Cernes tenaces depuis dix ans : elle se fait injecter de l’ADN de sperme de saumon, et un an après…

Correcteur orange, sérums au rétinol, sachets de thé froids… Une journaliste britannique avait tout essayé contre ses cernes. Rien ne bougeait. Puis une esthéticienne londonienne lui a proposé un soin injectable, prisé selon elle par des célébrités, à base d’un ingrédient pour le moins inattendu. Quatre séances plus tard, le verdict tient en une phrase, que l’on garde pour la fin.
Cuillères glacées, sachets de thé, crèmes à prix d’or : dix ans de cernes qui refusent de partir
Selon le Daily Mail, Maanya Sachdeva, rédactrice en chef adjointe lifestyle, a longtemps vécu ses cernes comme l’une de ses plus grosses complexes physiques. Elle raconte avoir tout essayé : correcteurs, sérums au rétinol, hydratantes enrichies en peptides et en céramides.
Elle a aussi sorti les astuces de grand-mère. Cuillères glacées, sachets de thé froids, crèmes éclaircissantes hors de prix, et sept heures de sommeil la plupart des nuits. Résultat : les poches sous ses yeux n’ont pas bougé d’un millimètre.
Dans ce genre de quête, on finit par tout tenter. Les soins classiques ont leurs fans, comme cette crème contour des yeux lancée en 1980, mais ils n’avaient pas suffi dans son cas.
C’est là qu’entre en scène Suzie Vaughan, esthéticienne qui a fondé SV Aesthetics sur Bond Street, à Londres, en 2018. Elle écrit à la journaliste pour lui présenter un nouveau soin injectable, que des célébrités comme Jennifer Aniston plébisciteraient.
Ses clientes, assure-t-elle, en parlent avec enthousiasme : teint transformé, cernes nettement atténués. Les résultats tiendraient jusqu’à un an. La journaliste, qui n’avait jamais touché ni au Botox ni aux fillers, est déjà prête à jeter son correcteur orange.
Reste un détail, lâché presque en passant par l’esthéticienne, qui change l’ambiance de la conversation.
Du sperme de saumon sous les yeux : ce que contient vraiment le soin à 350 £
L’ingrédient « miracle », c’est de l’ADN extrait de sperme de saumon. Les spécialistes parlent de polynucléotides, des fragments d’ADN purifiés de saumon ou de truite. Suzie Vaughan les décrit comme un soutien aux mécanismes naturels de réparation de la peau : plus de collagène, d’hydratation et d’élasticité.
La matière première viendrait des laitances, le tissu testiculaire des poissons, récupéré comme sous-produit de l’industrie alimentaire sur des saumons d’élevage. Le tout est ensuite extrait, traité et filtré pour isoler l’ADN. Rien de très glamour, mais un ingrédient déjà décliné en d’autres soins, par exemple cette crème contour des yeux au thé et à l’acide hyaluronique, version beaucoup plus douce.
Le principe diffère aussi des fameux fillers. Les produits comme Nucleofill ne comblent pas simplement un creux : ils travaillent la peau de l’intérieur. Selon l’esthéticienne, ils conviennent mieux à la déshydratation, aux ridules et au manque d’élasticité.
Elle n’en propose d’ailleurs pas, de fillers pour le sillon des larmes, en raison de résultats jugés « incertains ». Elle s’inquiète de ce qu’ils donneront quelques années plus tard sur une peau si fine. Les risques existent : grumeaux, cicatrices et, si le produit est injecté par erreur dans un vaisseau, cécité.
Côté portefeuille, la séance de polynucléotides coûte 350 £. Les fillers du sillon des larmes peuvent grimper jusqu’à 950 £, selon la quantité injectée. Autre atout cité : très peu de temps d’arrêt après le soin.
Convaincue, la journaliste réserve sa première séance, malgré la réaction horrifiée de sa mère. Les préparatifs, eux, ne sont pas anodins. Et la séance l’attendait avec une surprise.

Quinze minutes, dix injections, quatre séances : le bilan un an après
Comme pour les mèches greige qui jouent la transition en douceur, ici, pas d’effet magique du jour au lendemain. Suzie Vaughan avait prévenu : c’est un soin lent, pas une retouche express.
La séance dure environ 15 minutes, mais elle n’est pas indolore. Tatouée à plusieurs endroits, la journaliste se croyait coriace. Elle avoue avoir été vite « humiliée » par les piqûres.
Dix doses de polynucléotides sont déposées, avec une sensation de piqûre qui lui fait fermer les yeux. À l’ouverture, de petites bosses sont visibles aux points d’injection. Elles disparaîtront en 24 à 48 heures. Elle repart avec de grandes lunettes de soleil pour masquer un léger bleu. « Digne d’Hollywood », ironise-t-elle.
Le gonflement est retombé deux jours plus tard et la peau était redevenue normale en une semaine. Trois semaines après, pour la deuxième séance, la teinte violacée sous les yeux avait déjà pâli.
Et le verdict, un an après ? Hors les quatre séances, aucune retouche. Elle peut se passer de correcteur sous les yeux, même pour des rendez-vous galants, parfois. Elle dit paraître reposée pour la première fois depuis dix ans, avec seulement un soupçon de ses anciens cernes violets profonds. Un témoignage, bien sûr, pas une étude.
Ce qu’il faut savoir avant de se lancer, et ce que disent les sceptiques
Les collègues qui s’horrifiaient à l’idée d’injecter du sperme de poisson dans le visage ont dû admettre la différence. Certains envisageraient même d’essayer. Sa mère aussi reconnaît désormais une peau plus claire et plus saine, ce que la journaliste compte comme une vraie victoire.
Avant la séance, les conseils de Suzie Vaughan sont précis : pas d’alcool pendant 24 heures, pas d’anticoagulants comme l’huile de poisson trois à cinq jours avant. Il faut aussi éviter les actifs comme le rétinol ou les acides AHA/BHA deux à trois jours avant. Un bon sommeil aide la peau, même si, dans cette histoire, il ne suffisait pas : le changement d’heure bouscule justement le rythme de bien des dormeurs.
Autre précaution : les résultats varient d’une personne à l’autre. L’esthéticienne insiste pour que les attentes soient discutées dès la première consultation. Elle rappelle aussi que la peau des yeux est très sensible, et qu’elle doit être traitée avec la connaissance de son évolution, pas seulement de l’effet immédiat.
Pour finir, la routine du quotidien compte aussi : à la maison, le soin ne remplace pas l’hygiène de base, jusque dans la zone du lit que l’on oublie de laver. Et la journaliste, elle, songe déjà à reprendre rendez-vous.
Quatre séances, un an de recul et un correcteur orange relégué au fond du tiroir : l’ADN de saumon a visiblement fait ce que les cuillères glacées n’ont jamais fait. Mais d’autres idées reçues, elles, tiennent encore debout. Et si la phrase sur la maturité attribuée à Einstein n’était jamais sortie de sa plume ? Plus troublant encore, ce que 65 % des volontaires de Milgram ont accepté de faire à un inconnu en dit long sur nous.