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Les 8 marchandises les plus importées en France : le n°1 arrive de Chine et coûte des milliards

Publié par Hannah Maline le 20 Avr 2026 à 17:04

La France produit du vin, de l’Airbus et du fromage. Mais elle importe aussi massivement — et certains produits en tête du classement vont te surprendre. Selon les données des douanes françaises et d’Eurostat, les importations françaises dépassent 800 milliards d’euros par an. Et ce que la France achète à l’étranger dit beaucoup sur sa dépendance réelle au reste du monde.

Voilà ce que révèle ce classement : une économie qui exporte son savoir-faire mais reste très accro à des produits qu’elle ne fabrique plus, ou presque plus. Et le numéro 1 risque de provoquer quelques sourcils levés au moment du bilan.

Positions 8 à 6 : des classiques, mais pas sans surprises

On commence par trois entrées que personne ne contestera vraiment — sauf les détails qui changent tout.

Cargo maritime déchargeant des conteneurs dans un port français

8. Le gaz naturel — environ 20 milliards d’euros d’importations par an. La France importe l’essentiel de son gaz de Norvège, d’Algérie et, jusqu’à récemment, de Russie. Depuis 2022 et le choc de la guerre en Ukraine, la structure des approvisionnements a radicalement changé, avec une montée en puissance du GNL (gaz naturel liquéfié) en provenance des États-Unis.

7. Les produits chimiques et pharmaceutiques en vrac — principes actifs, molécules de base, intermédiaires de synthèse. Près de 25 milliards d’euros entrent chaque année en France sous forme de composants chimiques qui servent ensuite à fabriquer médicaments, cosmétiques ou matériaux. Une grande partie vient d’Allemagne et d’Inde.

6. Les vêtements et textiles — la France est l’un des plus gros importateurs européens de textile. Environ 26 milliards d’euros par an, essentiellement en provenance du Bangladesh, du Maroc, de Chine et de Turquie. Même les marques tricolores font fabriquer ailleurs. C’est une réalité inconfortable que peu de consommateurs mesurent vraiment en boutique.

Positions 5 et 4 : les secteurs qui font tourner l’économie

Deux catégories qui incarnent la modernité industrielle de la France — mais qui révèlent aussi ses failles structurelles.

5. Les machines et équipements industriels — environ 30 milliards d’euros. Robots, machines-outils, équipements de production : la France en achète massivement en Allemagne, en Italie et en Chine. C’est le signe d’une industrie qui investit, mais aussi d’une dépendance croissante à la technologie étrangère dans ses propres usines.

4. Les médicaments et dispositifs médicaux — plus de 35 milliards d’euros annuels. La pandémie de Covid-19 a mis en lumière une vérité douloureuse : la France fabrique très peu de ses propres médicaments. Plus de 80 % des principes actifs utilisés en Europe proviennent d’Asie, principalement d’Inde et de Chine. Ce chiffre a provoqué un plan de relocalisation pharmaceutique toujours en cours. Si tu t’es déjà retrouvé face à une rupture de stock en pharmacie, tu sais déjà pourquoi.

Pharmacien rangeant des médicaments importés en pharmacie

Position 3 : l’objet que tu as probablement dans la poche

Troisième place du podium, et c’est là que ça commence à piquer vraiment.

3. Les produits électroniques grand public — smartphones, tablettes, ordinateurs, télévisions, écouteurs. Environ 40 milliards d’euros entrent chaque année en France sous cette forme. Apple, Samsung, Xiaomi : ces appareils sont presque tous conçus à l’étranger et assemblés principalement en Asie du Sud-Est ou en Chine.

La France ne produit plus aucun smartphone à grande échelle sur son territoire. Zéro. Ce marché est totalement dépendant de l’importation — et la valeur de ces appareils ne cesse d’augmenter. Un iPhone haut de gamme vendu 1 400 euros contribue presque intégralement à cette balance commerciale négative.

Difficile de ne pas faire le lien avec le coût de la vie : quand on regarde les villes françaises où la vie coûte le moins cher, l’électronique reste l’un des rares postes de dépense qui pèse pareil partout, quelle que soit la ville.

