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« Ils ont une liste type » : pourquoi les touristes raffolent des pharmacies françaises

Publié par Cassandre le 26 Août 2026 à 10:37
Panier rempli de crèmes et sérums en pharmacie

À Paris, les touristes ne se contentent plus de la tour Eiffel ou du Louvre. Ils font désormais un détour obligé par la pharmacie du coin. Crèmes, sérums, vitamines : les rayons de parapharmacie sont dévalisés par une clientèle venue du monde entier, panier à la main et liste bien précise en tête.

Ce phénomène a un nom : la « French Pharmacy ». Et derrière cette expression virale se cache une mécanique bien huilée, née sur les réseaux sociaux, qui pousse des milliers de visiteurs à dépenser des centaines d’euros en quelques minutes.

Comment de simples crèmes vendues en officine sont-elles devenues l’attraction touristique la plus insolite de la capitale ?

Comment les pharmacies parisiennes sont devenues une attraction touristique

Le phénomène a été documenté par le 20H de TF1, qui a suivi plusieurs touristes en pleine razzia dans les officines de la capitale. Un Américain, filmé une pile de crèmes dans les bras, résume l’engouement sans détour : « Celui-là, c’est pour ma mère, j’espère qu’elle appréciera. Elle va l’adorer. »

Rien de tout cela n’est le fruit du hasard. Depuis plusieurs années, des influenceuses du monde entier se filment dans les pharmacies parisiennes pour dévoiler leurs trouvailles à des millions d’abonnés. Une pratique qui rappelle d’autres tendances beauté virales, comme celles autour de la crème Nivea bleue ou du mélange Nivea et miel, qui ont, elles aussi, explosé grâce aux réseaux sociaux.

Dans l’une de ces vidéos, une créatrice de contenu s’exclame, panier débordant : « Mon panier est presque plein, j’en ai pour combien, à votre avis ? » Pour ses abonnés, la question n’est plus rhétorique : c’est un mode d’emploi.

Une liste type que les pharmaciennes connaissent par cœur

Face caméra, Najet Ouardani, préparatrice en pharmacie dans une officine du Ve arrondissement de Paris, confirme le phénomène sans détour. « Ils ont une liste type », explique-t-elle. Les touristes arrivent avec les noms de produits repérés sur Internet, mais viennent malgré tout demander conseil au comptoir.

Cet afflux a forcé les pharmacies à repenser leur organisation. Certaines ont créé des comptoirs séparés pour les cosmétiques et les médicaments, comme le font aussi certaines enseignes qui misent sur l’accessibilité de leurs produits de soin pour séduire une clientèle internationale exigeante.

Des conseillers bilingues, voire trilingues, ont même été recrutés pour répondre à cette demande venue de partout. Anderson s’occupe par exemple de la clientèle brésilienne. « Au Brésil, on ne trouve pas ces produits de qualité », confie une cliente qu’il vient de servir. Anglais, Espagnols, Arabes, Chinois : les profils se multiplient derrière chaque comptoir.

Comptoir de pharmacie parisienne avec produits cosmétiques

Pourquoi le prix reste le vrai déclencheur d’achat

Derrière l’engouement viral se cache un argument bien plus terre-à-terre : le rapport qualité-prix. Qiang Yang, conseillère clientèle, l’affirme sans détour : « En Chine, ça vaut trop cher. Le prix et la qualité, c’est mieux en France. » Une phrase qui résume, à elle seule, pourquoi tant de visiteurs traversent des milliers de kilomètres pour remplir leur valise de crèmes françaises.

Et il y a un détail que peu de touristes ignorent désormais : les visiteurs hors Union européenne ne paient pas de TVA sur leurs achats en pharmacie. Une aubaine qui explique des factures parfois vertigineuses. Notre équipe a ainsi observé une cliente asiatique dépenser plus de 800 euros en une seule visite, dans une officine du IXe arrondissement.

« Il y a aussi la détaxe, environ 10 à 15% de détaxe », précise Elena Beurdila, conseillère en vente parapharmaceutique dans cette même pharmacie. Un avantage fiscal qui, cumulé à la réputation qualité des cosmétiques français, transforme une simple course en véritable investissement shopping.

Le paradoxe est là : en France, les pharmacies n’ont légalement pas le droit de faire de publicité pour leurs produits. Mais les vidéos publiées sur les réseaux sociaux s’en chargent très bien à leur place, sans qu’aucune officine n’ait eu à débourser un centime en communication.

Ajoutez TF1info à vos sources sur Google pour suivre ce type de reportage.

La French Pharmacy n’est plus un secret d’initiés : c’est devenu un rituel touristique aussi ancré que la visite du Louvre. Reste à savoir combien de temps les pharmaciens parisiens tiendront ce rythme sans, un jour, devoir eux-mêmes ouvrir boutique à l’étranger.

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