Transplantation inédite de vessie : il n’avait pas uriné depuis 7 ans, cette opération a changé sa vie


Imaginez ne plus pouvoir uriner. Pendant sept ans. C’est ce qu’a vécu Oscar Larrainzar, un Américain de 41 ans, après un cancer dévastateur. Le 4 mai 2025, une équipe de chirurgiens de Los Angeles a tenté l’impossible : lui greffer une vessie humaine, une opération que personne n’avait jamais osé réaliser. Et ce qui s’est passé au réveil a sidéré jusqu’aux médecins eux-mêmes.
7 ans sous dialyse : pourquoi aucune solution n’existait pour Oscar Larrainzar
Le parcours d’Oscar commence par un diagnostic brutal. Un cancer lui impose l’ablation de ses deux reins et de la quasi-totalité de sa vessie. À 34 ans, il bascule sous dialyse. Son quotidien devient un enchaînement de séances, de fatigue chronique et d’impasses médicales.
Car sans vessie fonctionnelle, les options sont limitées. Les chirurgiens reconstituent habituellement un réservoir à partir de segments intestinaux, ou posent une dérivation vers une poche externe. Des solutions d’urgence, pas de confort. Complications fréquentes, infections, qualité de vie dégradée. Pour Oscar, même ces palliatifs ne suffisaient plus.
La greffe de vessie, elle, restait un fantasme chirurgical. La vascularisation complexe du bassin, les risques de rejet, l’absence totale de précédent chez l’humain : tout décourageait les équipes. Des avancées récentes à l’UCLA en matière de dépistage avaient pourtant montré que cet hôpital n’avait pas peur de repousser les frontières. Et c’est exactement ce qui allait se passer.
8 heures de chirurgie : comment l’UCLA a réussi la première greffe de vessie humaine
Au Ronald Reagan UCLA Medical Center, le Dr Nima Nassiri et son équipe préparent cette intervention depuis quatre ans. Quatre années de recherche pour mettre au point une technique de connexion entre un rein greffé et une vessie transplantée. Le jour J, l’opération dure huit heures.
Le protocole est en deux temps. D’abord le rein, prélevé sur un donneur. Puis la vessie, reliée au rein par la technique inédite développée par l’équipe. Selon la UCLA Newsroom, le rein a immédiatement commencé à produire de l’urine, évacuée sans obstruction par la nouvelle vessie. La dialyse a été stoppée dès la fin de l’intervention.
À lire aussi
Un détail organisationnel a joué un rôle clé : à l’UCLA, le service de transplantation rénale est intégré au département d’urologie. Cette configuration rare a permis de réunir toutes les compétences autour d’un même patient, du bilan préopératoire jusqu’au suivi post-greffe. Sans cette synergie, ce type de prouesse médicale serait resté théorique.

Greffe de vessie : ce que les chirurgiens ne maîtrisent pas encore
La médecine progresse vite, mais cette première mondiale ne résout pas tout. Premier obstacle majeur : la vessie greffée n’a pas été transplantée avec ses nerfs. Sans cette innervation, la continence à long terme reste incertaine. Oscar pourrait ne jamais retrouver une vidange entièrement autonome.
Ensuite, comme pour toute transplantation, un traitement immunosuppresseur à vie est indispensable. Avec son lot d’effets secondaires : infections opportunistes, complications métaboliques, et un risque de réactivation cancéreuse chez un patient déjà fragilisé par un cancer antérieur. Les médecins de l’UCLA souhaitent lancer des essais cliniques pour affiner les critères de sélection des futurs candidats.
Malgré ces zones d’ombre, le signal est puissant. Pour les patients en impasse thérapeutique — vessie détruite, reconstruction impossible —, cette procédure pourrait un jour devenir une alternative viable. Le Dr Nassiri et son équipe le savent : ils n’ont pas encore écrit la norme, mais ils ont ouvert la porte.
Oscar Larrainzar urine à nouveau. Après sept ans. Une phrase banale qui résume pourtant l’une des avancées urologiques les plus spectaculaires de la décennie. Et si demain, cette greffe devenait aussi courante qu’une transplantation rénale ? La route est longue, mais le premier pas vient d’être fait à Los Angeles.