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Il perd sa mâchoire en poursuivant un voleur : reconstruite avec l’os de sa jambe après 11 opérations

Publié par Cassandre le 04 Juil 2026 à 9:08
Il perd sa mâchoire en poursuivant un voleur : reconstruite avec l'os de sa jambe après 11 opérations

Une nuit de sortie à São Paulo, un scooter qui passe, un téléphone arraché des mains. Jusque-là, rien d’extraordinaire, ce genre de vol arrive tous les jours dans les grandes villes du monde entier.

Sauf qu’André Gayoso, 35 ans, a décidé de courir après le voleur. Cette décision de quelques secondes allait lui coûter sa mâchoire, treize jours de coma, et déclencher une reconstruction chirurgicale digne d’un roman.

Ce qui s’est passé ensuite dépasse l’entendement : une partie de sa jambe a littéralement servi à reconstruire son visage.

Une course-poursuite qui vire au drame en quelques secondes

En octobre 2022, André Gayoso attend son Uber après une soirée en boîte. Un cycliste surgit et lui arrache son téléphone des mains. Par réflexe, il se lance à sa poursuite, comme tant d’histoires qui basculent en une fraction de seconde.

Un barman lui tend un manche à balai pour l’aider à rattraper le voleur. André se souvient vaguement avoir essayé de s’en servir comme d’une lance pour viser la roue du vélo.

Mais la rue est en pente, des passants remontent, il tente d’éviter la foule. Il trébuche et s’écrase la mâchoire sur une barre métallique posée devant une boutique, censée protéger la vitrine des cambrioleurs.

Le choc est d’une violence inouïe. André tombe dans le coma pendant 13 jours. Sa mâchoire inférieure est brisée, il perd six dents et 20 kilos de masse musculaire pendant son coma. Une histoire qui rappelle à quel point certains événements imprévisibles peuvent transformer une vie en un instant.

La reconstruction : quand la jambe répare le visage

À son réveil, André ne peut plus parler. Il a perdu une partie de sa mâchoire et de sa bouche, et ne peut plus bouger normalement. Une situation traumatisante qui aurait pu briser n’importe qui.

Les chirurgiens tentent d’abord une greffe de peau prélevée sur son avant-bras gauche. Elle échoue. Il faut alors reconstruire 7 centimètres d’os manquants dans son menton.

La solution : prélever de l’os dans son péroné, l’os fin situé sur le côté de la jambe. L’opération dure 11 heures. Une prouesse chirurgicale qui rappelle que le corps humain regorge de ressources insoupçonnées, un peu comme certaines découvertes scientifiques inattendues capables de bouleverser des certitudes.

Des dents prothétiques sont ensuite insérées, suivies de trois autres opérations de chirurgie plastique pour réduire sa bouche, devenue trop large après la reconstruction. Pendant onze mois, il doit même porter une trachéotomie pour continuer à respirer entre chaque intervention. Onze opérations en tout, jusqu’à la dernière en décembre 2025. Et l’histoire ne s’arrête pas là.

Paire de lunettes de soleil intacte sur plateau médical

Le détail le plus improbable de toute cette histoire

Quand sa mère vient le voir en soins intensifs, elle lui rapporte ses affaires personnelles : sa montre, ses chaussures. Son pantalon et sa chemise, eux, ont dû être découpés pour les soins d’urgence, comme tant d’objets abîmés lors d’un accident grave.

Puis elle lui tend ses lunettes de soleil. Sans une seule rayure. André est le fondateur d’une marque de lunettes, AAGYO, qu’il était justement venu promouvoir à São Paulo ce soir-là.

Le seul objet à avoir survécu intact à la chute, c’est précisément celui qu’il fabrique lui-même. Il testera plus tard leur solidité en roulant carrément dessus en voiture : elles ne cassent toujours pas.

Aujourd’hui, André doit encore gérer les séquelles. Sa lèvre, reconstruite avec de la peau de jambe, nécessite un traitement laser pour détruire les follicules pileux qui y ont poussé, puis une micropigmentation pour lui redonner sa couleur naturelle. Il a aussi perdu beaucoup de cheveux, le stress cumulé des onze opérations ayant épuisé son organisme. Une réalité médicale méconnue que peu de patients anticipent avant de subir autant d’interventions successives.

Malgré tout, il continue de développer sa marque de lunettes, qui compte désormais trois modèles, avec l’ambition d’en sortir de nouveaux cette année.

André résume son état d’esprit avec une simplicité désarmante : il ne voit pas forcément la lumière au bout du tunnel, mais il choisit de l’imaginer. Une leçon de résilience qui vaut largement plus qu’une paire de lunettes increvable. Et vous, auriez-vous couru après le voleur ?

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