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Ce traitement fait disparaître la tumeur chez 15 patients atteints d’un cancer que plus rien ne soignait

Publié par Cassandre le 16 Juin 2026 à 14:36

Chaque année en France, plus de 15 000 personnes apprennent qu’elles ont un cancer ORL. Dans 7 cas sur 10, le diagnostic arrive trop tard. Et quand la chimio et l’immunothérapie échouent, il ne reste presque plus rien à tenter.

Maladie X Prevention Traitement

Presque. Car un essai clinique vient de livrer des résultats qualifiés de « sans précédent » par les oncologues eux-mêmes. Un médicament a fait disparaître complètement la tumeur chez certains patients considérés en impasse. Voici ce qu’on sait de ce traitement qui pourrait changer la donne.

Cancers ORL : pourquoi 7 patients sur 10 sont diagnostiqués trop tard

On en parle peu, et c’est bien le problème. Les cancers de la tête et du cou — langue, gorge, larynx, sinus — sont les 4e cancers les plus fréquents chez les hommes en France. Et ils progressent chez les femmes, portés par la hausse du tabagisme féminin.

Le tabac reste le premier responsable, suivi de l’alcool et du papillomavirus. Ce sont des facteurs de risque bien identifiés, et pourtant la détection reste tardive. D’après la Ligue contre le cancer, dans 70 % des cas, la maladie est déjà à un stade avancé au moment du diagnostic.

À ce stade, les options se réduisent comme peau de chagrin. La chimiothérapie classique et l’immunothérapie fonctionnent chez certains patients, mais pas chez tous. Et quand ces deux lignes de traitement échouent, les médecins se retrouvent souvent démunis. C’est exactement la situation dans laquelle se trouvait Carl Wash, 56 ans, atteint d’un cancer de la langue.

Chimio, immunothérapie : rien n’avait marché pour lui. Son dernier espoir tenait dans un essai clinique. Ce qu’on sait aujourd’hui de la recherche sur les maladies graves, c’est que certaines molécules déjà existantes réservent parfois des surprises colossales. Et c’est exactement ce qui s’est passé.

Amivantamab : la molécule qui a réduit les tumeurs chez plus de 40 % des patients

Le médicament s’appelle amivantamab. Développé par Johnson & Johnson, il était déjà autorisé pour traiter d’autres types de cancers. Mais ses résultats sur les cancers ORL, présentés au congrès annuel d’oncologie 2026 et publiés dans le Journal of Clinical Oncology, ont stupéfait la communauté médicale.

Sur 102 patients inclus dans l’essai — tous atteints d’un cancer ORL récidivant ou métastatique, tous en échec après chimio et immunothérapie —, le traitement a réduit la tumeur chez plus de 40 % d’entre eux. Mieux encore : chez 15 patients, la tumeur a complètement disparu.

Les patients traités ont vécu en médiane presque 13 mois après le début du traitement. Pour des malades dont le pronostic était considéré comme catastrophique, c’est un chiffre qui pèse lourd. Carl Wash, lui, résume les choses simplement : « Je peux désormais mener une vie normale. »

Le Dr Kevin Harrington, oncologue et co-auteur de l’étude, n’a pas caché son enthousiasme. « Ces réponses sont d’une ampleur sans précédent chez des patients dont la maladie est devenue résistante à la fois à la chimiothérapie et à l’immunothérapie », a-t-il déclaré.

Observer un tel niveau de bénéfice chez un groupe aussi difficile à traiter est, selon ses propres mots, « particulièrement remarquable ». Et comme le rappellent les spécialistes de Gustave Roussy, premier centre européen de lutte contre le cancer, chaque avancée sur ces tumeurs est cruciale vu le nombre de cas diagnostiqués chaque année.

Seringue d'injection sous-cutanée tenue par des mains gantées

Injection sous la peau et moins d’effets secondaires : ce qui change concrètement pour les patients

Au-delà des chiffres, les innovations médicales récentes montrent que le mode d’administration d’un traitement compte autant que son efficacité. Et c’est là que l’amivantamab marque encore des points.

Contrairement à la plupart des anticancéreux qui nécessitent une perfusion intraveineuse — longue, contraignante, souvent épuisante —, ce traitement s’administre par injection sous-cutanée. Concrètement, c’est plus rapide. Plus simple. Et surtout, ça change le quotidien des patients.

L’Institut de recherche sur le cancer, qui a participé à l’essai, souligne que cette voie d’administration « rend le traitement plus pratique et beaucoup plus simple en consultation externe ». Fini les longues heures branchées à une perf. Pour des patients déjà affaiblis par des mois de traitements lourds, c’est un changement majeur dans la qualité de vie.

Côté effets secondaires, les nouvelles sont également encourageantes. La majorité des effets indésirables observés étaient « légers à modérés », selon les chercheurs. On est loin des ravages habituels de certaines protocoles médicaux classiques. Un essai de phase 3, à plus grande échelle, est déjà en cours pour confirmer ces résultats.

Si cette phase valide ce que l’essai initial a montré, l’amivantamab pourrait devenir une option thérapeutique majeure pour des milliers de patients aujourd’hui sans solution. Pas dans dix ans. Bientôt.

Un médicament qui existait déjà, une simple injection sous la peau, et des tumeurs qui disparaissent chez des patients que la médecine avait presque abandonnés. Parfois, les avancées les plus spectaculaires ne viennent pas d’une molécule révolutionnaire sortie de nulle part, mais d’un regard neuf sur ce qu’on avait déjà sous la main. Reste une question : combien d’autres traitements existants dorment encore dans des tiroirs en attendant qu’on leur trouve un nouvel usage ?

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