Piquée par une tique en pleine nature, elle contracte un virus rare qui menace le cerveau

Une promenade en pleine nature, un moment de détente… et puis tout bascule. En Belgique, une femme a été mordue par une tique lors d’une simple sortie en extérieur. Quelques jours plus tard, le diagnostic tombe : elle a contracté un virus rare, capable dans certains cas de s’attaquer directement au cerveau.
Une morsure anodine, un diagnostic qui inquiète
Tout commence par une balade comme tant d’autres. La chaîne locale RTV a d’abord relayé l’information, confirmée ensuite par l’Agence flamande en charge des soins le 5 août. Une morsure de tique, en apparence banale, s’est transformée en infection au virus de l’encéphalite à tiques.
Selon Joris Moonens, porte-parole de l’agence, il s’agit du quatrième cas recensé en Belgique depuis le début de l’année. Trois autres contaminations avaient déjà été enregistrées en 2025, rapporte Le Soir. Le responsable sanitaire tient à rassurer : ce type d’infection reste un phénomène sporadique dans le pays.
Mais la tendance inquiète davantage côté français. En France, 62 cas ont été signalés en 2024, une nette hausse par rapport aux années précédentes.
Cette progression n’est pas sans lien avec le réchauffement climatique et l’extension des zones à risque, un phénomène qui touche aussi d’autres équilibres naturels, comme le montre la perte massive d’arbres en France chaque année.
Une chaleur persistante, comme celle observée lors de la quatrième vague de chaleur de juillet 2026, favorise justement la prolifération de ces parasites.
Pourquoi cette maladie inquiète les autorités sanitaires
Face à cette progression, l’encéphalite à tiques a rejoint en 2021 la liste des maladies à déclaration obligatoire en France. Concrètement, chaque médecin qui détecte un cas doit le signaler aux autorités sanitaires. L’objectif : suivre l’évolution de la maladie dans le temps et ajuster les politiques de santé publique en conséquence.
Il existe aujourd’hui 38 maladies soumises à cette obligation de signalement en France. « L’objectif de cette inscription est de suivre l’évolution des épidémies dans le temps et de mettre en place des politiques de santé publique adaptées », souligne Santé publique France.
Cette vigilance accrue s’explique par la nature sournoise de l’infection. Après une incubation d’une à deux semaines, la maladie débute brutalement : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires et articulaires. Rien qui alerte immédiatement, un peu comme d’autres signaux de santé sous-estimés qu’on néglige trop souvent.

Le vrai danger se cache dans les complications neurologiques
C’est là que réside le véritable enjeu de cette maladie encore mal connue du grand public. Dans 20 à 30 % des cas, le virus franchit une étape supplémentaire : il atteint le système nerveux et provoque une encéphalite, c’est-à-dire une inflammation du cerveau.
Les conséquences peuvent alors être sévères : paralysie, troubles de la conscience, convulsions, voire coma dans les formes les plus graves. Un tableau clinique qui rappelle à quel point certains virus, comme d’autres signes neurologiques précoces souvent ignorés, méritent une attention immédiate dès les premiers symptômes.
Bonne nouvelle relative : avec la souche européenne du virus, les décès demeurent rares. Mais certains patients conservent des séquelles durables, parfois handicapantes. Le problème, c’est qu’aucun traitement antiviral spécifique n’existe à ce jour contre l’encéphalite à tiques. La prise en charge médicale se limite à soulager les symptômes, ce qui replace la prévention au cœur de la stratégie sanitaire.
Une piqûre de tique en pleine nature n’est jamais totalement anodine, même si le risque reste statistiquement faible. Vérifier sa peau après chaque promenade en forêt ou dans les hautes herbes reste le geste le plus simple pour éviter que le pire des scénarios ne se réalise.