Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Santé

Cet aliment ultra-transformé serait lié à 8 300 décès cardiovasculaires par an, alertent des chercheurs

Publié par Cassandre le 17 Juil 2026 à 18:24
Chariot de supermarché rempli de produits alimentaires industriels

On les retrouve dans presque tous les placards : céréales sucrées, plats préparés, sodas, biscuits emballés. Ces produits sont devenus le pilier discret de notre alimentation quotidienne, sans qu’on y pense vraiment. Une nouvelle étude scientifique révèle pourtant l’ampleur du danger qu’ils représentent pour notre cœur.

Un fléau alimentaire qui touche toute la population

Des chercheurs du Center for Public Health Research de l’Université de Montréal ont voulu mesurer précisément l’impact des aliments ultra-transformés sur la santé cardiovasculaire. Leur constat, publié dans l’American Journal of Preventive Medicine, est sans appel.

En 2015, ces produits industriels fournissaient déjà 43,4 % des calories consommées par la population canadienne. Une proportion vertigineuse qui illustre à quel point ces aliments ont colonisé nos assiettes, souvent sans qu’on en ait vraiment conscience. Le phénomène n’est pas propre au Canada : en France aussi, la consommation de produits transformés pèse lourd dans notre budget calorique quotidien.

Le problème dépasse largement la simple question du surpoids. Ces aliments modifient en profondeur la composition du sang, augmentent la tension et favorisent l’accumulation de graisses défavorables pour le cœur. Un cercle vicieux qui touche particulièrement les jeunes générations, plus exposées que jamais à ces produits dans leur alimentation quotidienne, entre cantines scolaires modernisées et snacking généralisé.

Le chiffre qui inquiète les chercheurs

C’est en utilisant un modèle de risques comparatifs que l’équipe de recherche est arrivée à des estimations glaçantes. Selon leurs calculs, entre 23 % et 37 % des maladies cardiovasculaires seraient directement liées à la consommation d’aliments ultra-transformés.

Pire encore : entre 23 % et 38 % des décès cardiovasculaires seraient attribuables à ces produits. Concrètement, réduire de 20 % à 50 % la part de ces aliments dans notre alimentation aurait permis d’éviter entre 3 100 et 8 300 décès cardiovasculaires en 2019, uniquement au Canada.

Les chercheuses Virginie Hamel et Jean-Claude Moubarac, à l’origine de ces travaux, insistent sur un point : ce facteur de risque est « potentiellement évitable ». Une nuance importante, qui distingue ces produits industriels d’autres facteurs de risque plus difficiles à corriger, comme la génétique ou certaines vulnérabilités physiologiques face à la chaleur ou au stress.

Reste que la France n’est pas épargnée par ce phénomène. Nos rayons de supermarché regorgent des mêmes catégories de produits pointées du doigt : plats préparés, sauces industrielles, snacks salés, boissons sucrées. La proportion de calories issues de ces aliments grimpe même jusqu’à 80 % chez certains jeunes adultes au Royaume-Uni et aux États-Unis, un signal d’alarme qui pourrait bien s’appliquer ailleurs.

Personne inquiète regardant une assiette de snacks transformés

Le geste simple qui change vraiment la donne

Voici la bonne nouvelle dans cette étude par ailleurs préoccupante : il n’est pas nécessaire de tout révolutionner du jour au lendemain. Les chercheurs eux-mêmes le rappellent, une réduction progressive suffit déjà à produire des effets mesurables sur la santé cardiovasculaire, un peu comme certaines petites habitudes du quotidien qui, mises bout à bout, transforment une routine.

Remplacer un biscuit industriel par une portion de noix au goûter. Troquer une boisson gazeuse contre un yaourt grec agrémenté d’une cuillère de miel. Ce ne sont pas des sacrifices radicaux, juste des ajustements ponctuels qui, répétés dans le temps, allègent significativement la charge d’aliments ultra-transformés dans l’organisme.

Personne ne demande de renoncer définitivement à ses biscuits préférés ou à son plat préparé du dimanche soir fatigué. L’enjeu, insistent les auteurs de l’étude, c’est d’éviter que ces produits deviennent la norme quotidienne plutôt que l’exception occasionnelle.

Les maladies cardiovasculaires — infarctus, insuffisance cardiaque, accidents vasculaires cérébraux — demeurent l’une des principales causes de décès dans les pays occidentaux. Face à ce constat, les chercheurs plaident pour des interventions de santé publique plus ambitieuses, mais aussi pour une prise de conscience individuelle, à l’image de ceux qui surveillent déjà leur budget alimentaire pour d’autres raisons.

Ce n’est pas un aliment isolé qui tue, c’est l’habitude qu’on en a. Et si le vrai luxe, aujourd’hui, c’était simplement de cuisiner un peu plus souvent soi-même ?

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *