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Ce ver de 3 cm caché dans les escargots a déjà fait un mort

Publié par Cassandre le 11 Juil 2026 à 16:29
Escargot et limace sur feuilles humides de jardin tropical

Un simple escargot ramassé au jardin, une salade mal rincée, et voilà le début d’un cauchemar médical. À La Réunion, 5 nouveaux cas d’une maladie parasitaire rare viennent d’être signalés par Santé Publique France depuis janvier 2026, le dernier datant de juin.

Son nom : la neuroangiostrongylose. Son origine : un ver microscopique niché dans les rats et les mollusques de l’île. Personne n’a réussi à identifier avec certitude comment ces patients ont été contaminés, et l’un des cas précédents s’est révélé mortel.

Un parasite qui circule discrètement depuis des années à La Réunion

Personne inquiète lavant des crudités sous l'eau courante

Le coupable s’appelle Angiostrongylus cantonensis, un ver qui vit habituellement chez les rats avant de contaminer des mollusques comme les escargots ou les limaces. Chez l’humain, il provoque une inflammation grave du système nerveux, une pathologie longtemps considérée comme anecdotique sur l’île.

Jusqu’à récemment, les cas autochtones restaient rares et touchaient presque exclusivement des enfants. Depuis 2023, la donne a changé : 5 cas adultes ont été recensés, dont un décès, aux côtés de deux cas sporadiques chez des enfants. Tous présentaient une méningite à éosinophiles, un signe clinique caractéristique de l’infection.

Des travaux rétrospectifs menés localement ont même retrouvé une dizaine de cas documentés depuis 2020, certains d’importation, d’autres classés comme autochtones. Un phénomène qui rappelle d’autres alertes sanitaires récentes, comme celle sur un coronavirus inconnu détecté chez des chauves-souris capable d’infecter l’humain. Santé Publique France précise aussi que des cas similaires sont décrits chaque année à Mayotte, preuve que ce parasite tropical n’est pas un phénomène isolé.

Escargots, limaces et rats : l’enquête sanitaire tourne au casse-tête

Pour les 5 cas de 2026, les enquêteurs n’ont trouvé aucune source commune de contamination. Ni lieu précis, ni mode de transmission identique. L’hypothèse la plus probable reste la consommation de crudités mal lavées ou un séjour à Maurice et aux Seychelles.

Mais pour trois patients, impossible de trancher entre contamination importée ou locale. Les deux autres, eux, n’ont rapporté aucun voyage : ils sont donc considérés comme des cas autochtones, contractés directement sur l’île.

Une étude menée dans le cadre du projet RatEx, à l’UMR Pimit, apporte un élément clé pour comprendre l’ampleur du problème. Chez les rats de La Réunion, la prévalence du parasite atteint 12,5%. Chez les mollusques testés, elle grimpe à 18,5%. Parmi les espèces positives : les escargots géants africains, les limaces et semi-limaces Parmarion martensi, observées depuis quatre ans sur l’île et en nette progression. Ce type de contamination silencieuse par des nuisibles rappelle d’ailleurs à quel point certains gestes réflexes face aux rongeurs peuvent s’avérer dangereux pour toute une famille.

Des symptômes qui ressemblent à une méningite, un délai qui peut être fatal

Le piège de cette maladie, c’est sa discrétion initiale. Après une période d’incubation de 1 à 5 semaines, les premiers signes apparaissent : des céphalées persistantes, parfois accompagnées de nausées, de vomissements et d’une vision floue.

Dans la moitié des cas, un syndrome méningé s’installe, avec une atteinte des nerfs crâniens, notamment ophtalmologiques. Des douleurs cervicales, des membres ou thoraciques peuvent aussi survenir. Sans traitement adapté, l’évolution peut aller jusqu’à un coma. Dans de rares cas, la larve migre directement vers l’œil, causant des lésions rétiniennes et une perte brutale de la vue.

Chez les enfants de moins de 5 ans, le tableau clinique est souvent plus sévère et moins facile à repérer : fièvre, somnolence, irritabilité, convulsions, sans forcément de syndrome méningé classique. Santé Publique France recommande donc d’orienter systématiquement ces patients vers les urgences pour envisager une ponction lombaire, même en l’absence de signes typiques.

Face à ce risque, la prévention reste la meilleure arme : laver soigneusement les crudités à l’eau courante, en particulier la base des légumes-feuilles où se cachent limaces et escargots, cuire les aliments pour détruire le parasite, porter des gants pour manipuler rats et mollusques, et surveiller les jeunes enfants susceptibles de porter ces animaux à la bouche.

Un ver invisible, une contamination presque anodine, et pourtant des conséquences potentiellement dramatiques : voilà ce que révèle cette vague de cas réunionnais. La vigilance autour des crudités et des jardins n’a jamais semblé aussi essentielle sur l’île.

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