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Le téléphone portable de Dieu : ils ont découvert un « smartphone » vieux de plus de 1000 ans avec des inscriptions dans des langues presque inconnues

Publié par Cassandre le 24 Juil 2026 à 13:50
Ce « smartphone » vieux de 1000 ans révèle des inscriptions en langues presque oubliées

Imagine un objet capable de te dire l’heure, de t’orienter en pleine mer et de te montrer la direction exacte d’un lieu sacré, sans une seule pile ni un seul écran. C’est exactement ce qu’a découvert une historienne de Cambridge dans un musée italien, un peu par hasard.

Elle-même a comparé son étude à celle d’un smartphone, mais un smartphone vieux de plus de 1000 ans. Reste à comprendre ce que ses inscriptions, en plusieurs langues quasi oubliées, révèlent vraiment sur son histoire.

Un objet retrouvé par hasard dans un musée de Vérone

Tout commence à la Fondazione Museo Miniscalchi-Erizzo, à Vérone, en Italie. C’est là que la chercheuse Federica Gigante, historienne à Cambridge, tombe sur un instrument métallique gravé de signes qu’elle identifie très vite comme un astrolabe. Rien de commun avec les objets qu’on croise habituellement dans ce type de collection.

L’astrolabe n’est pas une invention récente. On le fait remonter au IIIe siècle avant notre ère, à l’époque du savant Apollonios de Perga. Son rôle premier : mesurer les distances entre le Soleil, la Lune et la Terre, puis cataloguer plus de 850 étoiles visibles dans le ciel.

Ce type de découverte n’est pas isolé dans l’histoire des objets qui traversent les siècles sans qu’on s’y attende, un peu comme cette pièce de 10 francs oubliée qui refait surface avec une valeur inattendue. Le point commun : un objet du quotidien devient, des décennies ou des siècles plus tard, une source d’informations précieuses sur une époque entière, un peu comme le raconte cette plongée dans l’évolution des rayons surgelés d’autrefois.

Le carrefour scientifique entre savants arabes et hébreux

Ce qui rend cet astrolabe exceptionnel, ce n’est pas seulement son âge. C’est le nombre de mains, de cultures et de langues qui l’ont traversé au fil du temps. Les savants musulmans de l’époque médiévale l’utilisaient pour localiser La Mecque et fixer les horaires précis de la prière, une exigence directement liée au Coran.

Mais l’objet a ensuite voyagé. Il a été traduit de l’arabe vers l’hébreu, et les valeurs de latitude gravées dessus ont été corrigées pour s’adapter à de nouvelles villes. Chaque modification raconte un échange, une transmission de savoir entre communautés qui, à l’époque, ne partageaient ni la même langue ni la même religion.

Un peu comme certaines innovations techniques circulent aujourd’hui d’un pays à l’autre avant de s’imposer partout, à l’image de ce retour des boutons physiques venu de Chine que l’Europe observe de près. L’astrolabe fonctionne comme un modèle réduit de l’univers : un corps métallique appelé la « mère » accueille des plaques interchangeables selon la latitude, surmontées d’une « araignée », cette carte du ciel ajourée qui pivote au-dessus.

Mains gantées tenant un astrolabe antique sous lampe

La comparaison qui change tout : un smartphone avant l’heure

C’est là que la comparaison de Federica Gigante prend tout son sens. Selon elle, ajouter ces corrections de latitude sur l’astrolabe revenait à installer de nouvelles applications sur un téléphone intelligent. L’objet de base restait le même, mais chaque ajout élargissait ses fonctions et son public.

Concrètement, l’astrolabe permettait de calculer la latitude en mesurant la hauteur de l’étoile polaire ou du Soleil grâce à une règle mobile, l’alidade, fixée à l’arrière de l’instrument. Il servait aussi à prédire les éclipses, à déterminer les heures de lever et de coucher du soleil, et à orienter les navires en pleine mer sans aucun repère terrestre.

Cette polyvalence rappelle à quel point certains objets anciens cachent des usages qu’on redécouvre encore aujourd’hui, un peu comme ce palmier résistant au froid que personne n’attendait sous nos latitudes. L’astrolabe de Vérone, lui, ne mesure plus les étoiles : il mesure désormais l’ampleur des échanges scientifiques entre civilisations, gravée noir sur métal, siècle après siècle.

Un smartphone en métal, sans écran ni batterie, mais capable de traverser mille ans d’histoire sans perdre une seule fonction. Voilà ce que révèle vraiment cet astrolabe retrouvé par hasard à Vérone. Reste à savoir combien d’autres objets aussi précieux dorment encore, oubliés, dans des collections que personne n’a pris le temps d’ouvrir.

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