Le 13 avril 2029, cet astéroïde géant sera visible à l’œil nu depuis la France : un rendez-vous tous les 7 500 ans

Le 13 avril 2029, tu n’auras même pas besoin d’un télescope. Un astéroïde de 340 mètres, à peu près la hauteur de la tour Eiffel, va frôler la Terre et traverser le ciel sous tes yeux.
Depuis une bonne partie de l’Europe, dont la France, ce passage sera visible à l’œil nu, sous un ciel dégagé. Un rendez-vous que les scientifiques jugent unique en son genre, et qui n’arrivera plus avant des milliers d’années.
Apophis, ce caillou spatial qui a longtemps fait froid dans le dos
Découvert en 2004, l’astéroïde Apophis a d’abord semé la panique chez les astronomes. Les premières estimations donnaient une probabilité d’impact avec la Terre d’environ 1 sur 37. De quoi glacer le sang de toute une communauté scientifique, un peu comme cette étude alarmante sur l’avenir de l’humanité qui avait fait grand bruit.
Deux décennies d’observations radar et optiques plus tard, le verdict est tombé : aucun risque de collision pendant au moins un siècle, confirme la NASA. Lors d’un atelier scientifique baptisé Apophis T-3 Years, organisé en juin à l’université de Padoue, Richard Binzel, professeur de sciences planétaires au MIT, a même martelé le message trois fois de suite pour être bien compris : « Apophis passera en toute sécurité. »
Reste que la gravité terrestre pourrait quand même chambouler la surface du rocher, provoquant glissements ou fissures. « On ne sait tout simplement pas ce qui va se passer », admet le chercheur. Un mystère qui n’a rien d’un scénario catastrophe digne d’une crise mondiale, mais qui intrigue tout de même les spécialistes.
31 600 kilomètres : la distance qui rend ce spectacle unique
Voici le chiffre qui change tout : Apophis passera à seulement 31 600 kilomètres d’altitude, soit sous l’orbite des satellites géostationnaires, positionnés eux à 35 800 km. Un rasage de si près qu’il ne s’était jamais produit pour un objet de cette taille, selon les données présentées lors de l’atelier de Padoue.
Le cartographe Michael Zeiler et l’astronome Rick Fienberg ont dévoilé des cartes de visibilité détaillées qui donnent le vertige : environ 90% de la population mondiale, soit 7,6 milliards de personnes, se trouvera dans une zone où l’astéroïde pourra être aperçu sans matériel, à condition d’un ciel dégagé et d’une pollution lumineuse limitée.
Ne t’attends pas à une traînée flamboyante façon comète. Apophis apparaîtra comme un simple point lumineux, glissant dans le ciel à la vitesse d’environ un diamètre de pleine lune par minute au moment de son approche maximale. Un phénomène discret, mais dont la rareté justifie l’engouement des observatoires du monde entier, un peu comme certains événements météo hors norme qui marquent les esprits par leur simple statistique.

Le créneau à ne pas louper depuis la France
Retiens bien l’horaire : la fenêtre d’observation s’étalera sur environ sept heures. Le pic de luminosité surviendra vers 22h35, heure de Paris, au-dessus du Cameroun, un moment accessible à 3,9 milliards de personnes réparties entre l’Afrique, l’Asie, l’Amérique du Sud et une partie de l’Europe.
L’approche la plus proche de la Terre, elle, aura lieu vers 23h45, heure de Paris, au-dessus de l’Atlantique Nord. Et la bonne nouvelle, c’est que la France profitera à ce moment précis d’un ciel nocturne bien installé, dans des conditions d’observation favorables. Autrement dit, pas besoin de partir à l’autre bout du monde comme pour certaines destinations lointaines : le spectacle viendra à toi.
« C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que nous sommes en mesure de prédire le passage visible d’un astéroïde », a insisté Richard Binzel devant les chercheurs réunis à Padoue. Une phrase qui résume à elle seule pourquoi cet événement dépasse le simple cadre scientifique.
Deux sondes spatiales seront d’ailleurs sur place pour documenter la rencontre au plus près : OSIRIS-APEX, envoyée par la NASA, et RAMSES, en cours de validation du côté de l’Agence spatiale européenne. De quoi récolter des données précieuses sur ce visiteur qui ne repassera pas de sitôt.
Un point lumineux discret, sept heures de spectacle, et 7 500 ans d’attente avant la prochaine occasion : Apophis n’a pas besoin d’en faire des tonnes pour marquer l’histoire de l’astronomie. Réserve ta soirée du 13 avril 2029, lève les yeux, et raconte ça à tes enfants.