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Position 2 : le carburant de toute l’économie française

Deuxième place, et c’est sans doute le moins surprenant de ce classement — mais les chiffres réels étonnent toujours.

Conducteur faisant le plein d'essence dans une station-service

2. Le pétrole brut et les produits pétroliers raffinés — entre 55 et 70 milliards d’euros selon les années, en fonction des cours mondiaux. La France dispose de quelques raffineries mais ne produit pratiquement pas de pétrole brut sur son territoire. Elle importe depuis l’Arabie saoudite, la Russie (moins depuis 2022), le Kazakhstan, la Norvège et l’Irak.

À chaque fois que les prix à la pompe s’envolent, c’est ce poste qui explose dans les comptes extérieurs français. En 2022, l’envolée des prix du brut a fait grimper la facture pétrolière française de près de 30 milliards en un an. Une variation qui donne le vertige quand on la compare au budget de l’Éducation nationale.

C’est aussi pour ça que certains misent sur la voiture électrique pour réduire cette dépendance — même si la question reste complexe. D’ailleurs, les voitures électriques ont des effets inattendus sur la santé que les études commencent tout juste à documenter.

Et le n°1 ? Ce n’est ni le pétrole ni les smartphones

Voilà la surprise. Beaucoup auraient misé sur le pétrole en tête. Mais la première place du classement revient à une catégorie bien plus large — et bien plus stratégique.

Showroom automobile avec voitures importées exposées

1. Les véhicules automobiles et pièces détachées — entre 65 et 80 milliards d’euros selon les années. La France importe plus de voitures et de composants automobiles qu’elle n’en exporte depuis plusieurs années. Volkswagen, Toyota, BMW, Stellantis (dont les modèles sont de plus en plus fabriqués hors de France) : des millions de véhicules arrivent chaque année sur le territoire, en provenance d’Allemagne, d’Espagne, de Belgique, de Slovaquie et de Chine.

La Chine, justement. Les constructeurs chinois — BYD, MG, Nio — commencent à peser significativement dans ces importations, et leur part monte d’année en année. En 2023, les importations de véhicules en provenance de Chine ont bondi de plus de 40 %. L’Union européenne a d’ailleurs décidé d’instaurer des droits de douane supplémentaires pour freiner cette montée en puissance.

Mais l’ironie reste entière : le pays qui a inventé l’automobile de masse avec Renault et Citroën est devenu, en 2024, importateur net de voitures. Les usines françaises tournent, mais elles ne suffisent plus à couvrir la demande intérieure. Et les modèles les plus vendus sur le territoire — notamment les SUV et les citadines électriques d’entrée de gamme — viennent souvent d’ailleurs.

Ce renversement n’est pas anodin. Il pèse directement sur le déficit commercial français, qui a atteint des records historiques ces dernières années. Et il interroge sur l’avenir de l’emploi industriel dans des régions entières où l’automobile a longtemps été le pilier économique. Un sujet que connaissent bien certains départements français déjà fragilisés par leur isolement géographique et économique.

Ce que ce classement dit vraiment de la France

Derrière ces chiffres, une tendance de fond : la France importe massivement ce qu’elle a cessé de produire — médicaments, textiles, électronique, et désormais des voitures. Ce n’est pas une fatalité, mais c’est une réalité que les plans de réindustrialisation successifs n’ont pas encore inversée.

Les initiatives existent : plan de relocalisation pharmaceutique, bonus à l’achat de véhicules fabriqués en Europe, soutien à la filière microélectronique. Mais la balance commerciale reste dans le rouge, et ces 8 postes d’importation en sont la meilleure preuve.

Un dernier chiffre pour mesurer l’ampleur : la France importe environ 100 milliards de plus qu’elle n’exporte chaque année. Une partie de cet écart s’explique par le tourisme et les services — mais pas en totalité. Le reste, c’est ce classement. Et toi, tu aurais deviné que les voitures devançaient le pétrole en tête ?

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