Ce prof de nutrition n’a mangé que des Twinkies et des Doritos pendant 60 jours : son cholestérol a chuté de 20%
Douze kilos perdus en dix semaines. En ne mangeant que des Twinkies, des Doritos, des Oreos et des céréales sucrées. L’histoire semble inventée, mais elle a bien eu lieu en 2010, portée par un professeur de nutrition qui voulait tester une idée simple sur son propre corps.
Mark Haub enseignait la nutrition humaine à l’université d’État du Kansas. Il voulait vérifier si seul le nombre de calories comptait vraiment, peu importe leur provenance.
Un pari qui allait à l’encontre de tout ce qu’on lui avait appris à enseigner.

Un menu qui ferait fuir n’importe quel diététicien
Pendant dix semaines, au moins deux tiers de son alimentation étaient composés de snacks industriels. Twinkies Hostess, gâteaux Little Debbie, Doritos Cool Ranch, Corn Pops de Kellogg’s, Oreos : le programme ressemblait à un cauchemar nutritionnel.
Une journée type incluait un double espresso, des Twinkies, un Little Debbie Star Crunch, un Diet Mountain Dew, des chips, des céréales sucrées, du lait entier, quelques carottes et un brownie. Rien à voir avec les régimes qui font gagner des années d’espérance de vie.
Mais Haub n’a pas fait n’importe quoi. Il a ajouté un complément multivitaminé, un shake protéiné occasionnel, quelques légumes en conserve et des haricots verts. Le vrai levier, c’était ailleurs.
Le détail qui explique tout : le comptage calorique
Chaque bouchée était pesée. Chaque paquet, noté. Haub a limité son apport à 1 800 calories par jour, soit environ 800 calories de moins que ce dont son corps avait besoin pour maintenir son poids.
Il n’a rien changé d’autre à son quotidien. Même niveau d’activité physique modérée qu’avant l’expérience. Une démonstration presque clinique du rôle central du déficit calorique dans la perte de poids.
Deux mois plus tard, la bascule a rendu son verdict. Et il a de quoi surprendre n’importe qui.

Ce que les analyses de sang ont révélé
Haub est passé de 91 à 79 kilos. Son indice de masse corporelle a chuté de 28,8, dans la zone du surpoids, à 24,9, dans la fourchette normale. Son taux de graisse corporelle est passé de 33,4 % à 24,9 %.
C’est la suite qui a fait le tour des rédactions américaines. Son mauvais cholestérol, le LDL, a chuté de 20 %. Son bon cholestérol, le HDL, a grimpé de 20 %. Ses triglycérides ont diminué de 39 %.
Des marqueurs qu’on associe d’ordinaire à une alimentation riche en fibres, pas aux rayons confiserie d’une station-service. Haub lui-même s’est montré perplexe : « C’est là que ça devient perturbant. Qu’est-ce que ça veut dire ? »
Un détail mérite d’être signalé : ce n’était pas un long fleuve tranquille. Au début, ses triglycérides, son cholestérol et sa tension artérielle ont d’abord augmenté, avant que son organisme ne s’ajuste et n’inverse complètement la tendance.
Pourquoi les nutritionnistes tempèrent l’exploit
La diététicienne Dawn Jackson Blatner résume l’affaire d’une formule limpide : « Quand on perd du poids, peu importe la méthode, même avec des aliments industriels, en général on voit ces marqueurs s’améliorer. »
Ce n’est pas la magie des Twinkies qui a guéri son cholestérol. C’est la perte de poids elle-même, mécaniquement liée au déficit calorique. Une nuance qui change tout.
Certains scientifiques ont d’ailleurs pointé que l’amélioration du profil lipidique était attendue avec une perte de 12 kilos, quelle que soit la source des calories. Le régime Twinkies ne prouve pas qu’une pâtisserie industrielle vaut une asperge. Il confirme simplement qu’un déficit calorique suffisant fait baisser le poids, et avec lui certains risques cardiovasculaires. Un mécanisme proche de celui observé dans d’autres approches de recomposition corporelle.

Ce que l’expérience ne dit pas
Haub, en professeur prudent, n’a jamais présenté son expérience comme une méthode à suivre. Il n’était pas prêt à tirer de conclusions sur les répercussions à long terme, et personne ne devait s’attendre à un changement des recommandations officielles.
Une expérience sur un seul individu, menée sur deux mois, ne dit rien des carences en micronutriments, de l’impact sur le microbiote intestinal ou de l’inflammation chronique que provoquerait ce type d’alimentation étalée sur des années. D’autres expériences similaires, comme ce défi manger au fast-food pendant une semaine, ont montré des résultats tout aussi ambigus.
Reste un paradoxe que peu de régimes assument aussi frontalement. Pour ne pas donner le mauvais exemple à ses enfants, Haub consommait ses légumes devant sa famille, mais déballait ses Twinkies loin de la table.
Une image presque comique : un professeur de nutrition contraint de cacher ses en-cas à ses propres enfants. Elle résume à elle seule tout l’inconfort de cette expérience, scientifiquement instructive, mais totalement inapplicable comme mode de vie. Sources : boxlifemagazine.com et medboundtimes.com.