Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Santé

Accro à la kétamine à 16 ans, elle urine des morceaux de sa propre vessie

Publié par Cassandre le 17 Juin 2026 à 14:22
Accro à la kétamine à 16 ans, elle urine des morceaux de sa propre vessie

À 22 ans, Paige Kaye a frôlé la mort. Pendant deux ans, cette jeune Britannique a consommé jusqu’à 10 grammes de kétamine par jour, dépensant près de 2 300 euros mensuels pour alimenter son addiction. Les conséquences sur son corps sont terrifiantes — et elle a décidé de tout raconter pour alerter.

De la première prise à l’engrenage quotidien

Tout commence en 2020. Paige a 16 ans et goûte la kétamine pour la première fois dans un cadre festif. L’usage reste social, occasionnel. Puis le confinement arrive et change la donne.

Jeune femme seule dans sa chambre avec signes d'addiction

Isolée chez elle, Paige augmente progressivement sa consommation. En 2022, la drogue fait partie de chaque instant de sa journée. Elle sniffe dès le réveil et continue jusque tard dans la nuit.

« Je ne pouvais jamais m’endormir s’il me restait de la ket. La première chose que je faisais le matin, c’était appeler mon dealer », confie-t-elle. Son addiction l’a enfermée dans un rituel impossible à briser.

Pour financer sa consommation, elle puise dans ses allocations sociales et ses revenus OnlyFans. À son pic, elle dépense environ 2 000 livres sterling par mois — soit l’équivalent de 2 300 euros uniquement en kétamine. Mais l’argent est le moindre de ses problèmes.

Un corps qui s’effondre de l’intérieur

Les premiers signes physiques arrivent vite. Des crampes abdominales violentes la plient en deux. Elle décrit une sensation de brûlure interne permanente. En un an, elle perd la moitié de son poids corporel.

Jeune femme souffrant de douleurs abdominales intenses

De 63 kilos, Paige chute à 35 kilos. Son corps ne résiste plus. Puis arrive le symptôme le plus effroyable : du sang dans ses urines, suivi de quelque chose qu’aucun jeune de 20 ans ne devrait vivre.

« À un moment, j’ai uriné un morceau de ma vessie. Je pense que c’était une partie que j’avais détruite », raconte-t-elle. La kétamine, à haute dose et sur la durée, attaque directement les parois de la vessie — un effet que les médecins tentent de faire connaître depuis des années.

Paige se retrouve aux urgences jusqu’à trois fois par semaine. Elle souffre d’incontinence chronique, porte des protections en permanence et prend jusqu’à sept bains par jour pour tenter de calmer la douleur. Mais le cercle vicieux est total.

La douleur qui nourrit l’addiction

Voilà le piège le plus cruel de cette addiction. La kétamine provoquait des douleurs atroces — mais Paige prenait de la kétamine pour anesthésier ces mêmes douleurs. Un cycle infernal dont elle ne trouvait pas la sortie.

« Je me retrouvais régulièrement à uriner sur moi. Je restais allongée dans mon urine », décrit-elle sans détour. À 21 ans, elle vit dans un état de dégradation physique que la plupart des gens associeraient à une fin de vie.

Voir cette publication sur Instagram

Elle voulait arrêter. Elle savait que la drogue la tuait. Mais la dépendance était plus forte que la raison. Ce mécanisme rappelle d’ailleurs d’autres affaires liées à la kétamine qui ont fait la une ces dernières années.

« Je voulais m’arrêter, mais je ne pensais pas en être capable », résume-t-elle. Il faudra un électrochoc pour que les choses changent enfin.

La peur de mourir comme déclic

En 2025, Paige prend la décision d’entrer en centre de désintoxication. Sa motivation ? La conviction qu’elle allait mourir si elle continuait. Elle y passe deux mois et demi.

Jeune femme sortant d'un centre de désintoxication

Pendant son séjour, elle est hospitalisée à cause d’un foie en souffrance. Ses analyses révèlent un dysfonctionnement hépatique sérieux. Mais ce n’est pas le seul organe touché.

Les médecins découvrent une accumulation de liquide dans ses deux reins. Paige apprend qu’elle devra subir la pose de deux sondes pour drainer ce liquide. Sa vessie, elle, porte des cicatrices et des traces de sang qui témoignent des dégâts irréversibles.

Depuis avril 2025, elle n’a pas retouché à la kétamine. Les douleurs persistent, mais elles sont bien moins violentes qu’avant. Son corps commence lentement à se reconstruire — dans la mesure du possible.

« Ne touchez même pas à cette drogue »

Aujourd’hui, Paige utilise son histoire comme un avertissement. Son message est simple et direct : la kétamine n’est pas une drogue récréative sans conséquences. Elle estime que le grand public n’a aucune idée de ce que cette substance peut faire au corps humain.

« Je dirais aux gens de ne même pas essayer. C’est trop dangereux. On ne parle pas assez de ce que ça peut provoquer », insiste-t-elle. Des douleurs chroniques, une vessie détruite, des reins à drainer, un foie fragilisé — tout ça à 22 ans.

La kétamine est un anesthésiant détourné de son usage médical. En milieu festif, elle est souvent perçue comme « moins dangereuse » que d’autres drogues dures. Le parcours de Paige prouve exactement le contraire.

Pour toute personne concernée par un problème d’addiction, des lignes d’écoute existent. En France, Drogues Info Service est joignable au 0 800 23 13 13 (appel anonyme et gratuit). Au Royaume-Uni, le service FRANK propose une aide confidentielle 24h/24.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *