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Ce vaccin administré à 12 ans a réduit à zéro les décès par cancer du col chez les 20-24 ans en Angleterre

Publié par Cassandre le 21 Juin 2026 à 12:10
Adolescente souriante recevant un vaccin dans une infirmerie scolaire

Le cancer du col de l’utérus tue encore 685 femmes par an en Angleterre. Pourtant, chez les plus jeunes, quelque chose d’inédit vient de se produire. Une étude publiée dans The Lancet révèle un chiffre qui donne des frissons : zéro décès entre 2020 et 2024 chez les femmes de 20 à 24 ans. Et la raison tient en un mot : vaccination.

Cancer du col de l’utérus : 200 vies sauvées grâce à un programme lancé en 2008

En Angleterre, la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) a été introduite pour les filles dès 2008. À l’époque, l’objectif était clair : protéger toute une génération contre les souches virales responsables de la quasi-totalité des cancers du col. Treize souches à haut risque sont en cause dans 99,7 % des cas.

Les résultats viennent d’être publiés par Cancer Research UK et l’université Queen Mary de Londres. Au total, 200 décès ont été évités depuis le début du programme. Ce n’est pas une projection optimiste, c’est un décompte réel, basé sur les données de mortalité nationales. Les chercheurs avaient déjà observé une tendance encourageante entre 2015 et 2019 : une chute de 80 % des décès chez les 20-24 ans.

Mais personne ne s’attendait à atteindre le zéro absolu aussi vite. Sans vaccination, 23 décès auraient été enregistrés dans cette tranche d’âge sur la même période. La directrice générale de Cancer Research UK, Michelle Mitchell, ne cache pas son enthousiasme : « Pour la première fois, ces résultats montrent que le vaccin sauve des vies. » Un constat qui constitue une première mondiale dans la lutte contre ce type de cancer.

Le secret : vacciner à 12 ans pour un risque quasi nul avant 30 ans

Le mécanisme est redoutablement simple. Les papillomavirus se transmettent lors des rapports sexuels, souvent sans le moindre symptôme. Le virus s’installe, persiste, et peut déclencher un cancer des années plus tard. En vaccinant les adolescentes à 12 ou 13 ans, bien avant toute exposition, on coupe le mal à la racine.

Et les chiffres le prouvent. Les jeunes filles vaccinées à cet âge présentent un risque quasi nul de mourir d’un cancer du col avant 30 ans. La cohorte des 20-24 ans étudiée avait été vaccinée à environ 90 %. C’est ce taux massif qui a permis d’atteindre le résultat historique de zéro décès. Le vaccin prévient environ 90 % des infections responsables de ces cancers, mais aussi de cancers de la gorge, de la bouche ou du cou.

Depuis 2019, les garçons sont également concernés par le programme en Angleterre. Une décision logique puisque le HPV ne fait pas de distinction de genre. Pendant l’année scolaire 2024-2025, 75,5 % des filles et 70,5 % des garçons avaient reçu le vaccin en classe de seconde. Des taux encourageants, mais encore insuffisants par rapport à l’objectif de 90 % fixé par l’OMS pour les filles. Et c’est là que le tableau s’assombrit un peu.

Car la couverture vaccinale est en baisse par rapport à l’année précédente. Michelle Mitchell a d’ailleurs lancé un avertissement : « Ces progrès sont menacés. » Elle appelle le gouvernement britannique à cibler les communautés où la vaccination reste faible.

Flacon de vaccin et seringue sur un plateau médical

La France à 43,6 % de couverture : le retard qui pourrait coûter des vies

En regardant les chiffres de santé publique, un constat s’impose : la France est loin derrière. Le vaccin contre le HPV y est recommandé pour tous les jeunes de 11 à 14 ans, filles comme garçons. Il est pris en charge par l’Assurance maladie et les complémentaires santé. Pourtant, le taux de couverture vaccinale chez les jeunes filles plafonne à 43,6 % selon les données 2021 de Santé publique France.

Moins d’une adolescente sur deux vaccinée, quand l’Angleterre frôle les 90 %. L’écart est vertigineux. Dans les départements d’outre-mer, la situation est encore plus préoccupante avec des taux nettement inférieurs à la moyenne nationale.

Le dépistage reste bien sûr indispensable pour toutes les femmes, vaccinées ou non. Mais l’étude du Lancet démontre que seule une couverture vaccinale massive permet d’espérer faire disparaître ce cancer. L’Angleterre l’a prouvé avec des résultats concrets. La question est désormais de savoir si la France saura rattraper son retard avant qu’il ne coûte des vies que l’on aurait pu sauver.

Zéro décès chez les 20-24 ans : ce n’est pas un slogan, c’est un résultat scientifique. Et il raconte une chose simple — quand on vaccine massivement, on sauve massivement. Reste une question : combien de temps la France va-t-elle encore hésiter à suivre le même chemin ?

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