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Sclérose en plaques : ces consultations qui reviennent des années avant le diagnostic

Publié par Cassandre le 02 Août 2026 à 8:35

Une fatigue qui traîne, une anxiété qui s’installe, des visites chez le psy qui s’enchaînent sans raison apparente. Rien qui alerte vraiment. Et pourtant, ces petits riens pourraient être les premières traces d’une maladie qui ne se déclarera que des années plus tard.

Une étude canadienne vient de mettre au jour une phase silencieuse de la sclérose en plaques qui commence bien plus tôt que ce que l’on pensait. Le corps envoie des signaux, longtemps avant que le diagnostic ne tombe.

Femme fatiguée assise seule sur un canapé

Une maladie qui s’attaque en silence au système nerveux

La sclérose en plaques est une maladie auto-immune qui perturbe la transmission des messages entre le cerveau et le reste du corps. Elle touche surtout les jeunes adultes, avec une nette majorité de femmes.

Les premiers symptômes visibles apparaissent généralement autour de la trentaine, souvent sous forme de troubles visuels ou moteurs. Mais selon cette nouvelle recherche, le corps donnerait des indices bien avant.

Des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique ont épluché les dossiers médicaux de plus de deux mille patients, sur une période allant jusqu’à vingt-cinq ans avant l’apparition des premiers symptômes. Leur constat, publié dans JAMA Network Open, bouscule ce que l’on croyait savoir sur la maladie.

Ce que révèlent les dossiers médicaux, année après année

Les consultations augmentent progressivement, parfois quatorze à quinze ans avant le diagnostic officiel. Au début, rien de spécifique : de la fatigue persistante, des douleurs diffuses, des troubles anxieux.

Le genre de plaintes que n’importe quel médecin généraliste croise dix fois par semaine. Difficile d’y voir un signal d’alarme quand tant d’autres pathologies provoquent les mêmes symptômes.

Selon la neurologue Helen Tremlett, autrice de l’étude, c’est justement leur persistance qui devrait mettre la puce à l’oreille. Un peu comme cette fatigue chronique qui cache parfois un problème bien plus grave que le simple surmenage.

Douze ans avant les premiers symptômes moteurs typiques, les consultations en psychiatrie deviennent plus fréquentes. Épisodes dépressifs, crises d’angoisse : le mental semble déjà touché, sans lien évident avec la maladie à venir.

Le corps accélère ses signaux à mesure que le diagnostic approche

Entre huit et neuf ans avant le diagnostic, ce sont les rendez-vous chez les neurologues et les ophtalmologues qui grimpent. Des troubles visuels intermittents commencent à apparaître, un peu comme des flashs qui s’estompent aussi vite qu’ils sont venus.

Le rythme cardiaque de la maladie s’accélère encore cinq ans avant les premiers signes moteurs. Les passages aux urgences et les examens de radiologie se multiplient, signe que certains épisodes deviennent plus sévères.

Patiente anxieuse dans une salle d'attente médicale

Dans la dernière année avant le diagnostic, c’est carrément l’explosion : toutes les spécialités médicales voient leur fréquentation grimper en flèche. L’équipe de Marta Ruiz-Algueró parle d’une véritable phase prodromique, longue et complexe, bien loin des signes neurologiques classiques qu’on associe spontanément à la maladie.

Vers une détection bien plus précoce de la maladie

Cette découverte ouvre une porte que la médecine n’avait pas vraiment explorée jusque-là. Si ces signaux faibles sont repérables, les médecins pourraient surveiller de plus près les patients à risque, bien avant l’apparition des premiers symptômes typiques.

Des pistes concrètes sont déjà à l’étude. Les chaînes légères de neurofilaments, des biomarqueurs détectables dans le sang, pourraient signaler une inflammation nerveuse en cours. Des techniques d’imagerie cérébrale plus fines permettraient aussi de repérer des anomalies invisibles jusqu’ici.

Reste que le vrai changement se joue peut-être ailleurs : dans la façon dont les médecins interprètent les plaintes de leurs patients. Une fatigue qui dure, des douleurs qui s’accumulent, une anxiété persistante : ce ne sont plus des épisodes isolés, mais peut-être les pièces d’un puzzle plus vaste.

Agir suffisamment tôt pourrait permettre de ralentir l’évolution de la maladie. Et si la recherche continue sur cette lancée, peut-être même d’empêcher qu’elle ne s’installe complètement.

Neurologue examinant des scanners cérébraux

Une chose est sûre : la prochaine fois qu’un proche se plaint d’une fatigue qui ne passe pas, mieux vaut ne plus balayer ça d’un revers de main.

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