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Barilla, Lustucru, Panzani : 80% des pâtes contiennent du cadmium, révèle 60 Millions de consommateurs

Publié par Cassandre le 31 Août 2026 à 20:04
Pâtes sèches renversées sur un plan de travail

Deux tiers des Français mangent des pâtes au moins une fois par semaine. Un plat simple, économique, plébiscité par les enfants comme par les adultes pressés. Mais derrière ce réflexe du quotidien se cache un invité surprise : le cadmium, un métal lourd classé cancérogène. Le magazine 60 Millions de consommateurs a passé au crible 36 références de penne et spaghetti, et le résultat inquiète.

Une enquête qui vise les marques les plus vendues

Pour son numéro de rentrée, 60 Millions de consommateurs a testé 36 paquets de pâtes, conventionnelles et bio, standard ou complètes, sans gluten ou enrichies en protéines. Les grandes enseignes du rayon y passent : Barilla, Lustucru, Panzani, Rummo. Résultat : 29 paquets sur 36 affichent des taux de cadmium supérieurs à ceux mesurés au printemps dernier dans les flocons d’avoine.

Les seuils légaux ne sont pas franchis, précise l’étude. Mais les écarts entre produits sont frappants. Cinq références de penne écopent de la pire note, dont deux Barilla à 0,066 mg/kg. Côté spaghetti, ce sont les Barilla au blé complet qui grimpent le plus haut, à 0,071 mg/kg. Une logique s’explique facilement : le cadmium s’accumule dans l’enveloppe externe du grain, ce qui pénalise mécaniquement les produits complets, réputés plus sains.

À l’inverse, les penne Marque Repère (E.Leclerc) et U s’en sortent sans trace de cadmium détectée. Les pâtes sans gluten restent globalement épargnées, sauf la référence Combino de Lidl, à 0,058 mg/kg. Mais elles déçoivent ailleurs : peu de fibres, peu de protéines, et une liste d’additifs qui s’allonge, un revers déjà pointé par d’autres enquêtes de consommation sur les produits « sans ».

D’où vient vraiment ce cadmium dans nos assiettes

Le cadmium n’est pas un ajout industriel volontaire. C’est un métal présent naturellement dans les sols, mais dont la concentration grimpe avec l’agriculture intensive et l’industrie. Le blé dur, matière première des pâtes, y est particulièrement exposé. Dans une étude publiée en mars dernier, l’Anses rappelle que l’alimentation représente jusqu’à 98% de l’exposition au cadmium chez les non-fumeurs.

Un facteur aggravant a été identifié : les engrais phosphatés. L’Anses réclame de plafonner leur teneur en cadmium à 20 mg par kilo. Or la réglementation européenne autorise jusqu’à 60 mg/kg, et la norme française grimpe même à 90 mg/kg. Un écart de marge qui laisse filer bien plus de métal lourd dans les champs que ce que l’agence sanitaire juge acceptable.

Le cadmium est officiellement « classé comme cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction », selon l’agence. Sa dangerosité grimpe encore lorsqu’il se combine à des pesticides ou des mycotoxines, ces toxines produites par certains champignons présents sur les céréales. Une accumulation de risques qui rappelle d’autres alertes récentes sur la sécurité des produits du quotidien, ou sur les tensions actuelles sur la chaîne alimentaire française.

Femme inquiète lisant l'étiquette d'un paquet de pâtes

Le vrai danger, c’est le cumul dans l’assiette

Pour Patricia Chairopoulos, cheffe de rubrique alimentation chez 60 Millions de consommateurs, il n’y a « pas de risque immédiat ». Le vrai souci, dit-elle, tient à l’empilement des sources. Des céréales le matin, du pain le midi, des pâtes le soir : l’exposition grimpe sans qu’on s’en rende compte, jour après jour.

Les enfants sont les plus exposés. Selon l’étude de l’Anses, la dose journalière tolérable de cadmium est dépassée chez 23 à 27% des enfants en France. Un chiffre qui interpelle, sachant que les pâtes figurent parmi leurs aliments préférés, consommées bien plus régulièrement que chez les adultes.

La parade proposée reste simple : varier les marques, alterner les céréales, et remplacer parfois les pâtes par des légumineuses. L’enquête pointe aussi un autre problème, plus discret : 22 références sur 36 ne précisent aucune origine claire pour leur blé dur. Impossible donc, pour le consommateur, de savoir d’où vient réellement son paquet de spaghetti, ni dans quelles conditions il a poussé.

Un paquet de pâtes, un geste anodin au supermarché, et pourtant un vrai casse-tête de traçabilité. La prochaine fois que vous remplirez votre chariot, un coup d’œil à l’étiquette ne sera peut-être plus si superflu.

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