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À 60 ans, cette femme cache dans son intestin quelque chose qui s’y forme depuis sa naissance

Publié par Cassandre le 02 Août 2026 à 8:45
Elle vomit sans arrêt à 60 ans : les médecins découvrent une masse formée depuis sa naissance

Elle a mal au ventre, elle vomit, elle n’en peut plus. Cette femme de 60 ans débarque aux urgences persuadée d’avoir une gastro carabinée ou une intoxication alimentaire.

Le scanner va révéler tout autre chose : une occlusion intestinale, un blocage qui empêche aliments, liquides et gaz de circuler normalement. Rien d’anodin, il faut opérer en urgence.

Ce que le scanner ne pouvait pas deviner

Sur la table d’opération, les chirurgiens tombent sur un bloc calcifié de 4 cm sur 3,5 cm, coincé dans son intestin. La taille d’une petite prune, mais version pierre.

Son cas, publié dans le British Medical Journal en 2020, va intriguer toute la communauté médicale. Car ce calcul ne s’est pas formé en quelques semaines. Il était là depuis 60 ans.

Interrogée sur ses antécédents, la patiente lâche un détail crucial : à seulement 6 jours de vie, elle a subi une opération pour une malformation présente dès la naissance, une atrésie jéjunale. Une partie de son intestin grêle était tout simplement absente à la naissance.

Un geste chirurgical vieux de six décennies

Sans cette opération néonatale, le bébé n’aurait jamais pu digérer correctement. Les chirurgiens avaient dû reconnecter les deux bouts d’intestin séparés par la malformation.

La technique utilisée s’appelle une anastomose latéro-latérale. Concrètement, les deux segments d’intestin ont été disposés côte à côte et reliés en un point de chevauchement, un peu comme deux tuyaux qu’on soude sur une partie de leur longueur plutôt que bout à bout.

Le Dr Shant Shekherdimian, chirurgien pédiatrique à l’Université de Californie à Los Angeles, a expliqué au média Live Science pourquoi ce montage pose problème sur le long terme. « Une partie du chevauchement est inutile. Elle est simplement là, inerte », détaille-t-il.

Chirurgien tenant un calcul intestinal calcifié

Le piège invisible qui grossit depuis l’enfance

Ce segment inerte n’a plus les mêmes nerfs ni la même capacité de propulsion qu’un intestin sain. Résultat : pendant des décennies, des résidus alimentaires s’y sont accumulés sans jamais pouvoir être évacués.

Une véritable poche s’est formée, année après année, absorbant les liquides qui y transitaient. « Lorsque ces débris s’accumulent et absorbent les liquides, des calculs ou des substances ressemblant à des calculs peuvent se former », précise le Dr Shekherdimian.

Un mécanisme qui rappelle d’autres découvertes insolites cachées dans le tube digestif humain, où le corps peut abriter des objets ou des masses pendant des années sans que personne ne s’en aperçoive.

Un jour, la poche a fini par comprimer le reste de l’intestin fonctionnel. C’est cette compression qui a provoqué la nouvelle occlusion, celle qui a envoyé la patiente aux urgences six décennies plus tard.

Un cas unique jamais documenté auparavant

« À notre connaissance, il s’agit du premier cas rapporté d’occlusion intestinale avec formation d’un gros calcul 60 ans après la réparation d’une atrésie jéjunale », écrivent les auteurs du rapport dans leur publication scientifique.

Patiente soulagée après son opération à l'hôpital

La bonne nouvelle : après cette seconde opération, tous les symptômes de la patiente ont disparu. Elle peut enfin manger sans craindre le pire.

Mais le Dr Shekherdimian tient à alerter sur un point précis. Ce type de chirurgie réalisée sur un nourrisson ne doit jamais être considéré comme une solution définitive. « Bien souvent ce n’est pas le cas », insiste-t-il.

Le message pour les familles concernées par ce type de malformation congénitale est limpide : un suivi médical rigoureux sur le long terme reste indispensable, même des dizaines d’années après l’intervention initiale.

Le chirurgien recommande aussi aux équipes médicales de laisser le moins de tissu intestinal non fonctionnel possible lors de ce type d’opération. Une précaution simple qui pourrait éviter à d’autres patients de revivre, des décennies plus tard, ce scénario digne d’un véritable cas d’énigme médicale.

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