« Je croyais que c’était mon lait qui montait » : à 24 semaines de grossesse, ce symptôme cachait un cancer stade 3

Une grossesse, ça chamboule le corps de mille façons. Alors quand Alex Cheshire-Round sent son sein durcir à 24 semaines, elle ne s’inquiète pas vraiment. Elle a déjà vécu ça avec son premier enfant, et pense simplement que son lait arrive en avance. Sauf que cette fois, la réalité était bien plus grave que ce qu’elle imaginait.
Un symptôme qu’elle a mis des jours à faire vérifier
Tout commence en pleine nuit, le 21 mai, quand Alex Cheshire-Round, 29 ans, se retourne dans son lit et sent une zone dure sur son sein droit. Cette mère originaire de Nuneaton, dans le Warwickshire, travaille dans la vente et attend son deuxième enfant avec son mari Tom, ingénieur de 31 ans. Le couple a appris la nouvelle grossesse en décembre 2025, à peine quelques mois après la naissance de leur fils Ronnie.
Comme elle avait déjà eu des montées de lait précoces à 18 semaines lors de sa première grossesse, Alex se dit que le scénario se répète. Elle hésite, comme beaucoup de femmes qui craignent de se justifier pour rien auprès d’un médecin. C’est finalement son mari Tom qui la pousse à consulter, cinq jours plus tard, le 26 mai.
Ce délai, aussi court soit-il, illustre un vrai problème : les femmes enceintes attribuent souvent leurs symptômes à la grossesse elle-même. Un réflexe qui peut coûter cher, comme le montrent aussi d’autres signaux du corps trop souvent ignorés par manque d’information.
Le diagnostic tombe : un cancer du sein de stade 3
La mammographie a lieu début juin au George Eliot Hospital. Les médecins repèrent des ganglions lymphatiques enflés et réalisent une biopsie. Une semaine plus tard, le verdict tombe : au moins un cancer de stade 2, nécessitant des examens complémentaires plus poussés.
Le 9 juillet, après une IRM et un scanner, la nouvelle se précise et s’aggrave : c’est bien un cancer du sein de stade 3. Bonne nouvelle partielle dans ce contexte glaçant, la maladie n’a pas atteint le cœur, le foie ni les poumons, même si un scanner corps entier n’a pas pu être réalisé à cause de la grossesse.
Alex se souvient avoir été particulièrement inquiète en apprenant qu’on ne propose normalement pas de mammographie aux femmes de moins de 40 ans. Un examen ne lui a finalement été proposé qu’après inspection physique de la zone suspecte. Un détail qui rappelle à quel point certains protocoles médicaux peinent à s’adapter aux cas atypiques.
Deux jours avant son opération, coup dur supplémentaire : Alex reçoit un diagnostic de diabète gestationnel, nécessitant une surveillance stricte de sa glycémie. Elle subit ensuite une intervention à l’hôpital de Coventry pour retirer une tumeur de 5 centimètres ainsi que des ganglions sous le bras droit.

Un accouchement en urgence cinq minutes après l’opération
À peine cinq minutes après son réveil de l’intervention chirurgicale, le bébé montre des signes de détresse. Alex est remise sous anesthésie en urgence, et sa fille Lexi naît à 13h57, à 33 semaines de grossesse, pesant 2,2 kilos. La petite est aussitôt transférée en unité de soins spéciaux, placée sous oxygène et nourrie par sonde.
Alex quitte l’hôpital le 18 juillet, tandis que Lexi est transférée deux jours plus tard vers un établissement plus proche du domicile familial, facilitant les visites de sa mère. Une organisation logistique qui rappelle celle que doivent affronter tant de familles confrontées à une épreuve médicale soudaine.
Le contexte se révèle encore plus complexe : Alex a déjà combattu la maladie enfant, traitée par 30 mois de chimiothérapie à l’âge de 4 ans pour un lymphome lymphoblastique. Ce passé médical a motivé un dépistage génétique après ce nouveau diagnostic. Elle confie aujourd’hui redouter de ne pas voir grandir ses deux enfants, tout en essayant de savourer chaque instant présent plutôt que de se projeter dans un avenir incertain.
La jeune maman attend désormais de savoir quel traitement suivra, la chimiothérapie semblant probable. Elle appelle toutes les femmes enceintes à ne jamais minimiser un changement inhabituel du corps, même en pleine grossesse : mieux vaut vérifier deux fois que regretter une fois. Un message d’autant plus fort qu’il vient d’une femme qui a déjà affronté le poids d’un diagnostic bouleversant dans sa famille.
Une dureté au sein, un doute vite balayé, un diagnostic qui change tout : l’histoire d’Alex rappelle qu’aucun symptôme ne mérite d’être ignoré, même — surtout — pendant une grossesse. Et vous, connaissez-vous vraiment les signes qui doivent alerter ?