
Son message, en creux, est aussi un avertissement. Avant de partir à l’aventure, la vigilance sur la nourriture n’est jamais superflue. Et les peurs universelles sur les microbes ne sont pas toujours infondées.
Reste une réalité difficile à digérer : notre corps abrite déjà des milliards de micro-organismes. Certains sont inoffensifs. D’autres, comme le ténia, transforment un voyage de rêve en cauchemar de vingt ans.