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Canicule : la boisson que tout le monde boit davantage en été aggrave la déshydratation selon les urgentistes

Publié par Cassandre le 21 Juin 2026 à 11:59

Il fait 41 °C à l’ombre, votre gorge est sèche, et vous n’avez qu’une envie : vous jeter sur une boisson bien fraîche. Logique. Sauf que le réflexe numéro un de millions de Français quand le mercure explose est précisément celui que les urgentistes déconseillent. Et non, on ne parle pas de l’eau du robinet.

Alors que la France traverse une vague de chaleur historique avec des vigilances rouges dans plusieurs départements, Santé publique France rappelle que certaines boissons du quotidien font exactement le contraire de ce qu’on attend d’elles. Elles déshydratent au lieu d’hydrater.

Le réflexe de l’été que votre corps ne supporte pas

Quand les températures grimpent, la consommation d’alcool explose en France. Bière en terrasse, rosé glacé à l’apéro, cocktails au bord de la piscine : c’est le rituel de l’été. Selon les données de l’industrie brassicole, les ventes de bière augmentent de 30 à 40 % pendant les mois d’été.

Personne buvant une bière en terrasse pendant la canicule

Le problème, c’est que l’alcool est un diurétique puissant. Il bloque la production d’ADH, l’hormone antidiurétique qui permet à vos reins de retenir l’eau. Résultat : vous urinez davantage que le volume que vous buvez. Chaque verre de bière vous fait perdre environ 350 ml de liquide en plus de ce qu’il vous apporte.

Les urgentistes le constatent chaque été dans les services d’urgence. Parmi les patients admis pour déshydratation sévère lors des pics de chaleur, une proportion importante a consommé de l’alcool dans les heures précédentes. Ce n’est pas un hasard : c’est de la physiologie pure.

Mais la bière et le rosé ne sont pas les seuls coupables. Et c’est là que ça devient vraiment contre-intuitif.

Pourquoi votre café glacé vous joue un sale tour

Le café glacé est devenu LA boisson tendance des étés français. Les ventes de café froid ont été multipliées par trois en cinq ans. Par 40 °C, un grand café glacé semble être la solution idéale : frais, stimulant, désaltérant.

Sauf qu’en grande quantité, la caféine a elle aussi un effet diurétique. Au-delà de 300 mg par jour — soit environ trois expressos ou deux grands cafés glacés — elle accélère significativement l’élimination rénale. Et quand votre corps transpire déjà un à deux litres par heure sous la canicule, ce surplus de pertes peut faire basculer l’équilibre hydrique.

Café glacé sur une table de café en plein été

L’Agence Régionale de Santé le précise dans ses recommandations estivales : en période de forte chaleur, il faut limiter le café, le thé fort et les boissons énergisantes. Ce que beaucoup ignorent, c’est que ces boissons ne remplacent pas l’eau, même quand elles en contiennent.

Le piège est redoutable : vous buvez, vous avez l’impression de vous hydrater, mais votre corps perd plus qu’il ne reçoit. Un mécanisme silencieux qui peut mener à des situations dangereuses, surtout après 60 ans.

Les boissons sucrées : le faux ami que personne ne soupçonne

Sodas, jus de fruits industriels, thés glacés sucrés : ces boissons du quotidien représentent un autre piège massif. Le sucre qu’elles contiennent — souvent 25 à 35 grammes par canette — provoque un appel d’eau dans l’intestin par effet osmotique. Votre organisme utilise de l’eau pour diluer et absorber ce sucre.

Santé publique France est claire sur ce point : les boissons très sucrées augmentent la sensation de soif et favorisent la déshydratation. Elles donnent un soulagement immédiat — la fraîcheur, le goût — mais aggravent le déficit hydrique dans l’heure qui suit.

Une étude publiée dans l’American Journal of Clinical Nutrition a comparé l’indice d’hydratation de 13 boissons courantes. L’eau plate, le lait et les solutions de réhydratation orale arrivent en tête. Les sodas et le café en grande quantité figurent parmi les moins hydratants, loin derrière l’eau du robinet.

Et il y a un effet domino que peu de gens anticipent.

Ce que la déshydratation fait réellement à votre corps par 41 °C

La déshydratation ne se résume pas à « avoir soif ». Quand vous perdez seulement 2 % de votre poids en eau, vos capacités cognitives chutent, votre tension artérielle baisse et votre rythme cardiaque s’emballe. Le cœur doit pomper plus vite pour compenser un volume sanguin réduit.

Femme âgée buvant un verre d'eau citronnée volets fermés

À 5 % de perte, c’est le coup de chaleur. La température corporelle dépasse 40 °C, les organes commencent à souffrir. Les recommandations de Santé publique France rappellent que le coup de chaleur est une urgence vitale avec un taux de mortalité de 15 à 25 % sans prise en charge rapide.

Les personnes de plus de 65 ans sont particulièrement vulnérables. Leur sensation de soif diminue naturellement avec l’âge, et leurs reins ont plus de mal à concentrer les urines. Ajouter de l’alcool ou du café à cette équation revient à jouer avec le feu — littéralement.

L’été dernier, les urgences françaises ont enregistré une hausse de 42 % des admissions liées à la chaleur par rapport à un été normal. Les médecins urgentistes constatent que dans la majorité des cas, les patients n’avaient pas bu assez d’eau. Ils avaient bu autre chose.

Comment s’hydrater efficacement quand il fait 40 °C

La première règle est brutalement simple : buvez de l’eau, même sans soif. Les recommandations officielles préconisent au minimum 1,5 litre par jour en temps normal, mais en canicule, il faut viser 2 à 2,5 litres, voire davantage si vous êtes actif ou âgé.

Quelques astuces validées par les professionnels de santé : ajoutez une pincée de sel et un filet de citron dans votre eau pour compenser les électrolytes perdus par la transpiration. Mangez des fruits riches en eau — pastèque, concombre, melon — qui apportent hydratation et minéraux.

Si vous ne pouvez pas vous passer de café, limitez-vous à une ou deux tasses le matin et compensez avec un grand verre d’eau à chaque fois. Pour l’alcool, la règle est encore plus stricte : un verre d’eau pour chaque verre d’alcool, minimum. Mais les urgentistes préfèrent être francs : par vigilance rouge canicule, l’idéal est tout simplement d’éviter l’alcool.

Pensez aussi à fermer vos volets et à rafraîchir votre logement pour réduire votre transpiration. Moins vous transpirez, moins vous avez besoin de compenser.

Et si vous ressentez des maux de tête, des vertiges ou une fatigue inhabituelle en pleine chaleur, ne cherchez pas : posez la bière, posez le café glacé, et buvez un grand verre d’eau fraîche. Votre corps vous le rendra.

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