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Cette moisissure accusée d’avoir tué les fouilleurs de Toutânkhamon vit peut-être déjà dans votre douche

Publié par Cassandre le 08 Juil 2026 à 18:48
Joint de douche en silicone envahi de moisissure noire

Tu as sûrement entendu parler de la malédiction de Toutânkhamon, cette histoire qui a terrifié le monde entier dans les années 1920. Des archéologues morts les uns après les autres, une tombe maudite, un pharaon vengeur.

L’exposition Toutânkhamon : son tombeau et ses trésors revient à Paris Expo Porte de Versailles du 3 juillet au 6 septembre 2026, et remet le mythe sur le devant de la scène. Sauf que la vraie explication n’a rien de surnaturel. Et elle pourrait bien se cacher dans un endroit que tu croises tous les matins : ta salle de bain.

Une tombe fermée pendant près de 3000 ans

En 1922, l’archéologue Howard Carter ouvre une chambre funéraire restée close depuis l’Antiquité. À l’intérieur, des offrandes organiques, des textiles, une atmosphère confinée et humide pendant des siècles. Un terrain de jeu parfait pour les micro-organismes.

Sans ventilation ni lumière, le caveau a fonctionné comme un incubateur géant. Quand l’équipe de Carter pénètre enfin dans les chambres, elle soulève une poussière saturée de spores fongiques, irritante pour les yeux et les voies respiratoires. Ce n’est pas très différent, en réalité, de ce qui se passe derrière certains murs mal isolés chez nous, quand l’humidité stagne sans jamais pouvoir s’évacuer.

Le 5 avril 1923, quelques mois après l’ouverture officielle du 26 novembre 1922, le mécène Lord Carnarvon meurt au Caire. La presse s’emballe immédiatement et parle de sort jeté par le pharaon. Une histoire plus vendeuse, forcément, qu’une explication microbiologique.

Mais Carnarvon était déjà fragilisé par un accident de voiture survenu en 1901, et son organisme affaibli a mal encaissé une exposition massive à ces spores. Rien de mystique, donc, malgré ce que les générations précédentes ont pu croire pendant des décennies.

Le vrai coupable a un nom scientifique

Les médecins et microbiologistes pointent aujourd’hui du doigt un genre bien précis de champignon : l’Aspergillus. Un texte inspiré des travaux de microbiologie sur le sujet est sans appel : « la mort des égyptologues dans les années 1920 n’a rien de mystique. Le coupable est l’Aspergillus niger, un champignon filamenteux redoutable ».

L’Institut Pasteur confirme que les Aspergillus sont des champignons environnementaux dont les spores s’inhalent simplement en respirant. Chez les personnes immunodéprimées ou souffrant d’une maladie pulmonaire chronique, ils peuvent déclencher une aspergillose invasive, une infection sérieuse. L’institut est formel sur la gravité : « L’aspergillose pulmonaire invasive est la troisième cause d’infection fongique invasive en France avec un taux de mortalité élevé, situé entre 50 et 80% ».

De quoi relativiser sérieusement la thèse de la malédiction pharaonique. Ce n’est pas un esprit vengeur qui a frappé les fouilleurs, mais un organisme minuscule, capable de proliférer partout où l’air stagne. Un peu comme ces phénomènes qu’on découvre parfois sans les voir venir, tapis dans notre environnement quotidien. Et c’est là que l’histoire prend un tournant très concret pour ton quotidien à toi.

Personne surprise en examinant les joints de sa douche

Le même champignon prospère dans ta salle de bain

Voici le twist : ces mêmes champignons adorent un décor bien plus banal que les pyramides. Les joints en silicone de ta douche, dès qu’ils restent humides trop longtemps, deviennent un habitat idéal pour l’Aspergillus.

Dans une salle de bain mal ventilée, le taux d’humidité dépasse souvent les 60 %, exactement le seuil que ces moisissures apprécient. Les joints entre le mur et le receveur, ou autour d’une douche à l’italienne, finissent par se décoller ou noircir sous l’effet de l’humidité stagnante.

DERFA, spécialiste de la détection de fuites, rappelle que ces défauts d’étanchéité laissent l’eau s’infiltrer derrière le carrelage. Résultat : auréoles, moisissures cachées, et parfois même une détérioration du plafond chez le voisin du dessous. Un scénario qui rappelle furieusement les problèmes qu’on découvre lors d’une visite immobilière, quand certains défauts restent invisibles au premier coup d’œil.

Pour casser cette « malédiction » version 2026, deux gestes suffisent : bien sécher la salle de bain après chaque douche, grâce à une aération ou une VMC efficace, et refaire les joints silicone tous les deux à trois ans. L’ANSES précise d’ailleurs que l’eau de Javel décolore surtout la moisissure sans l’éliminer vraiment. Un nettoyage mécanique prolongé, complété si besoin par des produits oxygénés, reste bien plus efficace pour réduire durablement ce biotope fongique.

Alors non, Toutânkhamon n’a jamais maudit personne. Mais l’Aspergillus, lui, n’a jamais quitté la partie, et il a simplement changé d’adresse pour s’installer chez toi, entre deux carreaux. La prochaine fois que tu passes devant tes joints noircis, tu sauras enfin à qui tu as vraiment affaire.

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