Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Santé

Légionellose en Savoie : une troisième victime après une contamination du réseau d’eau

Publié par Cassandre le 19 Août 2026 à 19:12

Une bactérie invisible, transportée par l’eau, a fait un troisième mort en Savoie. La victime avait plus de 80 ans. Depuis début juin, le département vit au rythme d’une épidémie de légionellose qui inquiète les autorités sanitaires.

Couple âgé inquiet vérifiant l'eau du robinet chez eux

Ce mardi, l’Agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes a confirmé ce nouveau décès. Un bilan qui s’alourdit et relance les investigations dans tout le bassin de Chambéry.

Une maladie qu’on attrape en respirant, pas en buvant

La légionellose n’est pas une intoxication classique. On ne l’attrape pas en avalant de l’eau contaminée, mais en inhalant de minuscules gouttelettes chargées de la bactérie légionelle.

Douches, climatisations, tours de refroidissement, réseaux d’eau chaude : tous ces systèmes peuvent devenir des foyers si l’eau stagne à une température propice à la prolifération bactérienne. Un mécanisme discret, presque invisible, mais redoutable.

Contrairement à d’autres pathologies liées à l’eau, celle-ci n’est pas contagieuse. Un malade ne transmet rien à son entourage, ce qui complique encore le travail des enquêteurs pour remonter à la source.

46 cas en deux mois et demi, un bilan qui interroge

Entre le 1ᵉʳ juin et le 14 août, 46 cas ont été déclarés aux autorités sanitaires savoyardes. Les personnes touchées avaient entre 26 et 91 ans, un spectre d’âge large qui ne laisse personne totalement à l’abri.

Sur ces 46 malades, 44 ont dû être hospitalisés pour des complications respiratoires. La légionellose s’attaque en effet directement aux poumons, provoquant une forme sévère de pneumonie.

La bonne nouvelle, c’est que la « plus grande partie » des patients est aujourd’hui guérie et de retour chez elle, précise l’ARS. Mais pour trois d’entre eux, tous âgés de plus de 80 ans, l’issue a été fatale.

Technicien inspectant des canalisations d'eau à Chambéry

Le réseau d’eau privé pointé du doigt

C’est l’élément le plus troublant de ce bilan : deux des trois décès, dont le tout dernier enregistré, sont directement liés à une contamination du réseau d’eau privé. Autrement dit, une installation individuelle, pas le réseau public.

Ce détail change la donne pour l’enquête. Il oriente les investigations vers des équipements domestiques ou semi-collectifs, plus difficiles à surveiller qu’un réseau municipal classique.

Des investigations épidémiologiques et environnementales sont toujours en cours pour identifier précisément l’origine de la contamination, notamment dans le bassin de Chambéry où vit ou a transité la grande majorité des personnes touchées.

Ce n’était pas la première fois cette année

La Savoie n’en est pas à son premier épisode. En septembre 2025, deux personnes atteintes de légionellose étaient déjà décédées dans la région d’Albertville, à quelques dizaines de kilomètres de Chambéry.

Deux clusters distincts en moins d’un an dans le même département, cela pose forcément question sur la vulnérabilité de certaines installations locales face à cette bactérie.

Une maladie loin d’être rarissime en France

À l’échelle de la région Auvergne-Rhône-Alpes, l’ARS recense habituellement entre 200 et 400 cas de légionellose par an. Le chiffre peut surprendre, tant cette maladie reste méconnue du grand public.

Le taux de mortalité, lui, avoisine les 10 % des cas déclarés. Un chiffre qui explique la vigilance immédiate des autorités dès qu’un cluster comme celui de Savoie se dessine.

Vue aérienne de Chambéry en Savoie au coucher du soleil

D’autres alertes sanitaires liées à l’eau ou à des bactéries résistantes ont récemment fait la une, comme cette amibe résistante au chlore qui inquiète aussi les spécialistes des réseaux d’eau potable. De quoi rappeler que la qualité de l’eau, même en France, reste un sujet de vigilance constante, comme le montre également le cas de cette bactérie mangeuse de chair détectée dans des eaux de baignade à l’étranger.

En attendant les conclusions de l’enquête, l’ARS maintient sa surveillance renforcée sur le bassin de Chambéry. Les résultats des analyses environnementales devraient permettre, dans les prochaines semaines, d’identifier avec certitude la source exacte de cette contamination qui aura déjà coûté la vie à trois personnes.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *