Un ado de 15 ans traité pour asthme avait en réalité une tumeur derrière le cœur
Un essoufflement dans les escaliers. Un inhalateur prescrit sans y réfléchir à deux fois. Voilà comment tout commence pour Jude Hazard, 15 ans, dans le quartier de Silksworth, à Sunderland, en Angleterre.
Sauf que son corps n’avait rien à voir avec de l’asthme. Il cachait une masse de 8 centimètres logée juste derrière le cœur.

Un simple souffle court qui ne passe pas
Au printemps 2026, Jude commence à manquer d’air pour des gestes anodins : monter un escalier, marcher un peu vite. Son médecin généraliste pense immédiatement à de l’asthme et lui prescrit un inhalateur, comme le raconte son cousin Shaun Ward, 36 ans.
Le souci, c’est que rien ne s’arrange. Trois inhalateurs différents sont testés les uns après les autres, sans le moindre effet sur sa respiration.
Sa mère, Katie Hazard, 39 ans, décrit un adolescent totalement épanoui avant que tout ne bascule : « Jude est très apprécié et c’est un enfant très sociable. Il n’aime rien tant qu’être dehors avec ses amis, manger au restaurant et il adore la bonne nourriture. »
Un garçon qui va à la salle de sport tous les jours, insiste-t-elle, loin de l’image qu’on pourrait se faire d’un adolescent gravement malade. Mais l’essoufflement, lui, ne trompe pas indéfiniment.
Le scanner qui change tout en quelques heures
En juillet, inquiets de voir la situation stagner malgré les traitements, Katie et Daniel Hazard, 42 ans, emmènent leur fils aux urgences du Sunderland Hospital. Un scanner thoracique est réalisé dans la foulée.
Le verdict tombe immédiatement : une masse de 8 cm est visible derrière le cœur de l’adolescent. Jude est transféré en urgence, sirène hurlante, vers le Freeman Hospital de Newcastle.
C’est là que les médecins posent le vrai diagnostic. Un cancer du cœur, extrêmement rare, qui pourrait ne lui laisser que quelques mois à vivre sans intervention immédiate. Un tueur silencieux qui avait pris le temps de s’installer avant d’être repéré.
Pour la famille Hazard, l’univers bascule en une poignée d’heures. Mais le pire test allait encore venir : l’opération elle-même.

Une opération à cœur ouvert et un arrêt cardiaque
À Newcastle, les chirurgiens engagent une intervention à cœur ouvert de cinq heures pour retirer la tumeur. Pendant l’opération, Jude fait un arrêt cardiaque de deux minutes avant d’être réanimé, selon ses proches.
Les équipes médicales parviennent à retirer l’essentiel de la masse. Mais des cellules cancéreuses restent incrustées dans la paroi de l’oreillette gauche, impossibles à extraire sans risque.
Aujourd’hui, l’adolescent se remet doucement de cette chirurgie lourde. Il tente, malgré tout, de garder une vie de lycéen presque normale.
« Je me sens bien pour le moment. Je veux juste que tout redevienne normal pour que je puisse continuer à vivre ma vie comme avant. En ce moment, je profite de mon temps avec mes amis », confie Jude Hazard au Mirror.
Un cancer qui ne devrait pas exister chez un enfant
Les analyses posent un nom sur la maladie : un sarcome intimal, une forme de cancer vasculaire extrêmement rare. Selon la famille, cette tumeur ne toucherait qu’une à deux personnes sur 100 millions.
Et presque toujours des adultes. « Les médecins ont dit qu’ils n’avaient jamais vu de cas chez un enfant, ce qui montre à quel point c’est rare », explique Shaun Ward.
Faute de solution pour détruire les cellules résiduelles dans l’oreillette gauche, les équipes britanniques n’ont plus de traitement à proposer à Jude. Un peu comme d’autres cas de tumeurs rares découvertes trop tard, la maladie de Jude échappe aux protocoles habituels.
Sans prise en charge complémentaire, l’entourage du jeune homme redoute qu’il ne lui reste plus que quelques mois. Restait une seule option : regarder ailleurs.

La course contre la montre à l’étranger
Face à cette impasse médicale au Royaume-Uni, la famille Hazard se tourne vers des hôpitaux à Boston, aux États-Unis, et au Japon. Ces établissements ont été contactés mais n’ont pas encore répondu.
En attendant, Jude essaie de vivre le plus normalement possible. « Il se sent beaucoup mieux et il aime traîner avec ses amis », raconte Shaun Ward.
« En famille, nous sommes juste heureux de l’avoir découvert quand nous l’avons fait, car qui sait combien de temps encore cela aurait pu durer avant qu’il cesse de respirer », ajoute-t-il, encore marqué par la rapidité du diagnostic.
Une cagnotte GoFundMe vise 75 000 livres sterling, soit environ 88 000 €, pour financer un éventuel traitement à l’étranger. Shaun Ward se prépare aussi à relever le Three Peaks Challenge en septembre pour récolter davantage de dons.
« Nous sommes submergés par le soutien que la communauté nous a apporté ces dernières semaines. Nous espérons tous que Jude pourra bientôt revenir à une vie normale », conclut-il, porté par l’élan de solidarité autour de son cousin.